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M.Olier écrit
à M. Alain de Solminihac.
(1) Lettres aut, de M. Olier. Cop.
p. 68, 69 — Mém. pour servir à l'histoire du vénér. Alain de Solminihac, liasse 1, n°31.
— Archives de la cathédrale deCahors.
Concordat entre l'abbé de Chancellade et M. Olier.
(2) Le 24 du mois de juin.
(3) Histoire des Chanoines réguliers de la congrégation de France, t. in, ch. xLvI1, p.712, 113, Ms. — Re.
glements du card. de la Rochefoucauld , t, xu, fol, 296.
» La mission a touché les plus endurcis, et si vous » apportiez à présent le baume dans leurs plaies, » vous les guéririez sûrement. Je crois, Monsieur, » que Dieu vous le demande; pour son misérable » serviteur, il vous en conjure à mains jointes : il » jette à vos pieds un bénéfice, prieuré simple, des » dépendances..., et si cela ne vous agrée, il vous » fera les conditions telles qu'il vous plaira devant » NOTRE-SEIGNEUR. Si MM. Barrauilt et Perrochel * ne pouvaient mériter la faveur de vous voir, j'es- » père que vous ne refuserez pas à mes prières de » nous envoyer un de vosreligieux pour nous com- » muniquer vos ordonnances et vos commande- » ments; il me fera la faveur de venir au Puy, à » cinq lieues de mon abbaye, et de ménager le tout » avec paix. Je prie NoTRE-SEIGNEUR de bénir vos » soins et vos charités. ordinaires, comme aussi les » souhaits et les vœux, Monsieur, de votre très- » affectionné et très-obtissant serviteur. Olier, abbé » indigne de Pébrac (1). »
Cette lettre fit sur l'abbé de Chancellade toute l'impression que M. Olier pouvait s'en promettre. Alain, qui joignait à une grande austérité de vieun zèle aussi actif qu'infatigable, se mit incontinent en chemin, et vint à Pébrac au fort des chaleurs de l'été; et comme M. Olier ne désirait rien plus ardemment que d'établir la réforme dans son abbaye, il consentit volontiers aux divers articlés du concordat qu'ils passèrent ensemble (2). M. Olier lui céda tout ce qu'il put désirer : le bien et tout le revenu de l'abbaye, le logis abbatial, la disposition de tous les bénéfices, et mème le prieuré de Vieille- Brioude, qu'il s'obligea de faire unir dans six mois à la mense conventuelle, par l'évèque de Saint- Flour, conventions qui furent consenties par les religieux de l'abbaye, à qui M. Alain de Solminihac s'obligea de faire des pensions jusqu'à leur mort (3). Enfin, pour ne pas retarder l'exécution de c: dessein, M. Olier commença aussitôt à faire réparer les
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de vieun ontinent ileurs de plus arabbaye, du con- Olier lui ut le reposition e Vieille- SiX MOIS e Saintpar les minihac ort(3).
cc desparer les
bâtiments, afin de les céder en bon état aux religieux de Chancellade.
Alain, avant de retourner en Guyenne, désira de s'entretenir avec la mère Agnès de Langeac; il en demeura si frappé, qu'il avait coutume de dire depuis : Je n'ai jamais connu d'esprit qui eût de si particulières communications avec Dieu (1). Aussitôt après la conclusion du concordat, ilcrut devoir faire part de cet acte au cardinal de la Rochefoucauld (2), abbé de Sainte-Geneviève, et délegué par le Saint- Siége pour réformer en France les Chanoines de Saint-Augustin (3). Il lui écrivit le 29 juin, que dans cette affaire M. Olier lui avait donné tous les avantages qu'il avait désirés, et tout le revenu, qui s'élevait à sept mille livres, et qui en vaudrait au moins dix après la mort des religieux. «II y a » aussi, ajoutait-il, un prieuré dépendant de cette » abbaye, dans un bourg appelé Poliniac, à un » quart de lieue de la ville du Puy, dont on pourra » faire un beau séminaire de religieux, qui servira » pour remplir toutes les maisons de ces quartiers; » et c'est un des principaux motifs qui m'a fait faire » ce traité.»
Mais l'esprit de discorde se servit d'un des fermiers de l'abbaye pour faire échouer un dessein si salutaire. Ce fermier qui probablement n'eût pas trouvé sous la réforme les avantages dont il jouissait sous M. Olier, prévint l'esprit des religieux contre le traité conclu avec l'abbé de Chancellade, et le leur fit envisager comme la ruine totale de l'abbaye. Il lui était plus aisé qu'à tout autre de gagner ces religieux, obligés de tout recevoir de sa main; car le fermier de la seigneurie de Pébrac était chargé de les nourrir et de les entretenir luimême, comme s'il eût été leur économe (4). Le mécontentement des religieux éclata bientôt. Sa-
(1) Mém. pour servir à l'histoire du vénér.
Alain de Solmi nihac, liasso 7, — Lettres aut.
de M, Olier, p. 69.
(2) Histoire des Chanoïines réguliers, etc., tan, p.713,714.
Alain de Solminihac, liv, 1, ch, xxt,
Un fermier de l'abbaye rend inutile le concordat.
(4) Assance pour l'abbé de Pébrac contre
chant d'où partait le mal, M. Olier écrivit au chef #eyronnem,
de la justice du lieu pour se plaindre de la conduite de ce fermier, et lui recommander la cause, sans
fermier de la Seigneurie, pièce m8.
(1) Lettres aut.
de M. Olier, p. 635.
* NOTE 15, p. 130.
entrer néanmoins dans le détail des griefs. « Je entre » suis si peu entendu aux affaires, lui dit-il, que je de " sur-
» n'ose vous parler du particulier de celle-ci. Je me
» contente, Monsieur, de me présenter à vous pour prena » en recevoir justice, et vous supplier de trouver leur » bon que je vous offre seulement ce que ma condi- même » tion m'apprend d'offrir pour les juges de la terre, nance » les sacrifices et les chétives prières d'un très transp » humble serviteur (1). » vant, Malgré toutes ces précautions, le traité avec d'étab l'abbé de Chancellade venait à peine d'être conclu FIGD- 61 que les religieux de Pébrac revinrent aussitôt sur ‘
leurs pas. Ne voulant plus céder le monastère où ils vivaient au gré de leurs désirs, et effrayés à la seule idée de réforme, ils prirent occasion de ce concordat pour secouer le nouveau joug qu'ils avaient voulu un instant s'imposer. Le Père Faure Ctablissait alors, à Paris, une réforme pour les Chanoines réguliers de Saint-Augustin, plus douce
peine
Cette M. Olid Pébrac que le pables
que celle de Chancellade , et que le cardinal de La se #2 Rochefoucauld protégeait de toute son autorité. Hi j
Dans cette extrémité , ils prirent le parti dese jeter
entre les bras de ce religieux, et, pour l’obliger de de abB se déclarer leur protecteur , ils demandérent à Die LS, grands cris sa réforme. Ils firent aussi la même E SE demande au cardinal de La Rochefoucauld, par un pe acte capitulaire du 1 août 1634, en protestant gulière
contre le concordat, qu'ils dépeignaient comme un Lo da acte très nuisible aux intérêts de leur monastère. bi ik La mère de M. Olier vint joindre ses prières aux L #1:40 instances de ces religieux ; ne considérant, dans le “ TT. concordat avec l'abbé de Chancellade, que la perte Es sp d'un riche bénéfice aui s'échappait des mains de sb de son fils, elle supplia le cardinal d'empêcher l'exé- ke os cution de cet acte. Peut-être craignait-elle encore ct que M. Olier ne prît lui-même l’habit, pour dé- he él terminer ses religieux à embrasser la réforme ; car pi ds il est certain qu'illleur fit dans un temps cette pro- à ai
position*. Quoi qu'il en soit , elle obtint sur ces
fs. « Je , que je . Je me us pour trouver a condila terre, un très
ité avec e conclu sitôt sur stère où yés à la »n de ce ag qu'ils re Faure pour les lus douce al de La autorité.
de se jeter bbliger de idèrent à la même a, par un protestant omme un onastère.
ières aux , dans le e la perte ains de er l'exéle encore pour débrme ; Car ette progur ces
entrefaites, par l'entremise du cardinal, une lettre
de cachet (1), dont l'effet fut sans doute d'arrêter (FH Lena
sur-le-champ les mesures que son fils venait de 44 p.207.
prendre. Les religieux de Pébrac avaient dressé
leur requête le 1° du mois d'août ; et, le onze du
même mois, le cardinal rendit à Paris une ordon-
nance où il statuait que M. Olier, leur abbé, se
transporterait dans cette ville le 1‘ octobre sui-
vant, pour règler, de concert avec lui, les moyens
d'établir cette réforme. Défenses étaient faites de (2)Règlem.du
rien entreprendre dans l’abbaye au préjudice de la A
demande formée par les religieux, et même d'y txn, p. 308. —
recevoir personne à l’habit ou à la profession, sous M as
peine de nullité. (2). Pari reg Cette mesure anéantit toutes les espérances de XV.
M. Olier, et ne servit qu'à enhardir les religieux de Cette affaire
Pébrac dans le mépris de leurs observances. Soit fitconnaitrela
que le Père Faure n'eût point alors de sujets ca- haute vertu de
pables d'établir sa réforme dans ce monastère, soit M: Olier.
que M. Olier fit difficulté de les y recevoir, comme ,, (9) Année Do-
il s'en expliqua dans la suite, toutes ces procé- — Remarques
dures n'apportèrent aucun changement au régime historiq., " ni
de l'abbaye de Pébrac (3), et pensérent détruire de Fi er
fond en comble la congrégation de Chancellade”*. t: vn, col. 1017.
Le Père Faure et ses religieux eurent cependant :, Mie ii
toujours pour M. Olier les sentiments d'une sin-
gulière vénération. Malgré l'opposition qu'il té—
moigna pour la réforme mitigée de Sainte-Gene-
viève, ils le qualifient, dans leurs Annales : un saint
abbé, dont la mémoire est en bénédiction parmi tous
les gens de bien, un pasteur qui fut animé d'un zèle
égal à sa vertu, pour établir l'honneur et le culte de
Dieu dans toutes les Eglises que la Providence avait
mises sous sa conduite (4). Cette négociation donna (4) Hist. des
aussi occasion à M. Alain de Solminihac d'admirer Chanoines régu-
l vertu de M. Olier : il conçut alors de lui une gi Hertp-7ll,
haute estime pour son zèle à s'acquitter des obli-
gations de sa charge, qu'étant évêque de Cahors,
il ne craignait pas de le proposer pour modèle à
ses curés, le comparant même à saint Charles, ar-
chevêque de Milan ; et un jour, peu après la mort
de M. Olier, leur parlant de son zèle dans l'exer-
cice des fonctions pastorales , il leur dit ces pa-
(1) Vie de M. roles: M. Olier a été tout à sa charge; et comme ça Alain de Solmi- Gé Ja cause de sa sanctification, ce sera le motif de
nihac, livre n, ; à chap. xv1. sa canonisation (1).