SUR LA MAISON DE CAMPAGNE DU SÉMINAIRE DE S
sion d'y faire célébrei .. sainte Messe, Il laissa cette maison à Antoinette Le Prêtre, sa femme (1), qui la vendit à Antoine de Sève, abbé de Notre-Dame de l’isle en Barrois , prieur d'Ulnoy et de Champdieu, et aumônier du Roi, Cetecelésiastique, laborieux et savant, attira à Issy M. Louis Tronson, so neveu, qui y étudia long-temps avec lui, sous la direction d’un précepteur, homme de mérite. L'abbé de Sève avait une yénération singulière pour M. Olicr, et tenait à honneur de le recevoir dans cette solitude. ll laissa une partie de sa bibliothèque au séminaire de Saint-Sulpice, et vendit à bon compte sa maison d’Issy , avec les meubles, à M. de Bretonvilliers, le 17 novembre 1655, afin que de lui elle passät à ceîte communauté, Celui-ci, en mourant, donna en effet au séminaire le choix de recevoir cette maison ou le prix qu'elle avait coûté ; mais, comme M, Olier l'avait habitée les dernières années de sa vie, on préféra la maison. Les bâtimentsétaient alors peu considérables.
M. Tronson ayant succédé à M. de Bretonvilliers, engagea l’un de ses confrères , M. Bourbon , qui vait fait deux fois le pélerinage de Lorette , en Italie, à bâtir au milieu du parc d'Issy, une chapelle sur le modèle de cette sainte maison. Les devises, les emblèmes et les inscriptions qui en décorent les alentours, sont de touchants témoignages de la piété de ce vertueux ecclésiastique, dont Fénélon parle avec éloge dans ses lettres. Pour augmenter la dévotion envers ce nouveau sanctuaire , l’archevéque de Paris permit, en 1695, d’y conserver le très-saint Sacrement ; et on l’y déposa solennellement le Jeudi-Saint , 19 avril de Pannée suivante. Depuis sa construction, cette chapelle a été en grande vénération au séminaire de Saint-Sulpice. « J’espère, écri- » vait Fénélon à M, Leschassier, qne BI. Bourbon ne m’oubliera » pas dansla chapelle de la sainte Vierge à Lorette. » Nouslisons aussi que Bossuet allait y prier durant :2s conférences d’Issy. Comme on l'avait dédiée à la très-sainte * ::rge, sous le titre de
(1) L'abbé Lebeuf qui visita cette maison, au milieu du siècle dernier, rapporte qu'on y voyait, dans la cour , le buste d’une personne qui avait la toque sur la tête. C'était apparemment le buste de Michel Sarrus , le seul des propriétaires connus à qui ce costume puisse convenir. On remarque, au plafond dn vestibule , les monogrammes MS, et ALP. peints alternativement dans les rosaces. Ce sont apparemment les lettres initia— les des noms de Michel Sarrus, et de sa femme Antoinette Le Prêtre.