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comparés aux libertins. La dépravation des mœurs s'était, en effet, beaucoup accrue dans Paris, ? ‘occasion des guerres civiies, et des scandales de la cour , s les règnes précédents. L'imperfection de la police donnaic lieu à ure multitude de désordres, jusque-là que des bandes de voleurs désolèrent cette ville, sans que les magistrats cussent en main des moyens suflisants pour prévenir ou pour arrêter ce fléau. Ces malfaiteurs se réfugiaient la plupart dans le faubourg Saint-Germain ; et ce qui les y attirait de préférence, c'était l'assurance de l'impunité. Depuis un temps immémorial , ce faubourg formait une ville à part, et était soumis, non aux magistrats de Paris, mais à la justice de l'abbé; et cette justice était trop mal administrée et trop peu redoutable pour arrèter tant de désordres. La foire de Saint-Germain, qui durait environ deux mois, contribuait aussi beaucoup à les augmenter, Comme cette foire était franche, et qu'il était permis à toutes sortes de personnes d'y étaler et d'y vendre des marchandises , il y avait durant ce temps un concours extraordinaire, et beaucoup de scandales, principalement le soir, où l’affluence était toujours plus grande. La réunion de tant de personnes dans un faubourg si étendu, avait rendu jusqu'alors comme impossible la recherche de ceux qui y entretenaient la corruption. « La difficulté d’y apporter remède, » dit Abelly, laquelle passait, dans l'esprit de plusienrs, pour » uncimpossibilité morale, leur donnait occasion de se licen- » cier en toutes sortes de débauches et de vices, avec une » entière impunité, » Enfin la fureur des duels y était portée à un te! excès, que, même sous le ministère pastoral de M. Olier, dix-sept personnes y périrent en une semaine. Aussi M. Olier nous apprend-il dans ses Mémoires, que, d’après le dire commun, celte paroisse était la plus dépravée, non pas seulement de Paris, mais du monde entier ; et écrivant eur ce sujet à un évôque, il lui disait : Fous nommer le faubourg Saint-Germain, c'est vous dire tout d'un coup tous les monstres des vices à dévorer à la fois. Il avoue même que la vue
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1643, — ÉTABLISSEMENT DES CATÉCHISMES. 181 de tant de scandales l'aurait jeté dans l'abattement, si la bonté divine n'eût elle-même relevé son courage.
L'ignorance des choses du salut où vivaient la plupart des enfants, parut être, au serviteur de Dieu, celui des maux de sa paroisse qu'il fallait guérir le premier, Depuis long-temps le ministère de l'instruction y était si négligé , que même les pères et les mères, la plupart aussi peu instruits queleurs en— fants, ignoraient jusqu'aux premiers éléments de la doctrine chrétienne ; on eût dit qu'ils n'avaient jamais entendu parler des vérités de la foi. I fallait donc annoncer et expliquer tout de nouveau l'Evangile aux petits et aux grands ; et pour réussir dans une entreprise si diflicile, M. Olier établit divers ca— téchismes. Lui-même voulut exercer ce ministère dans son église paroissiale, à l'égard des plus jeunes enfants, et il s'en acquittait, disent les Mémoires du temps, avec un amour el une humilité admirables. Mais de peur que la distance où plusieurs étaient de l'église ne les privat de cette instruction , il établit, dans l'étendue du faubourg, douze autres catéchismes, qu'il distribua suivant la population des quartiers, et dont il donna la conduite aux ecclésiastiques du séminaire de Saint- Sulpice. Enfin d'autres ecclésiastiquesse répandaient dans toutes les écoles, afin que personne ne restât sans instruction. « Je » commence, écrivait M. Olier, à comprendre le dessein de » Dieu, qui va réformer cette église : il veut que d'abord on » secoure la jeunesse, en lui donnant les principes chrétiens, » eten lui inculquant les maximes fondamentales du salut, » par le moyen des jeunes clercs du séminaire, qui iront por- » ter cette instruction dans le faubourg. » Sa confiance ne fut pas vaine, et chacun vit avec étonnement les fruits que les catéchismes produisirent partout, non-seulement dans les enfazts, pour qui on les faisait principalement, mais encore dans les personnes plus avancées en âge, qui y venaient en grand nombre. Comme on n'était point accoutumé à voir les ecclésiastiques se répandre ainsi, parcourir les rues , et visiter les maisons pour appeler les enfants à l'instruction chrétienne, ce
spectacle tout nouveau attirait au catéchisme grand nombre de parents. Rien n'était plus édifiant que la charité et le zèle de tous ces catéchistes, la plupart distingués par leur naissance ; rien aussi ne consolait tant le zélé pasteur, que le changement qu'opéra bientot cette dispensation si bien ordonnée du pain de la parole, à laquelle quatre mille enfants participaient à la fois. Outre ces catéchismes, il en établit de particuliers pour disposer plus prochainement les enfants à leur première communion, et qui sont connus sous le nom de Catéchismes de semainc.
11 désigna des prêtres pour recevoir leurs confessions générales ; et, se croyant redevable à toutes ses ouailles, il ne refusait pas, malgré ses nombreuses occupations, de confesser lui-même les enfants qui voulaient s'adresser à lui, Iles accueillait avec une bonté et une tendresse de mère et de nourrice ; et, convaincu que ces jeunes cœurs, semblables à une ciremolle, reçoivent avec une égale facilité toutes sortes d'im— pressions , il s'efforçait d'y graver les premiers traits de l’homme nouveau , dont il leur offrait le modèle dans l'EN- FANT-JÉSUS , soumis et obéissant à ses parents, et croissant chaque jour en grâce et en sagesse. Une personne, qui, par un effet de sa vénération pour M. Olier, se crut obligée après la mort de l’homme de Dieu, de mettre par écrit ce qui l'avait le plus touchée dans sa conduite, insiste particulièrement sur ce point, Elle rappelle avec admiration l'humilité et la charité qu'il faisait paraître en accueillant et même en prévenant les petits enfants qui venaient s'adresser à lui. « Quand je me » rappelle ces souvenirs si touchants, ajoute-t-elle, je ne puis » m'empêcher d'en être encore tout émue et attendrie. »
M. Olier s’'efferça aussi de subvenir à l'indigence spirituelle des domestiques et des pauvres. Outre les secours. qui leur étaient communs avec les autres paroissiens , et qu'ils trouvaient dans les fréquentes exhortations qui se faisaient à l'église, il établit pour eux des instructions et des catéchismes particuliers, Trois fois chaque semaine, durant lecarème:,, il
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