‹ Vie de M. Olier, fondateur du Séminaire de Saint-Sulpice [microforme]Chapitre 161 sur 332 · CO · texte numérisé non relu

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IL EST ATTEINT D'UNE GRAVE MALADIE 193 e

»dit-il, qui Mmassura. aprés avoir prié pour moi, sque Notre-Seigneur voulait faire de grandes »choses, par mon ministère, dans son Eglise (1). — »Je bénis Dieu, dit-il ailleurs. qui. dans tous les » états périlleux de ma vie, a suscité pour moi de

» âmes saintes, et peut-être des plus saintes. et qui » non-seulement a permis qu'elles eussent avec moi » des liaisons spirituelles, mais leur a ordonné de » moffrir continuellement à lui dans les temps de » leur union plus intime avec sa divine bonté. » O grand Dieu! je vous suis infiniment redevable » pour tous ces biens, comme aussi à ces àmes bien- »aimées, qui se sont si puissamment intéressées » pour mon salut. Je vous rends grâce aussi de les » avoir portées, par des mouvements forts et puis- »sants, à me découvrir les grâces dont vous les »combliez, et de m'avoir ainsi fait connaître vos

» libcralités et vos trésors en leurs personnes (2). »

Dans la vie angélique de Marie de Valence, M. Olier croyait voir une image fidèle de celle de la Mère de Dieu, et sa dévotion pour cette auguste Reine du ciel, non moins que sa charité pour toutes les personnes qui Ctaient dévouces à son culte, lui inspirèrent la résolution d'envoyer à cette sainte veuve, jusqu'à sa mort, la somme nécessaire pour sa dépense de chaque annte. Il en écrivit cependant au Père de Condren, qui approuva ce dessein.

» Mon directeur, dit-il, avait jugé utile que je don- » nasse à Marie de Valence cent livres par an, ce »qu'elle-même avait estimé devoir suflire à tous » ses besoins; j'étais trop heureux de cette grâce(3). »

Dieu lui en accorda bientôt une nouvelle, non moins utile à sa sanctification. quoique d'un autre genre; ce fut une maladie qui le conduisit au bord du tombeau (4), et dont il fait lui-même le récit en cs termes: « Après avoir travaillé dix-huit mois » dans les emplois des missions, je disais à l'un de » mes amis: Îl ne me manque que quinze jours de » maladie pour avoir un témoignage bien assure

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{1\ L'Esprit de a Olier, tt. 11, . 064, -— Ana- Et de 10° ca- Her des Mémoies de M. Olier.

(2) Mémoires que de M. Olier, 1, p. 89.

‘3\ Mémoires aut. de M. Olier, tu, p. 426 et 77.

M. Olierest atteint d'une grave maladie.

4) Année Dominicaine,etc.-- Remarques historiques, t. ai, nag. 464, 4169.

lier,par le Père Giry,partie 1’, eh. vi, — Ibid, p. 814,

(1) M. Valentin. Attestations autographes, p.

Olier, par M. de Bretonvilliers,t.

(2) Mém. ant.

pe 13, 114.

(3 Attestations aut. p. 165.

j , # » que Notre-Seigneur agrée nos travaux. Or, il » arriva que précisément le dernier jour de notre » dernière mission, celle de la Motte-Canillac (1), » petite ville d'Auvergne, m'en retournant à mon à abbaye, je me sentis dans un certain état de paix » que je n'avais jamais éprouvé en pareille circons- » tance; car je n'avais aucune peine, et jusque là » cependant j'en avais été environnc. Il me sem- » blait même que les croix étaient un appui et une » force non pareille pour mon âme; sans elles, » j Ctais tout débile ; en sorte que, me voyant pen- » dant quelques instants sans peines et sans tribu- » lation, je me trouvai si chancelant que je n'en » pouvais plus, et qu'il me semblait que tout allait » se perdre. Mais mon désir eut aussitôt son ac- » complissement; car arrivant à Langeac, petite » ville à une lieue de mon abbaye, et entrant dans » l'église du monastère où avait vécu et où ctait » enterrée la bienheureuse Sœur Agnès, qui m'avait » prédit tant de croix, je fus saisi d'un mal de tête » excessif, qui fut le commencement d'une grande » maladie (2). Dès que je fus frappé de ce mal, je » me sentis porté à faire un vœu à Monseigneur de » Genève, pour le recouvrement de ma sante, et » aussitôt il me sembla que j'en étais assuré. Il me » souvient que, tout d'un coup, quoique très-as- » soupi, ayant aperçu, comme au-dedans de moi, » quelqu'un qui m'avait béni et donné assurance > que je ne mourrais pas de cette maladie, j'appelai » promptement mon bon ami M. de:Foix, que » quelques mois auparavant j'avais fait venir de » Paris, et je lui dis : Je ne mourrai pas... ; allez » chercher le saint Sacrement à l'église du monas- » tère. Nous Ctions dans la chambre de l'aumônier. » et, comme il était deux heures du matin, il n'au-

+ M. Valentin, qui était présent à la mission de Canillac, attribue la cause de cette maladie à l'ardeur avec laquelle M. Olier précha, ce jour même, le sermon de clôture (3)

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s, FRANÇOIS DE SALES LE DÉLIVRE D'UNE MALADIE 195

» rait pu, sur l'heure, me procurer ce bienfait s'il

» était allé ailleurs. Cependant le mal devint si vio-

» lent, que les médecins me condamnèrent; et, ne

» trouvant plus de remède dans leur art, l'un d'eux

» en essaya un qui réussit si mal, qu'il me fit tom-

» ber en apoplexie ; pendant ce temps, on tâcha de

» me confesser, mais je ne répondais qu'à demi,

» et enfin je perdis tout-à-fait la parole. On enfon-

» çait des lançettes très-avant dans mes épaules,

» sans que je parusse en ressentir la moindre im-

» pression ; et, comme on croyait que je touchais à

» ma dernière heure, on m'administra les saintes

» huiles. Je me souviens que dans cet état, ayant

» perdu la parole et l'ouïe, je répondais cependant

» quand on prononçait le nom de Jésus, comme

» aussi au nom de la très-sainte Vierge que j'appe-

» lais ma maman, comme un enfant; car je n'avais

» pas l'usage de la raison. C'était mon bon ami M.

» de Foix qui usait de ce stratagème, sachant bien

» que rien ne pouvait me réveiller de cette léthar-

» gie que ces noms; et même, en ce temps-là le

» nom de la très-sainte Vierge plus particulière-

» ment que tout autre. On était fort étonné de ne »mentendre rien répondre à tout le reste, mais

» seulement à ces belles paroles, qui me pénétraient ,. ….

ur È : (1) Vie de M.

» le cœur, et faisaient ce que mille glaives perçants oi, par lePér? »neussent pu faire (1). Cette parole touchait la Giry, partie 1°", » partie de l'âme qui n'était point engagée dans le MANIE FR » mal, et qui ne se sentait point de l'assoupisse— ques, t. 1m, p. » ment du corps. Je pense que notre Maître veut LE A

» que la sainte Vierge ait part à tous les biens du ,,4, nr » corps et de l'esprit, qu'il fait dans le monde, lier, t 1, p.116, » comme le dit saint Chrysologue (2). » ma te à

« J'éprouvai bien, dans cette maladie, la véritéde XVI.

» cette parole, où Notre-Seigneur promet de rendre M re » au centuple ce qu’on aura quitté et sacrifié pour providence à » lui. Etant réduit à l'extrémité, dans les lieux les l'égard de M. » plus déserts et les plus éloignés de ma famille, Olier. » Dieu voulut m'assister du secours de sa provi-

(41Mém. autog.

de M.Olier.t.u,

(2) Ibid.t. ,

(3) Ibid. t. 1, 115, 116.

(4) Ibid. t. u.

{5) 1bid, Lu.

» dence, en récompense de mes travaux pour lui, » et me procurer des soulagements si admirables, » qu'il n'y a rien de pareil dans le secours hu- » main (1). Le jour même ou la veille de mon arri- » vée à Langeac, il vint, dans cette ville. deux ex- » cellents médecins comme tout exprés pour moi: » l'un, de deux cents lieues, sans y avoir été appelé: » l'autre avait été mandé pour assister la petite » fille du seigneur de la ville (2). Ce fut une nou- » velle marque de la providence de mon Maitre à » mon égard, que l'impossibilité où elle me mit de » passer outre pour aller à mon abbaye. Sans doute » je ne pouvais y être humainement secouru, à » cause de la violence extrême de mon mal, qui, » en deux ou trois jours, pensa m'ôter la vie : or, » ces habiles médecins. en servant la fille du sei- » gneur, m'assistaient aussi moi-même tres-soi- » gneusement; le monastère étant fort proche de » la maison seigneuriale (3). Pour une mère, une » sœur et deux frères que j'avais quittés +, je trou- » vai des personnes sans nombre qui avaient pour » moi une charité plus que de sœur, de frère et de » mère; les services que je recevais étaient accom- » pagnés d'une charité si désintéressée et si pure, » qu'il n'y avait que Dieu tout seul autour de » moi (4). Je n'avais que faire de ma famille; j'avais » celle de Dieu, mon père, qui pourvoyait à mes » besoins avec abondance et profusion, tellement » que non-seulement le Fils de Du accomplit en » ma faveur cette prophétie, qu'on recevra cent » pour un en quittant pour lui la chair et ce qui » lui appartient; mais il me rendit, pour les per- » sonnes que j'avais quittées, d'autres personnes

+ M. Olier parle ici de deux frères, François Olier et Nicolas-Edouard. les seuls qui lui restaient lorsqu'il composait ses Mémoires. Il en avait peut-être encore un troisième quand il partit pour l'Auvergne, René Olier, qu'il perdit. comme il le dit lui-même. durant le cours de ses missions (D).

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