I. PARTIE. 1008. — NAISSANCE DE M. OLIER
Celui dont nous écrivons la vie, naquit à Paris, un samedi, 20 septembre 1608, et fut baptisé le même jour dans l'église de Saint-Paul, où il reçut le nom de Jean. C’estle seul que lui attribuent les registres qui fent foi de son baptéme, quoiqu'il ait porté aussi eelui de Jaeques , qu’il prit peutêtre en recevant le sacrement de confirmation, selon la coutume reçue dès lors. Peu après qu'il eut été consacré à Dieu par cette nouvelle naissance , on le porta au faubourg Saint- Germain pour y être nourri, Dieu voulant apparemment, que le licu de sa première éaucation füt la paroisse même de Saint-Sulpice , au renouvellement de laquelle il devait se consacrer tout entier, et qu'il contractât ainsi, dès le berceau, une affection particulière pour ce lieu, où il devait engendrer lui-même un si grand nombre d'enfants à l'Eglise. « De tout » temps, dit-il, Dieu m'a séparé de la famille ; il m'a tenu » éloigné de bonne heure de la maison, n’y ayant point été » nourri, mais au faubourg Saint-Germain, dans la rue Saint- » Sulpice (4), où il semble que Dieu prenait plaisir à me faire » respirer l'air de mon église, et du lieu où il &ésire que je le » SCFve. )
Ce fut là que, dès l'age le plus tendre, ii donna les premicrs indices de sa vocation au service des autels, et de cette religion profonde qui paruten luiavec tant d'éclat dansla suite. Sa mére, lorsqu'elle le portait dans son sein, eut un songe qui la frappra beaucoup , à cause du rapport qu'il paraissait avoir avec celui que l'on raconte de la mère de saint Dominique. Durant son sommeil , elle crut voir un flambeau ardent qui poussait sa flamme sur un globe et qui l'embrâsait. Si madame Olier n'alla pas jusqu’à se persuader que ce flambeau fat un signe du zèle et de la charité que son enfant devait un jour répandre dans l'Eglise , elle commença du moins à
(t) La rue Saint-Sulpice, ainsi appelée , parce qu’elle conduisait à l'église de ce nom , est connue aujourd’hui sous le nom de rue des Cauettes, qu'elie pril d’une enseigne où trois canettes étaient représentées,
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