‹ Vie de M. Olier, fondateur du Séminaire de Saint-Sulpice [microforme] (volume 3)Chapitre 119 sur 235 · RARE "AR SP APTE NS L · texte numérisé non relu

RARE "AR SP APTE NS L

1642. — ESPRIT DE LA COMMUNAUTÉ, 173 ment et l’union avec Dieu, au milieu des occupations les plus multipliées et les plus dissipantes.

Regardant cette paroisse comme un champ que Prev lui donnait à cultiver , le serviteur de Dieu la partagea en huit quartiers, qu’il consacra chacun à la très-sainte Vierge , sous le titre de l’une de ses fêtes. Le premier, appelé du Luxembourg, sous le titre de l'immaculée Conception ; le second, dit de Vaugirard, sous le titre de la Nativité; le quartier de la rue du Four, sous celui de la Présentation ; le quartier de Bussy, sous le titre de l'Annonciation ; celui de Grenelle, sous le titre de la Visitation ; le sixième dit de Sèves , sous le titre de l'Enfantement de la sainte Vierge; le quartier de Saint-Benoît, sous le titre de la Purification ; et enfin le quartier de Saint- Dominique, sous le titre de l’Assomption. Lorsqu'il eut ainsi partagé sa paroisse, il nomma, pour chacun des huit quartiers, un prêtre qui devait veiller spécialement sur les paroissiens renfermés dans cette circonscription : et, afin que ces huit prêtres pussent s'acquitter plus aisémentdeleur charge, il leur en associa d’autres, au nombre de dix ou douze, pour les aider dans le besoin. Il enjoignit aux prêtres des quartiers de prendre des informations sur les nécessités spirituelles et temporelles des habitants ; et, pour cet effet, de dresser un état nominatif de toutes les personnes, au moins de tous les chefs de famille, et de le renouveler tous les trois mois. Il désigna encore, pour chaque rue en particulier, une personne de piété, chargée de faire connaître les désordres qui pourraient setrouver dans les ménages, ainsi que le nom et la demeure des personnes de mauvaise vie, qui auraient leur domicile dans cette rue. Le prêtre de quartier devait rechercher surtout les causes de la corruption des mœurs, pour y apporter un remède efficace; et enfin tenir un mémoire exact des pauvres, des ignorants, comme aussi de tous ceux qui vivaient dans l’éloignement des Sacrements, et dont la conduite scandaleuse pouvait être, pour plusieurs autres, une occasion de péché.

D'après l'état particulier de chaque quartier, il fitcomposer

un état général de toute sa paroisse, afin de ressembler au bou pasteur, qui connait toutes ses brebis, et les appelle chacune par son nom. « Il est indigne d’un curé de ne pas savoir le » nombre de ses communiants, » dit M. du Ferrier, chargé par M. Olier dela rédactionde celivre, « puisqu'il n’y a point » de berger qui ne sache au juste combien il y a de béliers, » de brebis ct d’agneaux sous sa garde. Jacob le savait si bien » qu'il payait à Laban chaque bête que ie loup lui enlevait. » Cet état général n'est au reste que le livre de statu animarum, que Paul V, dans son Rituel, recommande à tous les curés, et dont saint Charles leur a tracé un formulaire, qui se trouve dans les Actes de l'église de Milan. « On n'omettait rien, ajoute » M. du Ferrier, pour convaincre les séminaristes de la né- » cessité de ce livre, »

Les prêtres des quartiers devaient visiter assiduement leurs malades, et proportionner le nombre de leurs visites à la grièvelé de la maladie ; en sorte que ceux qui approchaient de leur fin fussent visités tous les jours, et que ceux qui étaient en danger ne demeurassent jamais deux jours sans être vus de leur confesseur, pour recevoir de sa bouche quelque parole de salut, Outre ces prètres, chargés des divers quartiers de la paroisse, M. Olier en désigna d’autres pour porter aux malades les sacrements d'Eucharistie et d'Extrême-Onction ; d'autres pour les baptémes et les mariages ; quelques-uns pour faire les petites sépultures ; plusieurs pour donner conseil aux paroissiens ; d’autres pour recevoir leurs confessions à quelque heure du jour que ce fût. Les récréations, que tous ces ecclésiastiques prenaient en commun, étaient pour eux aussi instructives qu'édifiantes. Après le diner, on proposait au supérieur les cas etles difficultés extraordinaires qui se présentaient dans la paroisse, soit pour la morale, soit pour la controverse avec les hérétiques, ou pour la direction des àmes. Quand le supérieur ne savait pas y répondre, il chargeait quelque docteur de la compagnie d'aller en Sorbonne en demander la solution, et le soir il en faisait le rapport après le souper. Chaque

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