PART, 1630, — SON UNION A DIEU
carrière des honneurs ; elle obtint une charge de Maitre des Requêtes pour Francois Olicr de Verneuil, son aîné, qui avait d'abord été Conseiller au Parlement de Paris ; elle pourvut Nicolas-Edouard Olier de Fontenelle , le plus jeune, de celle de grand Audiencier de France, que leur père avait possédée de nouveau avant sa mort; et, pour celui dont elle demandait le ret ‘ur, elle venait d'obtenir une place d'Aumonier du Roi, qu'elle se flattait de lui faire accepter. « Cette bonne » mère, disait ce dernier, m'attendait avec impatience au re- » tour de Rome et de Notre-Dame de Lorette, où j'avais éti » conçu à la piété et à la véritable vie ; elle me demandait » beaucoup, dans l'attente qu'elle avait que je reviendrais et » que je paraitrais avec éclat en sa maison, que je l'éleverais, » que je me pousserais à la Cour. Elle me prit en si grande » affection, me voyant encore dans les vanités du siècle et » tous les trains du monde, qu'elle ne pouvait assez me ca-
» resser ni me chérir, Elle me disait même que je tiendrais M
» Ja place de mon père, et que je lui servirais de consolation » et d'appui ; ce qui ne dura que fort peu.
» Quoique je n'eusse rien changé dans ma conduite exté- » rieure, je puis bien avouer, néanmoins, que depuis ma vo- » cation à Dieu dans Lorette, je ne pouvais me complaire en » autre chose qu'en l'entretien de Dieu ; le reste m'était à » charge , ce m'était une géhenne ; si bien que mon élément » et mon centre était de parler de Dieu seul. Toutefois, je de- » meurai comme caché l'espace de neuf mois, sans révéler à » personne le dessein que j'avais de servir DIEU , et au de- » hors je ne paraissais quasi point changé. Mais au jour de » Noël, dans lequel je fis ma confession générale , je déclarai » entièrement que j'étais à Dieu en Jésus-Cunisr, et Je mon- » trai au dehors ce que j'avais teuu caché au dedans. » Ce fut donc alors que M. Olier commença à faire profession d'une vie toute apostolique, et à mépriser les faux jugements du montk, pour embrasser la sainte folie de la croix. Ce n'est pas qu'il regardât comme la voie commune des ecclésiastiques le genre
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ÿ 1631. — M. OLIFR CATÉCHISE LES PAUVRES, 23 extraordinaire de dévouement envers les malheureux qu'on IT vit déployer ; mais il était persuadé qu'il ne pouvait résiser aux mouvements de zèle dont il se sentait pressé, sans ré Sister à Dieu même; et que, de sa fidélité à les suivre, dépoudraient la mesure de sa grâce et tonte la suite de sa voca— tion. Ces sollicitations pressantes le portèrent d'abord à fmiter la conduite extérieure de Jésus-Cnrsr, en faisant profession publique de ses conseils et de ses maximes ; et comme la mission du Sauveur avait eu principalement pour objet les pauvres, qu'il était venu évangéliser , MM. Olier se sentit fortement attiré à leur service , et en Ait dés lors son œuvre de prédilection.
“ Dès ce moment, il s'éloigna tout à fait de la compagnie des
irands, pour se confondre avec les gens du plus bas peuple.
Mloutes les fois qu'il rencontrait des pauvres dans les rues
le Paris, il les abordait avec bonté, et les conduisait ans sa maison pour les instruire. Ceux qui étaient le
lus mal vôtus lui ‘semblaient avoir droit à une plus
rade tendresses il les recherchait à dessein, et leur témoi-
“nait unc vive affection. Les ayant ainsi réunis , il les caté—
ohisait, leur apprenant à chacun ce qu'ils devaient croire et 2 L i
“pratiquer pour arriver au salut, etleur faisait des aumônes
Mproportionuées à leurs besoins. Comme il n’était point enmême engagé dans les ordres sacrés, il pré- Marcit tous ces pauvres à faire des confessions générales, et se
ervait d’un domestique sûr pour les conduire ensuite à un
onesseur dévoré du même zèle, avec qui il s'était lié d’une
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. étroite et sainte amitiés; M. François Renar , fils d’un Mat--
1 re des Requêtes , honoré depuis peu du caractère de la prè- 1 rise, Non content d'instruire en secret tous ceux qui vouion le suivre , il donna bientôt à la capitale un exemple de È éle apostolique inconnu jusqu'alors. S'il en rencontrait qu’il nc jt conduire à la maison de sa mère, il s'arrêtait au mi- Micu des rues, les instruisait en particulier, et leur rendait les
nèncs services. !l en était souvent environné ; car ces mep-
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Ca