‹ Vie de M. Olier, fondateur du Séminaire de Saint-Sulpice [microforme] (volume 3)Chapitre 124 sur 235 · ÉTABLISSEMENT DES CATÉCHISMES · texte numérisé non relu

ÉTABLISSEMENT DES CATÉCHISMES

faisait rassembler les pages et les laquais , extrémement nom breux dans la paroisse de Saint-Sulpice. Non content de faire aunoncer ce catéchisme dans toutes les chaires du faubourg, par chaque prédicateur de carème , il remettait, aux prêtres des quartiers, des billets d'invitation, que ceux-ci devaient distribuer et remettre eux-mêmes aux maitres, en les sup— pliant de veiller à ce que leurs domestiques se rendissent assidus à ces instructions. Trois autres jours de la semaine , il réunissait les mendiants, pour leur apprendre les mystères de Ja foi, la manière de sanctifier leur condition, et les moyens de recevoir avec fruit les sacrements de Pénitence et d'Eucharistie. Chaque exercice, pour les mendiants, était suivi d’une distribution générale d'aumônes, proportionnées au méritedes répouses qu'ils avaient données aux interrogations, C'était ordinairement trois ou quatre cents pauvres à instruire et à soulager , et quelquefois ils excédaient ce nombre, L'expérience avait appris à M, Olier, que, parmi les fidèles arrivés à un grand àge , plusieurs avaient besoin d'être instruits, comme de nouveau, des vérités du salut, qu'on leur avait enseignées dans leur enfance. Il établit, dans cette intention , pour les vieillards, un catéchisme qui se faisait le vendredi de chaque semaine, et pour les engager plus eflicacement à en proiiter, il leur faisait distribuer des secours, qui se mesuraient aussi sur la manière dont ils satisfaisaient tour-à-tour aux deman-— des qui leur étaient faites.

Outre ces différents catéchismes, il en établit un autre dans l'église , pour toutes sortes de personnes ; mais de peur que la honte n’en éloignât les plus àägées,qui avaient cependant besoin d’être instruites, il crut à propos de le faire dans un langage plus relevé, sans rien dire, toutefois, qui ne fût à la portée des. esprits les plus simples. Enfin il envoyait de temps en temps plusieurs ecclésiastiques dans les familles, où il savait qu’on vivait dansJ'ignorance des vérités du salut, sans oser venir aux instructions. publiques. Il y faisait distribuer des feuilles im-— primées, ornées de pieuses vignettes, et où étaientex posés les

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184 il. PART. 1043. — PAROISSE, mystères de la religion, les principaux actes du chrétien , les prières du matin et du soir, l’offrande que tout fidèle doit faire à Dieu des actions de la journée, la manière de sanctifier les plus communes , comme le travail, le boire, le manger. « Il » faut faire imprimer les actes à coté d'une image qui leur en » facilitera l'intelligence, écrivait-il ; les sentiments intérieurs » qu'ils témoigneront à Dieu, en lisant ces feuilles , leur de- » viendront plus aisés et plus faciles par là vue de quelque » objet extérieur qui les soulagera. » Il recommandait aux pères et aux mères d’attacher ces feuilles dans un endroit apparent de leur maison, et d’en faire usage tous les jours pour eux et pour leurs familles. Enfin il établit, surtout en faveur des gens de travail, une préuication familière, qui avait lieu dès le grand matin, et, pour la fin du jour, une lecture glosée : usage qui fut bientôt adopté dans toutes les paroisses de la capitale.

Dès son entrée dans le ministère pastoral, il s'orcupa aussi, d’une manière spéciale, des maitres et des maîtresses d'école, et les assembla plusieurs fois pour les instruire de ce qu'ils devaient enseigner eux-mêmes aux enfants. En vertu du droit que lui donnaient les lois du royaume, il réunit également les sages-femmes , pour s'assurer si elles connaissaient suffisam— ment les rits et la forme du baptème, et leur donna de sages et salutaires instructions, sur la manière de se conduire envers les personnes auprès desquelles elles seraient appelées.

La conversion des Protestants fut aussi l’un des premiers objets de sa sollicitude. Pour les préparer à la grâce qu'il dé-sirait si ardemment leur procurer, il établit des conférences publiques et particulières ; et la bénédiction de Dreu surpassa toutes ses espérances , sans doute pour récompenser sa rare et profonde humilité. « Je voudrais vous supplier en » Notre-Seigneur , écrivait-il à saint Vincent de Paul, de » permettre à M. Lucas de venir ici aujourd'hui, à cause » d’un hérétique qui doit s'y trouver, et qui m'interroge sur » des points dont je ne suis pas bien instruit. J'espère de

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