CHAPITRE INÉDIT D'ABELLY
» l’année 1635, après laquelle il voulut être employé à celle qui » se fit, pendant le Carême de l’année suivante, au refuge de » l'hôpital de la Pitié, au faubourg de Saint-Victor ; et voyant » les fruits que les missions produisaient pour la conversion et » sanctification des âmes , il en voulut faire part aux paroisses » qui dépendaient de son abbaye de Pébrac , en Auvergne, où il » s’achemina , après le Carême de la même année, en la compa- » gnie de deux prêtres de la congrégation de la Mission, et de » quelques autres vertueux et zélés ecclésiastiques qui se joigni- » rent à lui pour participer à ses saints travaux. Hs firent leur » mission à Saint-Ipise; après laquelle M. Olier rendit compte à » la compagnie des ecclésiastiques de la conférence qui se faisait » à Saint-Lazare , de son voyage et de ses emplois, par une lettre » qui est de si grande édification, tant pour le succès de cette » mission , dont il fait un ample récit, que pour les sentiments » dignes de sa piété, qu’il avait conçus de l’excellence des em- » plois des missions. Nous rapporterons cette lettre pour la satis- » faction du lecteur, au second livre.
» Ce très-digne abbé ayant, ensuite de ses fnissions, obtenu » de M. l'évéque de Saint-Flour son agrément pour faire faire la » retraite aux curés du diocèse, dans son abbaye de Pébrac, et » même les exercices d’ordination, comme il se pratiquait à Paris » ilécrivit une autre lettre, au mois d’octobre de la même année, » à MM. les ecclésiastiques de la conférence de Saint-Lazare de » Paris, pour leur demander du secours, en leur représentan » qu’il y allait de la réformation de îout un diocèse , et depuis à » au mois de février 1637 , il leur en écrivit encore unc autre ; » comme il achevait la quatrième mission, et qu’il était sur le » point d’en entreprendre une cinquième, fort importante, à »* la Motte, près de la ville de Brioude. Il décrit par cette lettre » tous les biens que faisait la compagnie des ecclésiastiques de » la ville du Puy, qu'il avait associée à ceile de la conférence a de Saint-Lazare.
» Environ ce temps-là , M. Olier connaissant par sa propre ex- » périence combien les missions étaient profitables et avanta- » geuses pour le salut.des peuples , et considérant d’un autre » côté le grand besoin qu’il y avait de travailler à la perfection » du clergé , il se détermina à cette dernière œuvre, et, pour y
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» parvenir , il se résolut de prendre une cure dans Paris, pour » y donner un modèle d’une boane conduite de paroisse, tant » pour la personne du curé, que pour les prêtres qui sont appli- » qués par lui pour la desservir.Pour cet cffet , il traita dela cure » de Saint-Sulpice avec M. Fiesque qui en était pour lors curé
» en laquelle M. Pabbé Olier à depuis établi une grande commu- » nauté de prêtres, et par ce moyen y a produit de très-grands » fruits, tels que chacun sait; en sorte qu’en peu de temps, on » a vu cette grande et nombreuse paroisse toute changéede face, » avec l'admiration et l’applaudissement de tout Paris. Ce qui » n’est pas néanmoins arrivé sans de grandes difficultés et tra- » verses que l’ennemi du genre humain lui suscita, jusqu’à tel » point que, sur un différend arrivé entre l’ancien et le nouveau » curé , quelques habitants du faubourg Saint-Germain prirent » les armes pour en chasser M. Olier ct les prêtres de la commu- » nauté. Pendant cet orage, M, Vincent, qui prenait très-grande » part à tout ce qui touchait ge sage abbé, faisait tout ce qu’il » pouvait pour ie défendre, et pour détourner cette tempête, par » ses prières à DIEU, par ses bons conscils à M.l’abbé Olier, et par » son crédit à la cour.Il est à remarquer qu’onattribuait,en quel- » que façon, à M. Vincent la cause de ce grand tumulte, tant » parce que le peuple appelait Alissionnaires les prêtres de la » communauté de Saint-Sulpice , quoiqu'ils ne le fussent pas, et » qu’eux-mêmes n’en prissent pas 1e nom, qu’à raison de ce que » M. Vincent était estimé être leur chef, à cause de la mission » qui avait été faite un peu auparavant au faubourg Saint-Ger- » main par MM. les ecclésiastiques de la conférence de Saint- » Lazare, que M. Vincent y avait employés. Un jour , comme » on parlait de ce tumulte, au Conseil où il était, et qu’on en » rejctait sur lui tout le blâme, M. Vincent , au lieu de se mettre » à couvert de ce reproche, en déclarant que les prêtres de Saint- » Sulpice n'étaient point de sa congrégation et n’avaient aueune » dépendance de lui, comme il était vrai , et comme il Ic décla- » rait toujours en d’autres occasions , quand on voulait lui attri- » buer le bien qu’ils faisaient ; néanmoins, en ce rencontre tà- » cheux , quoiqu’il n'eût aucune part dans le différend qui était » le sujet du vacarme, il ne voulut pourtant jamais dire un seul » mot pour désabuser ses accusateurs ct se justifier sur les re-
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