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re Esprit, à la gloire de votre Père,
Lorsqu'il commença cette retraite, il était persuadé que les travaux des missions surpassaient de beaucoup ses forces, « Depuis peu, dit-il, mon médecin n'avait déclaré que je , n'étais nullement propré à cet emploi par ma complexion , » et%ue j'ava.s une poitrine si faible, que je ne pourrais faire
autre chose que quelques exhortations à des grilles de re
» lisieuses, EU ce qu'il va eu de remarquable, c'est que
\otre-Scigucur n'a donné un corps et un tempérament
° 1" . ‘ Q L] tout autre que je ne l'avais en ce temps-là, etiln'y a pers
soaue dans notre compagnie qui l'ait si fort que moi ; c’est
un présent du ciel, qui n'ablige bien à servir celui qui me l'a fait.
» Sur la fin de cette retraite, continue M. Olier, je pris
pour sujet de ma dernière oraison, la dévotion à la très-
» sainte Vicrge, et je désirai aller faire cette oraison dans
une chapelle qui luiest dédiée, où je reçus beaucoup de » cousolations. Je me souviens que, m'en retournant ensuite
à Paris, avec M, de Foix, il nous fallut passer la rivière , » mais avec un danger non pareil, dans un petit bateau sur- » chargé d'hommes et de chevaux, et même avec grande agi-
tation de vent, Dans ce péril, j'aperçus à l’autre bord une , ligure de la très-sainte Vierge attachée à une maison ; alors
je dis à mon bon ami : Il n'y a rien à craindre, la sainte » Vierge nous regarde; et je n'eus plus de peur , ce me sem- » ble; c'est la protectrice des corps et des âmes et la tréso- » rière universelle de tous biens. Enfin, apercevant l’église
» de Notre-Dame de Paris , je sentis ce que j'avais éprouvé à l'aspect de la chapelle de Lorette. J'éprouvai des tendresses très-grandes, et je me vis tout rempli de l'amour de ma > bonne maitresse. »
Après cette retraite, M. Olier chercha, parmi les mem-
74 1. panT. 1636, — SECONDE MISSION D'AUVERGNE,
bres de la Conférenre de Saint-Lazare, des coopérateurs pour le seconder dans ses nouvelles missions, et parvint, non sans difliculté, à composer sa petite troupe. Saint Vincent de Paul lui donna encore, pour l'aider, plusieurs de ses ecclésiastiques, dont l'un devait être regardé comme le supérieur ds ces missions , à cause de son âge, et de sa longue expérience, Les parents de M. Olier étaient occupés alors du mariage de son frère ainé avec Marie Roger, fille de Nicolas Roger, chambellan de la reine Marie de Médicis. [ls avaient négoci long- temps cette affaire, à la conclusion de laquelle ils mettaient tous une grande importance ; et c'était à M. Olier qu'ils en devaient l'heureuse issue, malgré leurs procédés à son égard. Quand il eut pris toutes ses mesures pour son voyage, rien ne put l'arrêter à Paris : on le pressa en vain de retarder un peu son départ, pour assister à la célébration du mariage, qui devait se faire au premier jour. « Je me contentai d'assis
» ter aux articles du contrat, dit-il, et je partis la veilk
» même des noces. » Ses parents et surtout sa mère, déjà si hautement prononcés contre cette vice pauvre et apostolique, lui firent essuyer , dans cette rencontre, tout le ressentiment de leur orgueil humilié; car ils ne pouvaient souffrir qu'il
paraissait beaucoup au-dessous de la condition d'un homme qui venait de refuser l'épiscopat. « Le jour que je partis pour
» l'Auvergne, ajoute-t-il, ayant été maltraité de ma mère, Ba
» à cause de nos emplois, je m'en allai à mon ordinaire à » Notre-Dame pour prendre congé de la sainte Vierge. Dès » que je fus devant son image, je lui dis qu'elle était ma vrait » mère, et qu'il lui plût de me donner sa sainte bénédiction; » etil me semble qu’elle me reçut avec beaucoup de caresses,
» et qu'elle me confirma dans cette confiance. Ayant pris a Ba
» bénédiction, je me mis en voyage, accompagnant à chevd » messieurs de la Mission, qui étaient dans le coche, et je fs » dix à onze journées entières sans avoir une heure de plui » ni même de soleil, en étant toujours défendu par les nus-
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