PART, 1634. — M, OLIER RECONNAIT LA M. AGNÈS
son ordre, et lui parla d'abord comme à un ecclésiastiqu qu'elle paraissait ne connaitre que par le bruit des œuvresd zèle auxquelles il se livrait dans le pays. M. Olier , désiranM savoir enfin si la mère Agnès n'était pas la personne quilu œité de cette
jmperfections Jui-méme ; et
était apparue, la pria de vouloir bien relever son voile ; ele fondement le leva aussitot, et ce moment fut comme une ouverture au Mrou le plus communications les plus secrètes sur tout ce qui se passa MÿPcaucoup de dans ces deux grandes àmes. M. Olier , frappé de revoir Mint le mettre Langeac la même personne qu'il avait vue à Paris, lui dporca sHRUs ur le champ : Ma mère, je vous a 1 vue ailleurs. Agnès ki hu cile avait ( répondit : Cela est vrai, vous m'avez vue deux fois à Pari 3 oule si con où je vous «ti apparu dans votre retraite à Saint-Lazare, part 4 oiques. g J'ai que j'avais reçu de La sainte Vierge l'ordre de prier pour vol” lité si prolo
conversion, Dieu vous ayant destiné à jeter les premiers fo dilleurs dan dements des séminaires du royaume de France (1). D ‘anis qui
» jour , ayant
Il serait diflicile de se représenter l'abondance des const lations célestes dont l’un et l'autre furent inondés. M. Olier ä paroles Le ; apprenant de la bouche de la mère Agnès les destinées qui J1S4u à l'ex devait remplir dans l'Eglise, en demeura tout confondu ; ei » qu'elle avait sachant qu'il était depuis trois ans l'objet de tant de larmes M” méme des \ d’austérités, il ne mit aucune borne à sa reconnaissance ci pr f'ayaient to vers cile. Agnès de son côté, au comble de ses vœux, ré pandit en actions de grâces les larmes les plus douces, sentjt naître dans son cœur toute l’affection d’une mère pour M. Olier.
Aussi profita-t-elle du court espace de temps qu'elle véuWm” ‘! * Sa man encore, pour perfectionner, dans le cœur du serviteur 1. j publique. J Dieu, l'ouvrage qu'elle avait commencé depuis plusieu LL blaient,|yi années par ses austérités, et par la ferveur de ses prières. Tant” aient de ji ÿes peniten » INOTC@AUX,
» crivait en » défauts, et » si profonds » SC pouvoir (
(Du n'est pas inutile de faire remarquer ici, que cette appr : » disciplines rition est l'objet d’une savante et solide discussion, parmi les pro panes cédures concernant la canonisation de la mère Agnès, et quel» plaies, et sous-promotet . de la foi, après avoir répondu à toutes les difi- ” s
Ités k Ts de FOROR : dd celte chemi cultés , conclut que sa vérité est Lout à fait indubitable : Dubai Requaquam polest quin vera fuerit apparilio, 0 découve
AGNÈS 1634, — 72ÈLE DE LA MÈRE AGNÈS. SES AUSTERITÉS, 47 clésiastiqu s œuvres d'A jmperfections, tantot elle l'exhoriait à mourir entièrement à
Ile le reprenait charitablement, en lui faisant remarquer ses
r, désiran M lui-mème ; et, en toute occasion, elle lui insinuait a nécesonne qui li L sité de cette mort intérieure, ajoutant qu'en cela consistait n voile ; ell 4 le fondement de la vie du chrétien, Enfin son langage et le verture au 4 vœu le plus ordinaire de son cœur étaient de lui souhaiter ai se passa 4 beaucoup de souffrances, de mortifications et de croix. You de revoir: "laut le mettre en participation de toutes ses grâces , elle s’efiris, lui di 1 orça suriwut de faire passer en lui l'amour extraordinaire s, Agnès ll “iu cile avait de l'humilité, vertu dont elle lui offrait, dans fois à Pari “houte sa conduite, des exemples qui peuvent passer pour héazare, part 4 uiques. « J'ai remarqué en elle, écrit M. Olier, ‘ue humier pour voir À » lité si profonde, que je ne crois pas la pouvois dé ouvrir
D ailleurs dans un pareil degré. On ne pouvait : aflliger da-
premiers [or ) vantage que de lestimer ou de la louer, jusque-là qu'un
» jour , ayant vu, dans une lettre, qu'on y disait quelques
» paroles à son avantage, elle en tomba me de d'affliction
) jusqu'à l'extrémité, et demeura longtemps au lit. Le désir
) qu'elle avait d’étouffer toute louange, la portait à dire d'eile-
» méme des choses incroyables, et dans des termes qui ef-
» frayaient tous ceux qui l'écoutaient. Les lettres qu'elle m'é- » crivait en étaient toutes pleines : elle disait avec joie ses » défauis, et les découvrait avec des sentiments d'humilité » si profouds, qu'elle fondait en larmes et qu'elle cût voulu » se pouvoir cacher sous terre : je l'eusse prise à ses discours, » et à sa mauièére d'exagérer ses fautes, pour une pécheresse » publique. Je la voyais parfois pousser des sanglots qui sem- » blaicut lui devoir briser la poitrine, et ses larmes se répan- » daient de ses yeux conne des torrents, les heures cutières. H Ses pénitences font frémir : après s'être déchiré la chair en » IMOrC@aux, et avoir découvert ses os par la violence de ses » disciplines , elle laissait sa chemise de serge se coller sur ses » plaies, et prenait ensuite un plaisir indicible à arracher » Cette chemise et à emporter ainsi la peau jusqu’à laisser ses » 0s découverts. Elle pratiquait toutes ces austérités effrayan-
s douces, 1e mère pour
qu'elle vécu!
serviteur di uis plusieur# rières. Tanti
ue cette app parmi les pro nès , et quekË outes les difitable : Dubitan!
: 1 48 1. PART, 1634.—M. OLIER ESSAIE DE RÉFORMER SES RELIG, 1634. — » tes, pour expier les péchés de quelques âmes dont Din NN Guns perdr » l'avait chargée, regardant à cause de cela leurs péché vec la mère » comme ses propres fautes ; à limitation de Notre-Scigneur ellade, et lui » qui faisait pénitence pour les péchés de tous les hommes, de Notre-S » comme s'il les eût commis. Ainsi cette sainte âme se voyü 6 Etant arriv
» chargée de la confusion et de la honte qui naïssaient de ca $ jeux de vos » crimes, et n'osait lever la tête ni les yeux vers le ciel, tan vailler aux » elle se voyait abominable. C’est l'expression dont elle usa M$ de l'abbave » toujours en parlant d'elle-même ; et, dans ses lettres, elk 1 queles pauv
» ne signait pas autrement qu'Agnès de Jésus, l'abominall. j quelque che » ou gâte-tout. Elle me témoignait souvent qu'elle craignall + cent (de Pa
» de communier pour moi avec ses sœurs, de peur de gàt 4 d'un an, n » le bien que j'eusse pu attendre de leur ferveur. » À grande : elle
Par ces actes si excellents d'humilité et de pénitence, elk n > loir bien do s’efforçait d'attirer les bénédictions du ciel sur les missions (| 3 ) terné à VOS p M. Olier; et, pendant que celui-ci portait aux peuples k à » déchirent Jr
parole du salut, Agnès s'offrait à Dieu pour eux comme un: ne » espérer la gi victime. Dès leur première entrevue, ils commencèrent 6 vœux. L'ab exercer ainsi de concert le zèle apostolique. La mère Agn6M deux petits r Jui dit avant de le quitter : « Comme il n’y a aucune réfornibM > en dépender » parmi les religieux de votre abbaye de Pébrac, efforce-Ù D religicux » € » vous de la procurer au plus tôt, et, pendant que vous vou fruit, comm » y emploicrez, je ferai oraison pour cela. » Il n’en fallut palé Dieu est ver
de « . . ‘3 .
davantage pour déterminer M. Olier à mettre incontinentkl® de cinquante
main à l’œuvre. Depuis longtemps cette abbaye n'offrait plu à teur ; mais, « en effet les exemples d’édification qu'elle avait donnés autre-\l » l'est que pou
fois à l'Auvergne ; la discipline monastique y était entière- We toucher, Mo ment déchue, et l'oubli des règles y avait introduit toute «-@ ce même des pèce de désordres. Pour y faire refleurir les règles primitives F- part s’y ports M. Olier avait essayé, en 1633, de la remettre entre les maini# attirat et qui d'Alain de Solminihac, qui commençait si heureusement h ‘4 si misérablen réforme de l’ordre des Chanoïnes réguliers de saint Augustin, à D et si vous ap dans son abbaye de Chancellade, en Guyenne. Mais Alain - Vous les guér n'ayant pu l’accepter alors , par défaut de sujets, cette négo-M® vous le dema ciation demeura suspendue. 2 conjure à ma
ES RELIG, dont Din urs péché e-Scigneur s hommes, ne se voyal ent de cà le ciel, tan!
nt elle usa lettres, elle ’abominubl Île craignai eur de gâtt .D itence, el
missions d'A
x peuples k
comme un mencèrent :
mère Agni
une réforn ac, efforcez e vous voi
en fallut pal continent ll ‘offrait plié nnés autrt- à Stait entière- 4 uit toute c-# s primitives js tre les mains Pa eusement li 8 t Augustin, Mais Alinh cette nég0- b
14634. — M. OLIER ESSAIE DE RÉFORMER SFS RELIGIEUX. 49 Sans perdre de temps, M. Olier, après sa premiére entrevue vec la mère Agnès , S'adressa de nouveau à l'abbé de Chanellade, et lui écrivit la lettre suivante : « Monsieur, la grâce » de Notre-Scigneur soit dans votre âme et sa gloire à jamais. M Etant arrivéen ce séjour de Pébrac, dans la compagnie de
deux de vos amis ( MM. Barrault et Perrochel ), pour travailler aux missions , nous avons trouvé que les religieux de l'abbaye avaient autant besoin que l'on pensät à ceux, quelespauvres paysans de ces montagnes. Quoique j'en susse quelque chose, ce qui fut l'occasion pour laquelle M. Vincent (de Paul) me fit le bien de vous en écrire, il y a près y d'un an, néanmoins je n'en avais pas une connaissance si © grande : elle m'oblige à présent de vous conjurer de vou- D loir bien donner ordre à ce monastère, Monsieur , pros terné à vos pieds, le cœur percé des plaies dont ces religieux
D déchirent Jésus-Curisr , je redouble mes prières , et j'ose
espérer la grâce pour laquelle j'adresse au ciel de nouveaux vœux. L'abbaye est chargée de dix-huit religieux , dont deux petits novices qui étudient au Puy : les bénéfices qui en dépendent sont nombreux, ils portent jusqu’à quarante religieux , et cinquante en comptant ceux de l'abbaye; le fruit, comme vous pouvez voir , n’est pas petit. Le Fils de Dieu est venu pour une brebés égarée : ayez pitié, Monsieur, de cinquante qui se perdent, et, qui plus est, de léur pas— teur ; mais, que dis-je? de l'ombre de leur pasteur, qui ne l'est que pour les effrayer et les dissiper. Ce qui peut vous toucher, Monsieur, c'est qu’il y en a une douzaine qui ont ce même dessein, etautant que je puis le connaître, la plupart s'y porteraient aussi, s'ils avaient quelqu'un qui les y attirât et qui leur coupât le pain que je consume et dévore | si misérablement. La mission a touché les plus endurcis, et si vous apportiez à présent le baume dans leurs plaies , vous les guéririez sûrement. Je crois, Monsieur, que Dieu vous le demande; pour son misérable serviteur , il vous en Conjure à mains jointes : il jette à vos pieds un bénéfice, b)
0 1, Panr, 1634.,— M. OLIER ESSAIE DE RÉFORMER SES RELIG.
» prieuré simple, des dépendances..., et si cela ne vous agrée,
» il vous fera les conditions telles qu'il vous plaira devant #
» Notre-Scigneur, Si MM. Barrault et Perrochel ne pou-
» vaient mériter la faveur de vous voir, j'espére que vous ne !
» refuserez pas à mes prières de nous envoyer un de vos reli- » gieux pour nous Ccommuriquer vos ordonnances et vos » commandements ; il me fera la faveur de venir au Puy, à » cinq lieues de mon abbaye, et de ménager le tout avec paix,
» Je prie Notre-Seigneur de bénir vos soins et vos charité, | » ordinaires, comme aussi les souhaitset les vœux, Monsieur, LM » de votretrès-humble, très-affectionné et très-obéissant ser- |
» viteur, »
Cette lettre fit sur l'abbé de Chancellade toute l'impression È que M. Olier pouvait s'en promettre. Alain, qui joignait à R
grande austérité de vie un zèle aussi actif qu'infatigable,
une | se mit inicontinent en chemin, et vint à Pébrac au fort des
PAT \fne CUEL 9
chaieurs de F et comme M. Olier ne désirait .îen plus ardemment que d'établir la réforme dans son abhave, il consentit volontiers aux divers articles du concordat qu'ils passérent ensemble : articles qui furent ratifiés par les religieux de l'abbaye, à qui M. Alain de Solminihac s'obligea de faire des pensions jusqu'à leur mort. Enfin, jour ne pas retarder l'exécution de ce dessein, M. Olier fit réparer aussitôt les bitiments afin de les céder en bon état aux religieux de Choncellade.
Après la conclusion du concordat, Alain crut devoir faire part de cet acte au cardinal de la Rochefoucauld, abbé de Saiute-Gencviève, et délégué par le saint-siége pour réformer en France les Chanoïnes de saint Augustin. Il lui écrivit que dans cette affaire , M. Olier Jui avait donné tous les avantages qu'il avait désirés, et tout le revenu, qui s'élevait à sept mille livres, et qui en vaudrait au moins dix après la mort. des rehgieux.
Mais l'esprit de discorde se servit d'un des fermiers. de
l'abbaye pour faire échouer un dessein si salutaire. Ce ferm er,
| ren entreprend
qui probable:
avantages don
AS
prit des relig
Chancollade , «
4 de l'abhaye,
4 À peine le t 0 clrayés à la s | coucr le nouve:
poser, Le père ] pour les Chano 2 que celle de Ch ; auld protégeait À ils prirent le ps À ét, pour loblig
1 dérent à grands
D mande au cardi
2 leconcordat, qi & ble aux intére
M} vint joindre ses
a Considérant, da p que la perte d'u 1 son üils, elle sup) N acte. Peut-ôtre D même l'habit, l ï réforme , car il « à proposition. Q:
D tes, par l'entren | l'effet fut sans de | son fils venait | dressé leur requ( mois, le cardin:
| luait que M. Oli ville le 1er octo:
[les moyens d’éta