PART. 16931. — M, OLIER CATÉCHISE LES PAUVRES
diants, venant les uns après les autres, et voyant leurs camarades si bien accuciliis par l'homme de Dieu, s'en approchaient eux-mêmes volontiers. Une charité si extraordinaire paraissait mal réglée aux yeux des gens du monde, et attirait souvent à M. Olier leurs railleries et leurs mépris. Un jour, comme il catéchisait un pauvre à la porte de Notre-Dame, un homme fort bien vêtu s’approcha d'un domestique qui le suivait, et lui dit : lu diras à ton maitre qu'ilest un fou. M.Olie: qui l'avait entendu sans en rien faire paraitre, continua d'instruire ce meudiant avec une douceur et une humilité capables de fairetomber à ses genoux celui qui l'outrageait ainsi, s'il avait su apprécier sa vertu. Lorsqu'il rencontrait dans les rues des pauvres malades, il les conduisait lui-même à l'hôp:tal, et les y faisait transporter sur le champ, s'ils étaient trop faibles pour s’y rendre eux-mêmes. I n'était pas rare d’enten-
dre des personnes du monde le traiter d'homme simple , qui =
avait perdu l'esprit: « À quoi pense-t-il, disait-on , de s'a- » user ainsi avec la populace? » Mais ni ces discours , à
nuer sa fidélité à l'attrait intérieur qui le pressait.
Il ne pouvait pratiquer long-temps des œuvres si opposées “ o
à la prudence mondaire, sans éprouver des contradictions de la part de ses proches. Quelques-uns le blämaient hautement, et regardaient sa conduite comme une singularité déshonorante pour un homme de qualité. On n'épargna, pour l'en dégoûter, ni railleries, ni reproches , ni représentations, Plus d'une fois on en vint jusqu'aux injures et aux menaces , el enfin on usa même d’une sorte de violence pour écarter les pauvres de l'appartement où il les rassemblait, Alors il commença à les conduire dans le lieu de la maison qui lui rappelait l’étable 4e Notre-Seigneur, ayant néanmoins l'attention, par ménagement pour sa famille, de les ÿ introduire par une porte dér:bée. Il réunissait aussi de jeunes écoliers, et mème plusieurs aspirants à l’état ecclésiastique, pour les former à la vertu ct aux lettres ; et c'était aux yeux de ses pa-
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