‹ Vie de M. Olier, fondateur du Séminaire de Saint-Sulpice [microforme] (volume 3)Chapitre 65 sur 235 · SECONDE MISSION L'AUVERGNE · texte numérisé non relu

SECONDE MISSION L'AUVERGNE

abbave, soulevèrent contre lui tous es libertins du canton, qui

ne voulaient pas entendre parler de mission etde réforme, En-

fin, les mit x disposés n'osaient prendre parti pour lui, voyant

qu'il avait à lutter contre des ennemis que leur force et leur

audace rendaient redoutables, « Je me voyais environné,

Lo

dit-il, de la noblesse de France la plus violente et la plus animée contre moi, tant à cause de mon bien d'église, auquel ils portaient envie, qu'à cause des emplois que je venais de remplir, Je n'avais donc que Dieu seul pour moi, et, sans doute, Il était assez fort pour me défendre, IF y avait dans les environs, une douzaine de gentilshommes qui veuaient pour intimider les paysans, lorsque je voulais donner les fermes au plus offrant, et qui les empêchaient, par leurs meuuces, d'enchérir sur le prix, afin qu'à leur défaut je me visse obligé de remettre entre leurs mains les terres de mes bénéfices. J'avais affaire moi seul à l'homme du monde le plus dangereux, qui me suscitait toutes ces traverses ; il s'était rendu redoutable à tout le pays par ses actes de violence , surtout depuis un attentat audacieux qu'il avait commis , Montmorency, oncle ou cousin du duc de ce nom qui a été décapité. »

Dans le temps même où l'orage formé contre M. Olier, par

MI ies gentilshommes des environs de Pébrac, grondait le plus de contre lui, il éprouva combien Dieu se plait à adoucir, en fa- 4 veur des siens, les hommes les plus féroces, et à changer pour & eux les loups en agneaux. « Par une conduite admirable de la ieurs habi à

protection de Dieu, qui favorise ses moindres petits serviteurs, dit-il, sur la fin d'une grande maladie que j'eus après nos missions, le gentilhomme le plus intraitable et le plus dangereux dont j'ai parlé, vint me visiter dans mon lit, me témoignant par ià son déplaisir pour toutes les peines qu'il m'avait causées ; il était accompagné de sa femme et de trois de ses filles, les seules qu'il eût alors dans le pays. Ce trait me fit singulièrement admirer et adorer la provi-

en poignardant, dans son lit, un M, de

ne a im

at D ne nt

86 1. PanT, 1637.—$, FRANÇOIS DE SALES LE DÉL, D'UNE MAL,

» dence de Dieu, qui humilie, comme il lui plait, et exalte les |

» siens selon so" bon plaisir, »

La maladie de. ‘arle ici M. Olier, fut une nouvelle occasion qui lui donna seu d'admirer la providence de Dieu à son égard. Il en fait lui-même le récit en ces termes : « Après » avoir travaillé dix-huit mois dans les emplois des missions, » je disais à l'un de mes amis : I] ne me manque que quinæ » jours de maladie pour avoir un témoignage bien assuré que » Notre-Scigneur a agréé nos travaux. Or, il arriva que pri » cisément le dernier jour de notre dernière mission, celle » de la Motte-Canillac, petite ville d'Auvergne, m'en re- » tournant à mon abbaye, je me sentis dans un certain étatde » paix que je n'avais jamais éprouvé en pareille circonstance; » Carje n'avais aucune peine, et jusque-là cependant j'en avai » été environné, Il me semblait même que les croix étaient uw » appui et une force non pareille pour mon âme ; sans elles, » j'étais tout débile : en sorte que, me voyant pendant quel » ques instants sans peines el sans tribulation, je me trouva » si chancelant que je n'en pouvais plus, et qu’ilme sembhi » que tout allait se perdre. Mais mon désir eut aussitôt son » accomplissement ; car arrivant à Langeac, petite ville à un » lieue de mou abbaye, et entrant dans l'église du monastir

me mu ip niistgilhe um ls Psion ir à 1e

GA P mm

» où avait vécu et où était enterrée la bienheureuse sœuba » Agnès, qui m'avait prédit tant de croix, je fus saisi d'un

» mal de tête excessif, qui fut le commencement d’une grankk

» maladie. Dès que je fus frappé de ce mal, je me sent pa

» porté à faire un vœu à Monseigneur de Genève, pour lt » recouvrement de ma santé, et aussitôt il me sembla qu

» j'en étais assuré. Il me souvient que, tout d'un cou, » très-assoupi, ayant aperçu, comme au dedans de nul, » quelqu'un qui m'avait béni et donné assurance que je » mourrais pas de cette maladie, j'appelai promptement map

» bon ami M. de Foix, que quelques mois auparavant j'avahe » fait venir de Paris, et je lui dis : Je ne mourrai pas. ;alkf

» chercher le saint Sacrement à l’église du monastère, No È

Page 1