‹ Vie de M. Olier, fondateur du Séminaire de Saint-Sulpice [microforme] (volume 3)Chapitre 144 sur 235 · ES PUR · texte numérisé non relu

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voulut qu'il s'en présentt un tel qu'il pouvait le souhaiter , soit pour la proximité de la cure, soit pour son étendue , et qu'il acheta conjointement avec deux de ses ecclésiastiques. MM. de Poussé et Damien , le 27 mai 1645, pour le prix de soixante- quinze mille livres, qu'ils comptèrent de leurs propres deniers.

Comme il pensait que ce nouveau dessein animerait contre lui la haine de ses ennemis, et que d'ailleurs il était impossible de prévoir jusqu'à quelles violences ils pourraient se porter , il désira de renouveler avec deux de ses ecclésiastiques, le même engagement qu'il avait contracté avec les premiers compagnons de sa retraite, à Vaugirard, en 1642, de ne poin: abandonner l'œuvre du séminaire. En conséquence , le 2 du mois de mai, il les conduisit à Montmartre , où le père Batailie se rendit aussi. « À la gloire de Dieu, écrit M. Olier, le jour de » saint Athanase , étant allé à Montmartre avec deux de nos » messieurs , nous avons fait promesse sur l'Évangile , entre » les mains du révérend père Bataille, de ne nous d'partir jamais du dessein qu'il à plu à Div de nous inspirer , de

> nous lier ensemble pour lui servir d'organes et d'instru— » ments, et lui disposer des prêtres qui le servissent en esprit » et en vérité,qui honorassent aussi son Fils sur les autels, et » s'employassent avec charité au service de ses membres. » Par un autre acte bien digne de leur religion, M. Olier et ses deux co-propriétaires se considérant, en qualité de serviteurs de Jésus-Cunisr et de l'Église, comme incapables de posséder en propre celte maison, s'empressèrent d'en faire hommage à Dieu, comme à son véritable maître. « A l'honneur et à la » gloire de la très-sainte Trinité, renfermée dans le très- » auguste Sacrement de l'autel, disaient-ils dans l'acte qu'ils » dressèrent, irois prêtres consacrés à l'honneur des trois per- » sonnes adorables, désirant, en la vertu du très-saint sacre- » ment, être consommés en un, et n'avoir rien entre eux qui » ne soit commun à tous, abandonnent, dans un même es- » prit, à la très-sainte Trinité, une maison qu'ils ont ac-

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1645. — PERSÉCUTION SUSCITÉE CONTRE M. OLIER, 257 quise, destinée à loger les serviteurs qu’elle à choisis pour son honneur, et leur donner la facilité d'y prendre l'instruction nécessaire pour son divin service, C'est au pied de ce très-saint ct très-auguste Sacrement , votre arche , où vous habite. narmi nous, que nous déposons tout le droit, que, à la mode du monde, on pourrait nous donner sur cette maison. Des esclaves, à divin maître, n'ont point de bien à eux ; nous n'avons point, par conséquent, de droit sur ces lieux que l'on nous cède, et qu'on dit nous appartenir ; mais, Ô mon DIEU, nous vous cédons et transportons cet extérieur et cette apparence de droit que l'on nous donne, Que vous soyez donc connu pour l'unique seigneur titulaire et propriétaire du tout , et que ce soit par votre seule permission que vos pauvres sujets y trouvent leur couvert pour s'y instruire et vous servir ; enfin qu'ils y vivent sans cesse sous Vos yeux, et y marchent dans la dépendance de vos volontés divines, »

Ce que M. Olier avait prévu arriva; dès qu'on sut qu'il avit

renoncé au plan arrêté dans l'assemblée des marguilliers, et

qu'il s'agissait d'en dresser un nouveau, qui serait incompa— rablement plus dispendieux, il essuya bien des reproches sur la témérité prétendue d'une entreprise si difficile et si hasardeuse, On ne se lassait pas de iui dire, qu'à peine il aurait jeté les fondements de l'édifice, qu'il serait dans la nécessité de l'abandonner. Aux plaintes et aux murmures, quelques-uns

ajoutaicnt les railleries les plus indécentes ; mais sa réponse

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ait toujours la même : « Jésus-Curisr Notre-Seigneur, qui a commencé l'œuvre, disait-il, l'achèvera par sa miséricorde. Il ne faut pas se défier de sa bonté ; ses trésors sont toujours pleins, et jamais ils ne s'épuisent ; prenons courage, la sainte Vierge nous secourra. » « Le jour de l'Ascension, 25 mai, ajoute-t-il, voyant l'opposition que les grands et les princes mettaient à l'œuvre de Div, j'en étais à l'extérieur un peu abattu, La bonté divine, si attentive à fortifier ma faiblesse , me dit par sa miséricorde in-

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» finie: Ton œurre se fera. Ces paroles me remplirent d'une confusion extrême, surtout celle-ci : Ton œuvre, Je lui di-

sais alors : Non, mon Dieu, ce n'est point la mienne, c'est

» la vôtre ; ct toutefois ces paroles portaient avec elles une

vive lumière dans mon esprit; elles me faisaient comprendre que j'étais, à l'égard de tous ces messieurs, que Dieu amène dans sa maison, leur pauvre petit serviteur ct leur

» domestique; que je devais user de beaucoup de douceur » pour gagner leurs esprits. »

Cependant les trois années à partir depuis la prise de possession de la cure, et au bout desquelles M. Olier savait qu'il en serait chassé, approchaient de leur terme. Déjà, vers Île mois de janvier 1645 , deux personnes fort intérieures avaient parlé de cette persécution à M. de Bretonvilliers et « de temps » en temps, ajoute celui-ci, M. Olier nous disait lui-même : » Préparons-nous à ce que Dieu nous réserve, el demandons » beaucoup son Saint-Esprit, afin de porter saintement la » croix qu'il nous a destinée. Nous en étions tellement cer- » tains, » continue-t-il, parlant de trois ou quatre prêtres avec qui il était plus particulièrement lié, « que nous nous » en entretenions assez souvent, quoique nous ignorassions » la manière dont elle devait arriver. Plusieurs fois nous lui » avons entendu dire : Îe bon cœur, mon Du, de bon » cœur; je ne suis pas digne de celle grâce ; non je ne mérile » pas celle miséricorde avec laquelle vous voulez me trailer ; » par le grand désir que vous avez de faire du bien au plus » tngral des hommes. »

On ne saurait méconnaitre ici la conduite de la divine providence. Elle daigna manifester cette persécution à M. Olier, long-temps avant qu'elle arrivät, non-seulement afin qu’il se tint lui-même prèt à la souffrir,mais aussi pour qu'il 'annonçât clairement à ses disciples, comme le Se :1veur en avait usé à l'égard des siens. Les ecclésiastiques de M. Olier auraient sans doute été exposés à une tent2tion bien étrange, si cette persécution eût fondu sur eux sans qu'ils en eussent été

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