‹ Vie de M. Olier, fondateur du Séminaire de Saint-Sulpice [microforme]Chapitre 103 sur 332 · UNION DE LA MÈRE AGNÈS AVEC M. OLIER · texte numérisé non relu

UNION DE LA MÈRE AGNÈS AVEC M. OLIER

sur les vertus: en effet, ces flammes ardentes de charité, qui, s'échappant de la mère Agnès, allérent au loin et jusqu'à Paris opérer cette conversion admirable, tandis que cette sainte fille demeurait cachée dans son monastère, se rapportent directement au fait de l'apparition, et ne tombent que sur ce fait, comme on le voit par toute la procédure. Mais la suite du récit que nous avons interrompu en confirmera encore la vérité,et montrera, dans l'union de la mère Agnès avec M. Olier, l'ouvrage de la miséricorde et de la sagesse divines. Cette union de grâce, qui avait pour fin d'élever le serviteur de Dieu à la perfection la plus éminente, et de faire passer en lui le zèle dont brûlait la mère Agnès (1), n'est pas sans exemple dans l’histoire des hommes apostoliques. Elle est tout-à-fait semblable à celle que l'Esprit saint avait formée entre saint Jean-de-la-Croix et sainte Thérèse, et dont le but était aussi de communiquer au réformateur du Carmel le zèle de cette vierge séraphique, et de le rendre, par ses exhortations, le digne instrument des desseins de Dieu. On peut admirer ici la conduite de la divine providence : pour préserver les hommes apostoliques du poison de l'orgueil, qui corrompt jusqu'aux œuvres les plus saintes, elle leur associe quelquefois, comme cause nécessaire de leurs succès, les instruments les plus faibles en apparence ; elle attache à la prière ardente d'une simple femme, la grâce divine qui éclaire, touche et convertit : effets que toute l’éloquence et tous les moyens humains s'efforceraient vainement de produire. Telle est la part que Drev a voulu donner quelquefois à plusieurs saintes fernmes dans les travaux des hommes apostoliques, incapables qu'elles étaient de remplir dans l'Eglise un ministère public : elle est aussi celle que la mère Agnès a eue dans ceux de M. Olier, et c'est le principal fondement des éloges du clergé de France, que nous

avons rapportés’. Il serait difficile de se réprésen-

Union toute céleste que Dieu formeentre la mère Agnès et M.

Olier.

(1) Vie Ms. ib.

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* NOTE 9, Mie ET A 128. HE

(1) Vie de la mère Agnès, in- 4, p. 507.

(2; Vie admirable de sœur Agnès de Jésus, tu, D vi, ch 1.

\3) Vie Ms. de M. Olier, par M. de Bretonvilliers,t.1,p.110,

L'Année Dominicaine, tbid.

La mère Agnès exerce M. Olier à la mortification et à l'humilité.

(4) La Vie ad mirable de sœur Agnès de Jésus, t.n, Ms.

(>) L'Ann, Dominicaiine, elc.

— Remarques historiques,t.n, p. 459. — Vie Ms. de M. Olier, par M. de Bretonvilliers, t, 1, p. 114, 115.

* NOTE 10

ter l'abondance des consolations célestes dont l'un et l'autre furent inondés (1). M. Olier, apprenant de la bouche de la mère Agnès les destinées qu'il devait remplir dans l'Eglise, en demeura tout confondu : et, sachant qu'il était depuis trois ans l'objet de tant de larmes et d'austérités (2), il ne mit aucune borne à sa reconnaissance et à sa soumission envers elle. Agnès de son côté, au comble de ses vœux, répandit en actions de grâces les larmes les plus douces (3), et sentit naître dans son cœur toute l'affection d'une mère pour M. Olier.

Aussi profita-t-elle du court espace de temps qu'elle vécut encore, pour perfectionner, dans le cœur du serviteur de Dieu, l'ouvrage qu'elle avait commencé depuis plusieurs années par ses austérités et par la ferveur de ses prières (4). Tantôt elle le reprenait charitablement, en lui faisant remarquer ses imperfections , tantôt elle l'exhortait à mourir entièrement à lui-mème: et, en toute occasion, elle lui insinuaïit la nécessité de cette mort intérieure, ajoutant qu'en cela consistait le fondement de la vie du chrétien. Enfin son langage et son vœu le plus ordinaire était de lui souhaiter beaucoup de souffrances , de mortifications et de croix (5)*. Voulant le mettre en participation de toutes ses grâces, elle s'efforça surtout de faire passer en lui l'amour extraordinaire qu'elle avait de l'humilité, vertu dont elle lui offrait, dans toute sa conduite, des exemples qui peuvent passer pour héroïques. « J'ai remarqué en elle, écrit M. Olier, » une humilité si profonde, que je ne crois pas la » pouvoir découvrir ailleurs dans un pareil degré. » On ne pouvait l'affliger davantage que de l'esti- » mer ou de la louer, jusque là qu'un jour, ayant » vu, dans une lettre, qu'on y disait quelques pa- » roles à son avantage, elle en tomba malade d'af- » fliction jusqu'à l'extrémité, et demeura longtemps » au lit. Le désir qu'elle avait d'étouffer toute » louange la portait à dire d'elle-même des choses

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