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M. OLIER S'OFFRE POUR LES MISSIONS DE LA CHINF. 343 » la plus sûre. I faut gémir en secret, et faire pénitence en » notre Cœur, vivant martyr de Jésus-Cnaisr en l'Eglise.Cette » vie cachée me tient davantage en mon centre, qui est la pe- » titesse d'esprit et le néant, Ces autres emplois ont quelque » chose d'éclatant que j'appréhenderais. Mais celui où Notre- » Seigneur à fait la grâce à ce pauvre pécheur de Fappeler, est » plus caché, plus inconnu. Il a plus de rapport à l'anéantis- » sement de notre Maitre, qui n'est pas sorti de la Judée, pour » faire tout le bien qu'il aurait pu par la prédication de » l'Évangile ; mais , laissant à ses disciples à exercer le zèle » caché et inconnu de son âme pour la gloire de Dieu , il » s'est contenté de travailler dans ce petit pays, et parmi le » peuple où il avait été envoyé. »
Le père de Rhodes trouva à Paris quelques ecclésiastiques tls qu'il en souhaitait ; et, sur la demande de ce missionnaire, le Nonce en désigna trois pour être vicaires-apostoliques dans les Indes. Ne pouvant suivre lui-même le père de Rhodes , M. Olier le conjura d'obtenir au moins pour lui , et pour les ecclésiastiques de Saint-Sulpice, la grâce d’être présents er esprit à tous ses travaux, et le supplia encore d'accepter quelques prêtres de son séminaire. Il fut exaucé cette fois, plusieurs partirent pour la Chine, où ils conisumérent leur vie au service de Jésus-Cnusr. Mais le projet d'envoyer dans les Indes des vicaires-apostoliques, éprouva de grands obstacles, etce fut pour M. Olier le sujet d'une continuelle affliction. I était sans cesse en esprit au milieu de ces nations infortunées ; et, un jour qu'il fut visité par M. Pallu, évèque d'Héliopolis, il ne put s'empêcher de protester qu'il s'estimerait heureux sil pouvait employer le reste de sa vie à la conversion de ces infidéles. Pour le consoler, Dizu lui donna, ce semble, comme un pressentiment de ce qu'il avait résolu d'opérer en leur faveur, Au sortir de l'oraison, M. Olier écrivait à son directeur : Dieu, qui m'animait, me faisait dire, étant hors de moi- » mème, et voulant répandre la foi par toutes les créatures, si » je pouvais : O donc , mon Tout, que j'envoie par lout le
344 1V. PART. — SON ZÈLE POUR LA CONV. DES CALVIN, » monde ! et il me semble que je voyais ici un commence- » ment de séminaire pour les nations étrangères , auquel » quelques personnes très-zélées, qui ont vocation pour ces » peuples, pourront contribuer beaucoup. » I! plut en effet à Dreu de réaliser les espérances de son serviteur, L'année qui suivit sa mort, trois vicaires-apostoliques furent institués pour les Indes-Orientales ; et, peu après, on fonda à Paris, et sur la paroisse méme de Saint-Sulpice , le séminaire des Missions Etrangères, si connu depuis dans tout le monde chrétien, Pour se dédommager «au refus que le père de Rhodes avait fait de ses services personnels , M. Olicr résolut d'exécuter enfin, malgré l'état d'infirmité où il était réduit, le dessein qu'il méditait depuis long-temps, de travailler à la conversion des kérétiques du Vivarais et des Cévennes. La préférence qu’il donnait” à ces contrées, était fondée non-seulement sur la maxime du père de Condren , de s'employer à la sanctification des lieux les plus destitués de secours, mais aussi sur l'ordre que, long-temps auparavant, il croyait avoir reçu de Dreu, de se consacrer au renouvellement du Velay, du Vivarais et de l'Auvergne, et principalement à la conversion des protestants. On sait que, de Genève , l'hérésie de Calvin avait pénétré sourdement dans plusieurs cantons de l'Auvergne et du Velay ,ctsurtout dans les Cévennes, dont elle avait fait comme J'un de ses plus forts boulevards. Aussi Louis XIII et le cardinal de Richelieu , après la prise de La Rochelle, avaient-ils cru devoir s'appliquer à soumettre ce pays à la foi, pour porter comme le dernier coùp à lhérésie. Mais il n’est pas au pouvoir des plus puissants princes de subjuguer les esprits ; äl fallait, pour triompher de l'erreur, déclarer aux Cévennes une autre sorte de guerre, il fallait employer les armes de la douceur et de la persuasion , et par-dessus tout l'autorité invincible des vertus apostoliques. C'était ce que M. Olier méditait : depuis long-temps il avait conçu le projet d’une mission générale pour ces contrées ; et, dès qu'il se vit déchargé de sa paroisse, il eut la pensée de se rendre dans le Vivarais,
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