‹ Vie de M. Olier, fondateur du Séminaire de Saint-Sulpice [microforme]Chapitre 162 sur 332 · SA MÈRE ACCOURT ET LE TROUVE GUÉRI · texte numérisé non relu

SA MÈRE ACCOURT ET LE TROUVE GUÉRI

»imparablement plus saintes, plus utiles à mes » besoins, et plus grandes devant sa majesté ; sur- » tout mes amis qui me secoururent constamment, » et me furent plus frères que tous mes frères (1). » Comme aussi ces bonnes Religieuses de Langeac, » hénitières des sentiments de Sœur Agnès, qui »n'épargnérent rien pour mon soulagement; les » prières, les larmes, les disciplines, et toutes les » inventions dont l'amour se sert pour obtenir de » Du quelques grâces: ce furent les moyens » qu'elles employérent pour obtenir ma guéri- » son (2).

» Pendant ce temps, ma sœur, alors à Paris, et qui » n'approuvait pas plus mes travaux que les autres » de mes parents, et qui, bien au contraire, les avait » en aversion, vint à mourir au milieu de ses con- » naissances, sans être secourue per aucun de ses » proches, sans assistance aucune. et délaissée de » tous les siens. Cette mort aurait pu montrer clai- »rement à toute ma famille que servir le monde »n'est pas un avantage, parce qu'il nous délaisse » même à l'extrémité. et qu'au contraire on a tousles » biens en servant Dieu, puisqu'il oblige le monde, » même malgre lui, à assister ceux qu'il protège. » En effet, j'étais parti pour ces déserts contre le » gré de mes parents: et DrEu, pour montrer com- » bien il prenait plaisir à notre dessein, m'envoya » ma mère elle-même, avec mon plus jeune frère, » pour me visiter. Sur la nouvelle de ma maladie, » ma mère avait entrepris ce voyage de cent lieues, » non-seulement pour m'assister, mais pour me » ramener à Paris en carrosse : ma faiblesse extrème »avait besoin de ce soulagem=nt, je n'eusse pu »Supporter la fatigue du cheval. Enfin Dreu vou- »lut que ma mère, arrivant pour savoir l'état de » ma santé. me trouvât déjà gucri. Pour lui mon- *trer qui était celui qui me gardait et me proté- » geait dans son service, je menai au-devant d'elle »trois ou quatre cents pauvres, qui me suivirent

court l'assister et le trouve guéri.

(1) Mém. autog.

de H.Olier,t.u, p. +27, 428,

(2) Ibid, t.

Sa mère acpour

(1) Mémoires aut. de M. Olier, tv, p. 133.

(2) Ibid. t.u, pag 416, 417, 418,

Nouvelle maladie de M. Olier.Ilest guéri à Notre-DamedeBonSecours à Tournon.

Olier par le Père Giry, partie 1'°, ch. vin. — Rem.

hist. 1. 111, p.

(4: Panigyr.

de S. François deSales.Exorde.

(5) Mém. aut.

de M. Olier, t.

* NOTE 1. p.

» au dehors de la ville; elle vit alors quel amour » les pauvres me portaient, et que leurs prières et » leurs vœux avaient obtenu ma guérison. Ces pau- » vres gens disaient tous de moi, dans leur étonne- » ment : ZI était allé en paradis, mais il est re- » tourné (1). Je leur suis redevable de la grâce de » Ma guérison, que je ne méritais pas, et que toute » ma famille ensemble n'aurait pu me procurer par » n argent, son industrie et son crédit. Je bénis » Dieu, qui prend toujours soin de conserver les » siens, quoique très-chétifs et très-misérables; non, » on ne perd rien en le servant(2). »

M. Olier se crut aussi redevable de sa guérison à saint François de Sales (3), et prêchant dans la suite le panégyrique de ce saint Evèque, il dit à ses auditeurs, par allusion à cette circonstance: « Si je le nomme parfois mon père, c'est que j'ai eu » le bien d'avoir été retiré de la mort par sa béné- » diction (4). » Ne pouvant accomplir alors le vœu qu'il avait fait d'aller visiter son tombeau, il écrivit, incontinent après sa maladie , à une communauté de Religieuses de la Visitation, la faveur que leur bienheureux Père venait de lui obtenir (5). Mais à peine commençait-il à jouir de la santé, qu'il lui survint au genou un mal assez considérable pour donner de nouvelles inquiétudes. On attribua cet accident à la coutume qu'il avait de faire à genoux ses prières et ses oraisons, toujours fort longues. Les chirurgiens du pays voulaient lui faire des incisions qui l'eussent infailliblement estropié. « Comme je ne prévoyais pas ce péril, j'étais tout » résolu, dit-il, de passer par leurs mains. Ma bonne » mère, arrivée de Paris en Auvergne pour me voir, » ne voulut pas souffrir qu'on m'exposât au danger » d'être estropié toute ma vie, et s’y opposa abso- » lument. Alors je fis un vœu à une Notre-Dame- » de-Bon-Secours de Tournon *, où je me fis trans- » porter tout boiteux, à la vue des hérétiques de » ces pays, qui furent fort étonnés à mon re-

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