‹ Vie de M. Olier, fondateur du Séminaire de Saint-Sulpice [microforme]Chapitre 139 sur 332 · LE P. DE CONDREN LUI COMMUNIQUE SON ESPRIT · texte numérisé non relu

LE P. DE CONDREN LUI COMMUNIQUE SON ESPRIT

» de personnes lui échappaient. Il en a retiré un » grand nombre de l'hérésie. Il a converti une quan- » tité d'âmes, il en a éclairé une infinité; et celles » qu'il n'a pas achevé d'instruire pendant l'infirmité » de la chair, il les perfectionne maintenant qu'il » est dans le ciel, agissant dans la vertu, la splendeur et l'efficace des Saints... Je dis ceci avec re- » connaissance à la divine Majesté, de m'avoir mis entre les mains de ce grand homme, d'un homme »si divin, d'un homme tout apostolique, d'un » homme qui était vraiment en son intérieur un autre Jésus-Christ (1). »

Pour préparer de loin M. Olier aux impressions quil devait recevoir par les soins de cet habile maître, Dieu avait jeté d'avance dans son cœur les prémices de la grâce et des lumières qu'il avait communiquées avec tant d'abondance au Père de Condren. L'esprit propre de l'Oratoire était la connaissance et l'amour singulier de JÉsus-Curisr, prêtre et victime, et de la très-auguste Vierge, sa mère (2) : esprit que cette société devait ranimer dans les prêtres, et par ceux-ci dans la masse des peuples. Ces deux dévotions qui avaient été, comme on a vu, le caractère particulier de la religion de M. Olier, dès son enfance, furent aussi le sujet le plus ordinaire des instructions qu'il reçut du Père de Condren. « Mon défunt directeur, écri- »vait-il, ce divin personnage, cet intérieur admi- »rable, cet homme apostolique, ce vrai portrait de » JÉsus-CHRIST, m'a dit souvent que je devais avoir une très-grande dévotion au très-saint Sacre- » ment de l'autel, et travailler à la répandre*; et » c'est en effet ce qui a été constamment mon uni- » que souhait. Je désirerais d'être pain, pour être »converti en Notre-Seigneur; comme aussi d'être » de la nature de l'huile, pour pouvoir toujours me » consumer devant le très-saint Sacrement (3); et »je me souviens que lorsque j'arrivais tard de la »campagne à Paris, et que j'allais, selon ma cou-

(1) Esprit de M. Olier,t. nu, p. 339 et suiv.

— Abrégé du 9° cahier des Mémoires de M.

Olier.

Le Père de Condren porte M. Olier à faire honorer le très S. Sacrement.

(2) Cloysault, Vies Mss.tome 1, préf. p.iij.—Direct. de la Congrég.de l'Orat., 1'epart. chap.un.

— Bul. d’Inst.de cette société. — Gallia chr. édit.

* NOTE 14, p. 166.

(3) Abrégé du 11° cahier des Mémoires de M.

Olier.

(1) Ibid, — Copie desMémoires aut. de M. Olier, tin, p. 132.

tu, p.217, 218.

Le Père de Condren porte M. Olier à honorer la très - Sainte Vierge.

»tume, saluer Notre-Seigneur à Notre-Dame, » trouvant les portes fermées, au moins je me con- » solais en regardant au-dedans, au travers des » fentes des portes, et, voyant les lampes allumées, » je disais: Hélas! que vous êtes heureuses de vous » consumer toutes à la gloire de Du, et de brûler » perpétuellement pour l'éclairer! J'ai toujours eu » ce désir de pouvoir contribuer à faire connaître » Notre-Seigneur, surtout au très-saint Sacre- » ment. Ce devrait être l'occupation de tous les » prêtres (1); et je dis un jour à M. de Foix, par » un esprit particulier: Ne voulez-vous pas m'aider » à former des prètres du très-saint Sacrement, » c'est-à-dire, qui portent partout la dévotion due » à cet adorable mystère (2)? » M. Olier indique ici le motif principal qui le porta, en 1649, à établir le séminaire de Saint-Sulpice, et qui fut, en effet, selon les vœux du Père de Condren, le désir de former des adorateurs du très-saint Sacrement, lesquels, se répandant ensuite dans les divers diocèses du royaume, rallumassent partout les flammes de cette dévotion.

Son directeur l’exhortait pareïillement à s'avancer de plus en plus dans la dévotion envers Marie. Lorsque M. Olier se mit sous sa conduite, il avait déjà la pieuse coutume de célébrer comme une fête le samedi, jour consacré à la très-sainte Vierge; mais, jusqu'alors, il s'était contenté de s'abstenir lui-même, ce jour là, de tout ce qu'il n'aurait pas fait dans les solennités de l'Eglise, sans cesser néanmoins d'employer des ouvriers pour son usage, craignant qu'il n'y eût de l'excès à étendre cette pratique plus loin. Le Père de Condren dissipa ce scrupule, et lui permit de célébrer le samedi comme les fêtes obligées, l'assurant que cette fidélité serait très-agréable à la Mère de Dieu. « Depuis l'appro- » bation de mon directeur, dit-il, je n'ai point man- » qué à cette pratique, et l'ai gardée inviolablement »et avec consolation; ne faisant rien moi-même

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