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1637.—48, FRANCOIS DE SALES LE DÉL, D'UNE MAL. 87 » étions dans la chambre de l'aumoônier, et, comme il était » deux heures du matin, il n'aurait pu, sur l'heure, me pro- , curer ce bienfait s'il était allé ailleurs, Cependant le mal de- » vint si violent, que les médecins me condamnèrent ; et, ne » trouvant plus de remède dans leur art, l'un d'eux en essaya » un qui réussit si mal, qu'il me fit tomber en apoplexie ; » pendant ce temps, on tâcha de me confesser, mais je ne ré- » pondais qu'à demi, et enfin je perdis tout-à-fait la parole, » On enfonçait des lancettes très-avant dans mes épaules, sans » que je parusse en ressentir la moindre impression ; et, » comme on croyait que je touchais à ma dernière heure , on » m'administra les saintes huiles, Je me souviens que, dans » cet état, ayant perdu la parole et l'ouïe, je répondais cepen- » dant quand on prononçait lenom de Jésus, comme aussi au » pom de Va très-sainte Vierge que j'appelais ma maman , » comme un enfant ; car je n'avais pas l'usage de la raison. » C'était mon bon ami M. de Foix quiusaitde ce stratagéme, » sachant bien que rien ne pouvait me réveille: le cette lé- » thargie que ces noms ; et même, en ce temps-là, lenom de » la très-sainte Vierge plus particulièrement que tout autre, » On était fort étonné de ne m'entendre rien répondre à tout » Je reste, mais seulement à ces belles paroles, qui me péné- » traient le cœur , et faisaient ce que mille glaives perçants » n'eussent pu faire. Cette parole touchait la partie de » l'âme qui n'était point engagée dans le mal, et qui ne se » sentait point de l'assoupissement du corps. Je pense que » notre maître veut que la sainte Vierge ait part à tous les » biens du corps et de l'esprit, qu'il fait dans le monde, » comme le dit saint Chrysologue, »
» J'éprouvai bien, dans cette maladie, la vérité de cette pa- » role, où Notre-Seigneur promet de rendre au centuple ce » qu'on aura quitté et sacrifié pour lui. Étant réduit à l'ex- » trémité, dans les lieux les plus déserts et les plus éloignés de » ma famille, Dieu voulut m'assister du secours de sa provi- » deuce, en récompense de mes travaux pour lui, et me pro-
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881, panT, 1637.— 58, FRANCOIS DE SALES LE DÉL, D'UNE MAL, » curer des soulagements si admirables, qu'il n'y a rien de » pareil dans le secours humain, Le jour même, ou la veill » de mon arrivée à Langeac , il vint, dans cette ville, deux » excellents médecins comme tout exprès pour moi; Fun, » de deux cents lieues, sans y avoir été appelés Faure » avait été mandé pour assister la petite fille du seigneur d) » la ville, Ce fut une nouvelle marque de la providence {| » mon maitre à mon égard, que limpossibilitéouelle me mi » de passer outre pour aller à mon abbaye, Sans doute je ne » pouvais ÿ être humainement secouru, à cause de la violence » extrême de mon mal, qui, en deux ou trois jours, pens » m'oter la vie : or, ces habiles médecins, en servant a fille » du seigneur, m'assistaient aussi moi-même très-soigneuse- » ment; le monastère étant fort proche de la maison seigneu- » riale, Pour une mère, une sœur et deux frères que j'a- » vais quittés, je trouvai des personnes sans nombre qu » avaient pour moi une charité plus que de sœur, de frère el » de mère; les services que je recevais étaient accompagné » d'une charité si désintéressée et si pure, qu'il n'y avait que » Dieu tout seul autour de moi. Je n'avais que faire de ma » famille; j'avais celle de Dieu, mon père, qui pourvoyait à » mes besoins avec abondance et profusion , tellement qu » non-seulement le Fils de Dieu accompliten ma faveur cette » prophétie, qu’on recevra cent pour un en quittant pour lui » la chair et ce qui lui appartient ; mais il me rendit, pour » les personnes que j'avais quittées, d'autres personnes in- » comparablement plus saintes, plus utiles à mes besoins, « » plus grandes devant sa majesté ; surtout mes amis qui nm » secoururent constamment, et me furent plus frères que tous » mes frères. Comme aussi ces bonnes religieuses de Lan- » geac, héritières des sentiments de sœur Agnès, qui n'épar- » gnèrent rien pour mon soulagement; les prières, les lar- » mes, les disciplines, et toutes les inventions dont l'amout » se sert pour obtenir de Dieu quelques grâces ; ce furent lei » moyens qu'elles employèrent pour obtenir ma guérison.
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