‹ Vie de M. Olier, fondateur du Séminaire de Saint-Sulpice [microforme] (volume 3)Chapitre 204 sur 235 · APPARITION DE LA MÈRE AGNÈS À M. OLIER · texte numérisé non relu

APPARITION DE LA MÈRE AGNÈS À M. OLIER

» rière par l'exercice parfait de toutes les vertus chrétiennes : » mais surtout qu'elle était si embrâsée du feu de la charité la » plusexcellente des vertus, que, quoique cachée dans Je mo- » hastère de Langeac, néanmoins, par la vivacité de ces flame » mes qui s'échappaient au-dehors , elle avait produit des con- » versions admirables hors de son monastère, même dans des » pays éloignés ,et jusque dans la ville de Paris, au grand avan- » tage ct à l'honneur de la piété, de la religion et du clergé, » Surtout de celui de France, On s'est convaincu combien ce » bruit était conforme à la vérité, par les enquêtes qui ont été » faites dans les formes usitées sur chacune de ses actions : les » pièces qui les contenaient ayant été compulsées et soumises à » un discussion sévère... En conséquence, Sa Sainteté a dé- » claréet jugé, que la vénérable Agnès de Jésus a pratiqué les

vertus dans un degré héroïque, » La sanctification de M. Olier et l'établissement des séminaires sont , comine il est aisé de le remarquer, le motif principal de ce jugement ; car , dans toute la suite des pièces qui furent compulsees auparavant , et soumises à une sévère discussion, on ne trouve d’autre conversion, opérée à Paris, par la mère Agnès, que celle de M. Olier, ni d'autre servite important rendu par cette servante de Dieu au clergé, surtout de l'Eglise de France, que Pétablissement des séminaires que M. Olier entreprit par son ordre. Au reste, les termes mêmes du décret indiquent assez clairement le fait de cette apparition, quoiqu’avec la réserve usitée dans les jugements du saint-siége sur les vertus : en effet, ces flammes ardentes de charité , qui , s'échappant de la mère Agnès, allèrent au loin et jusqu'à Paris opérer cette conversion admirable, tandis que cette sainte fille demeurait cachée dans son monastère , se rapportent directement au fait de l'apparition, et ne tombent que sur ce fait, comme on le voit par toute la nrocédure.

Cette discussion peut servir de réponse à ce que Nicole a dit en se jouant sur cette matière dans une de ses lettres déjà citée, qu’il écrivait à Quesnel et à Arnauld. «Il est bon, leur di- » sait-il, de connaitre les gens; et, sans doute, quoique vous » eussiez souvent entendu parler de ce personnage, M. Olier , » vous ne le connaissiez pas par ces caractères. Cependant voilà

» l'origine d’un des plus grands ouvrages de France { le sémi- » naire de Saint-Sulpice ); ce qui me confirme dans une pensée » que j'ai souvent eue, que DIEU permet quelquefois que les » plus grandes choses du monde s'exécutent par des visionnai- » res, et tirent leur origine de visions, » Si l'on ne savait combien la passion inspirée par l'esprit de parti peut troubler la raison , on devrait s'étonner que Nicole, si judicieux d’ailleurs dans plusieurs bons écrits sortis de sa plume , ait osé attribuer aux illusions d’imaginations échauffées, plusicurs des plus grandes œuvres de l'Eglise ; tandis qu’au jugement de la vérité même , un mauvais arbre ne peut produire de bons fruits, et qu'il ait supposé encore que DIEU permet simplement la formation de ces grandes œuvres, comme on doit le dire des crimes les plus inouis,

SUR. LES APPARITIONS DU PÈRE DE CONDREN . SES DISCI- | PLES. (Page 120.)

Une considération importante, au sujet des apparitions du père de Condren, et qui fait bien voir que l'amour pour le merveilleux ct la prévention en faveur de c£ saint homme n’eurent aucune part à ces récits, c’est que tous ses disciples étaient fort peu disposés à la crédulité en cette matière. Lui-même leur avait inspiré un grand éloignement des grâces extraordinaires, comme nous l’apprend M. du Ferrier. « Il m'avait fait tant de le- » cons sur cela, dit-il, que toute ma vie la crainte de l'illusion » est demeuréc dans mon esprit, et j'ai fui les gens qui passent » pour extraordinaires et les possédés du démon, comme on » évite les pestiférés.»M. Olier fut aussi toujours dans les mêmes sentiments, et l’un de ses disciples M. de Poussé, lui en a rendu ce témoignage par écrit : « J'ai peu remarqué de choses extraor- » dinaires en feu M. Olier, mon très-cher père, parce qu’il avait » un grand soin de les cacher, et parce qu’il ne voulait pas qu’on » suivit cette voie, ni même qu’on en fit cas dans la conduite des » âmes. C’est pourquoi je lui ai oui dire souvent qu’il s’y glissait » bien des tromperies, et qu’il n’ÿ avait rien de solide ni de sûr

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