‹ Vie de M. Olier, fondateur du Séminaire de Saint-Sulpice [microforme]Chapitre 128 sur 332 · LE P. DE CONDREN DOIT FORMER M OLIER · texte numérisé non relu

LE P. DE CONDREN DOIT FORMER M OLIER

ce qui est plus considérable, le cardinal de Bérulle, doué lui-même de tant de dons de la grâce, et si éclairé dans la science des Saints, se prosternait quelquefois à terre en passant devant la chambre du Père de Condren, pour baiser les vestiges de ses pas ; et il écrivait à genoux et tête nue ce qu'il lui avait entendu dire (1). Saint Vincent de Paul n'en avait pas une moindre estime: « Il m'en a » parlé souvent en des termes qui paraitraient in- » croyables , dit M. Olier ; et je me souviens qu'il », me dit à son sujet: Il ne s'est point trouvé un » homme semblable à lui, non est inventus similis » illi, et mille autres choses semblables ; jusque là » que, lorsqu'il apprit sa mort, se jetant à genoux » et se frappant la poitrine, il s'accusait, les larmes » aux yeux, de n'avoir point honoré ce saint homme » autant qu'il méritait de l'être (2). » Enfin sainte » Chantal, après quelques entretiens qu'elle eut » avec le Père de Condren, fit de lui cet éloge, le » plus beau qu'on puisse faire d'un homme mortel: Si Dieu a donné à l'Eglise notre bienheureux fondaleur pour instruire les hommes, il me semble qu'il a rendu le Père de Condren capable d'instruire les anges (3). En effet, l'un des privilèges de ce saint personnage a été, selon la remarque de l’un de ses historiens, d'avoir dirigé un grand nombre d'âmes des plus éminentes de son siècle*. « Dieu l'avait » fait pour les Saints, dit-il, et l'avait rendu capa- » ble de les conduire à la perfection la plus sublime:

» il n'était point de voie de sanctification si extra- di

» ordinaire qu'il ne comprit d'abord , et il en con- » naissait de tant de sortes, qu'il croyait que le » nombre des Saints de nos jours, quoique plus » caché, égalait cependant celui des premiers siè- » cles de l'Eglise (4). »

Tel fut le digne successeur du Père de Bérulle, l'héritier de son esprit. Non moins éclairé sur la vocation de M. Olier que ne l'avait été la Mère Agnès de Langeac, il reconnut en lui l’un des ins-

(1) Cloysault, Vie Ms.t. 1, p.

(2) Mém. aut.

de M, Olier, t. u, p. 255, 256.

(3) Cloysault, Ibid. p. 264.— Mémoires de M.

du Ferrier, p.

134. — Vie du Père deCondren, par Caraccioli, in-12 p.123,124.

+ NOTE 7, p.

(4) Cloysault, Vies Ms. t.1. Vie du père de Condren, |. vu, pag, 307, 308.

Le Père de Condren forme M. Olier et quelques ec-

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