APPAR!:TION DE LA MÈRE AGNES A M. OLIER
Ce qui exclut tout doute à cet égard, c'est le témoignage de M. Olier , les dépositions de vingt-quatre témoins auriculaires, au nombre desquels étaient les personnes de Langeac les plus
qualifiées et les plus recommandables ; et la pleine notoriété du
fait par toute la France dans le dernier siècie, notoriété attestée
encore par les tableanx de cette illustre vierge, presque tou-
jours représentée dans ce trait, comme le plus connu et le plus
extiaordinaire de sa vie. On pourrait alléguer aussi les circons-
tances e l'apparition, où lon ne voit rie que de digne de
Dieu, et de très-conforme aux apparitions divines; enfin l'exa-
men qui en fut fait par la congrégation des Rites, avec l’atten-
tion la plus sévère et toute la rigueur ac ,utumee. Il n’est pas inutile, en effet, de rappeler ici, que c° te apparition est l’objet d'une savante et solide discussion , parmi les procédures concernant la canonisation de la mère Agnès , et que le sous-promoteur de la foi, après avoir répondu à toutes les difficultés, conclut que sa vérité est tout-à-f. 1 indubitable : Dubitari nequaquam potest quin vera fuerit apparitio. Maïs considérons avec plus d’étendue les suites qu’elle à laissées après elle, et que Benoît XIV appelle la pierre de touche pour discerner ces sortes de faveurs.
L'apparition est certsinement divine, dit ce grand pape, si celui qui en a été favorisé fait ensuite de grands progrès dans Phumilité, l’'obéissance, et s'élève jusqu’au comble des vertus ; surtout si lapparition est encore le principe de grands avantages pour l'édification publique. D'après cette règle, on ne peut contester la vérité de l'apparition dela mère Agnès; car, depuis ce moment, M. Olier fit dans les vertus sacerdotales, des progrès étonnants , comme la suite de sa vie le montrera, et il servit utilement l'Eglise par l'institution des séminaires : deux œuvres qui eurent pour principe cette même apparition.
Aussile clergé de France, considérant comme le propre ouvrage de la mère Agnès, tant Ja haute sainteté de M. Olier que ses œuvres pour le bien de l’ordre sacerdotal, a-t-il, plusieurs fois, allégué, comme motif principal de la canonisation de cette grande servante de Dieu , les services qu'elle avait rendus par là à l'Eglise. Nous regrettons de ne pouvoir rapporter ici les témoignages nombreux que nous avons recuillis, mais nous ne
saurions taire les sentiments des ccclésiastiquês du séminaire de Saint-Sulpice, sans violer un devoir sacré de justice et de reconnaissance. Depuis M. Olier, et, à son exemple, ils l'ont toujours vénérée comme leur mère, et l’ont considérée comme une avocate qui intercède sans cesse pour eux auprès de DIEU. « C’est elle, disaient-ils dans une lettre à Clément XI, pour sol- » liciter sa canonisation, c’est elle qui a acquis à l'Eglise » M. Olier, notre instituteur ; elle qui , par ses prières, a fait » prospérer ses travaux pour JÉSUS-CHRIST, elle, enfin, qui » autrefois à aidé notre société par ses prières auprès de DIEU, » et qui maintenant encore la protége et l'affermit, par son in- » tercession puissante, partout où elle est répandue. »
Le général de l'ordre de saint Dominique écrivait au Pape au nom de tous les siens : «C’est sur les avis de la mère Agnès, » comme sur des ordres venus du ciel, que M. Olier a fondé » l'institut du séminaire de Saint-Sulpice, qui a donné naissance » à tant d’autres séminaires en France, et dont les évêques ti- » rent de si grands fruits; avantages qu’ils reconnaissent ou- » vertement être dus, dans le principe, à la mère Agnès. »
« La mémoire de cette servante de Dieu, écrivait le cardinal » de Noailles au souverain pontife, sera toujuurs en bénédic- » tion, surtout parce qu’on lui doit le dessein qu’exécuta M.Olier » en instituant des maisons cléricales pour le renouvellement » de l'esprit saceraotal , alors refroidi et presque éteint. » Lorsqu'en 1757 on fit de nouvelles démarches à Rome, elles furent encore fondées sur cé motif. « L'Eglise deFrance, écrivait l’é- » vêque de Saint-Flour au cardinal de la Roffhefoucauld, parait » prendre un intérêt particulier à la béatification de la mère » Agnès, parce qu’en attribue à cette vierge d’avoir comniuni- » qué à M. Olier, fondateur du séminaire de Saint-Sulpice , le » désir de cette haute perfection dans laquelle il a lui-même » fait de si admirables progrès. »
Enfin le même motif, allégué tant de fois, a déterminé Ie pape Pie VII à déclarer solenneliement, le 17 mars 1808, qu'elle avait pratiqué les vertus dans un degré héroïque. « Toutes les bou- » ches publiaient en France, lit-on dans le décret de ce jour, » que la très-éminente vierge Agnès de Jésus, avait , dans une » vie qui ne fut que de trente-deux ans, fuurni une longue car-
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