LE P. DE CONDREN ENV. SES DISCIPLES EN MISSION
qui venait de l'empêcher d'accepter l'épiscopat, s'opposa constamrmnent à l'exécution de ce nouveau dessein, hon moins incompatible avec les conseils de la Providence ; et il ne fallut rien moins que sa grandeaütorité, pour déterminer M. Olier à y renoncer sans retour (1).
Afin de le préparer à exécuter un jour l'œuvre de Dieu, lorsque le temps en serait venu, le Père de Condren voulut, non qu'il portât la foi aux infidèles, mais que, de concert avec les ecclésiastiques qu'il lui avait associés, il prêchât des missions aux catholiques dans l'intérieur du royaume(2). L'une des fins qu'il se proposait étant de les convaincre par là du besoin extrème que les peuples avaient de bons prêtres, il les envoyait de préférence dans les lieux les plus abandonnés, et surtout dans les paroisses de la campagne où il était arrivé quelque grand scandale (3). Il désirait d'ailleurs qu'ils s'exerçassent eux-mêmes aux fonctions du saint ministère avant d'y former les autres, et qu'ils méritassent
l'estime universelle des peuples et du clergé par le”
succès de leurs travaux ; afin que, lorsque le temps de la formation des séminaires serait venu, on prit plus aisément confiance au succès de cette institution nouvelle. Nous verrons, en effet, que M. Olier fut sollicité de faire ses premiers établissements dans les provinces mêmes où il était plus connu par ses missions, le Vivarais, le Velay, l'Auvergne, la Bretagne, la Picardie. En agissant de la sorte, le Père de Condren ne leur découvrait point cependant ses intentions ; et, lorsqu'après leurs missions ils venaient lui rendre compte de ce qui s'était passé, afin de reconnaître les fautes qu'ils pouvaient y avoir commises, et de s'instruire pour l'avenir, il leur disait souvent : ZI faut encore continuer les missions, et puis nous ferons quelque chose qui vaudra mieux. « Chacun écoutait cela, dit M. du Ferrier, et personne n'osa jamais l'in- >tcrroger là-dessus (4). »
(1) Année Do- HE minicaine,etc. — AA Remarques hist. QUE | t. 11, p. 462.
(2). Mém. sur M. Olier, par Baudrand, p. 5.