‹ Vie de M. Olier, fondateur du Séminaire de Saint-Sulpice [microforme] (volume 3)Chapitre 58 sur 235 · MESSIEURS · texte numérisé non relu

MESSIEURS

« Je ne‘puis être plus long-temps absent de votre comp+ | » gnie sans vous rendre compte de nos travaux. La mission Pa » commença le dimanche après l’Ascension, et elle a durk : » jusqu'au 15 de ce mois. Ce jour qui était la fête patronakk 3 » du lieu, on voulut que le soir, en présence du très-sainth# » Sacrement , ;’adressasse les adicux au peuple : ce qui se ftÆ » avec toute révérence pour la majesté du Dieu qui prés-Ru » dait, et aussi avec tant de larmes et de soupirs, qu'il fau- È » drait, je pense, y avoir été pour le croire. Dev soit béni'&

» La même chose était arrivée lorsque nous fimes la proces » sion des petits enfants, et au moment de leur communion.

» Au commencement, le peuple venait, selon que not » pouvions le souhaiter, c'est-à-dire autant que nous pou- » vions suffire à l'entendre en confession; et cela, Messieurs, » avec de tels mouvements de grâce , que, de tous côtés, il

» était aisé de savoir dans quels endroits les prêtres confes-B

» saient les pénitents : les soupirs et les sanglots de ceux » se faisant entendre de toutes parts. Mais, sur la fin, le peu- » ple nous pressait si vivement, et la foule était si grande,

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1636. — SECONDE MISSION D'AUVERGNE. 79 » qu'il nous fallait parfois douze ou treize prêtres pour sub- . veuir à l'ardeur de ce zèle. On voyait ce bon peuple de- » meurer dans l'église sans boire ni manger, depuis la , pointe du jour jusqu'à la dernière prédication, malgré la « chaleur, qui était extraordinaire, attendant la commodité de » se confesser, Quelquefois, en faveur de ceux qui venaient » de loin, nous étions contraints de faire deux heures, et e plus, de catéchisme, et tous en sortaient aussi affamés qu'en , yentrant : cela nous laissait tout confus. !T fallait faire le » catéchisme de la chaire du prédicateur, n'y ayant point de » place dans l'église, et même les environs du cimetière, les » portes et les fenêtres étant chargées de peuple ; la même + chose se voyait au sermon du matin et à celui du soir, qu'on

® » nomme le grand catéchisme ; sur quoi je ne puis rien dire,

» sinon ces paroles : Benedictus Deus! Benedictus Deus ! Béni CAL

4 » soit DiEu, qui se communique si libéralement à ses créa-

» tures, et surtout aux pauvres ! Car, Messieurs , nous avons “ » remarqué que c'est particulièrement en eux qu'il réside, et » pour eux qu'il demande le secours de ses serviteurs , afin » d'achever par leur ministère ce qu’il n’a pas accoutumé de * » faire seul, je veux dire l'instruction et la conversion totale + » de ses peuples. Messicurs, ne refusez pas cesecours à Jésus ; dvil ya trop de gloire à travailler sous lui, et à contribuer au { » salut des âmes, et à la gloire qu'il doit en retirer pendant À, toute l'éternité. Vous avez heureusement commencé, et vos » premiers exemples m'ont fait quitter Paris ; continuez dans » ces divins empiois, puisqu'il est vrai que, sur la terre, il n’y » a rien de semblable. Paris, 6 Paris ! tu amuses des hom-

ir mes qui convertiraient plusieurs mondes, Hélas! dans

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