‹ Vie de M. Olier, fondateur du Séminaire de Saint-Sulpice [microforme]Chapitre 177 sur 332 · NAISSANCE DE LOUIS XIV · texte numérisé non relu

NAISSANCE DE LOUIS XIV

tout ce que son amour pour la pénitence lui inspirait d'austérités et de mortifications. C’est ce qu'on doit conclure d'une réponse assez remarquable que l'un de ses prêtres fit dans la suite au Roi luimème. M. Picoté, c'était le nom de cet ecclésiastique, traversait un jour la cour du Louvre, en revenant de visiter la Reine-mère: le jeune Roi, qui l'aperçut, le fit appeler, et se recommanda à ses prières, sachant la haute estime que la Reine avait de sa vertu. Mais pour faire comprendre au Roi que cette recommandation n'était pas nécessaire, M. Picoté lui répondit avec simplicité: Sire, vous nous avez coûté bien des coups de discipline à M. Olier et à moi (1). Après la naïssance de ce prince, M. Olier continua en effet de prier pour lui, et il demandait à Dieu que surtout on lui inspiràt de bonne heure des sentiments dignes d'un roi trèschrétien et du fils aîné de l'Eglise. Son zèle lui aurait même fait désirer d'avoir quelque part à son éducation; du moins il écrivait avant la mort de Louis XIII: « J'aurais fort souhaité qu'il plût un »jour à Dreu de me vouloir faire précepteur ou »conducteur de monseigneur le Dauphin de » France, cet enfant de miracle, donné à la France > par la très-sainte Vierge*, et que l'on dit devoir » faire merveilles pour la gloire de Dieu. J'aurais » beaucoup estimé cet emploi, tant à cause que ce > prince nous a été donné des mains de la sainte » Vierge, que parce qu'il servirait beaucoup à la » France, étant instruit chrétiennement (2). »

M. Olier revenu à Nantes, après sa mission de la Régrippière, se proposait d'aller aider M. Meyster en Saintonge, et de retourner ensuite à Paris (3); mais sa présence étant encore nécessaire aux Religeuses qui avaient été dociles à la grâce, DrEu, pour lui donner le moyen d'affermir leur conversion, permit qu'il fût alors atteint de la maladie qui régnait dans le pays, et dont les suites l'obligèrent de prolonger son séjour en Bretagne jusqu'au mois

Picoté Ms. Bibl.

Nation., p. 50 et suiv,

+ NOTE 3, p.

aut. de M. Olier, t. n, p. 350. — Copie de ces Mémoires, t. 1, p.

M. Olier tombe malade. La Mère de Bressand l'invite à aller se rétablir à Nantes.

(3) Lettres aut.

de M. Olier, p.

ns

(1) Vie de M, Olier ,par lePère Giry, partie 1e, chap. 1x.— Ibid, p. 516,

* NOTE à, p.

* NOTE 5, p.

216 PARIIE I, LIVRE VI, — 16358

de janvier suivant. (1). « Après ce petit travail, je » tombai malade, dit-il, le jour de la Nativité de la » très-sainte Vierge, pour récompense de mes » pauvres petits services ; c'est la plus précieuse » que puisse recevoir un chrétien. Cette maladie » me prit dans ce saint jour par lequel je com- » mence toutes mes années, comme je les finis par » la fête de l'Assomption. Notre-Seigneur m'a tou- » jours fait cette grâce, de me donner, en ce jour, » des témoignages du bien qu'il voulait opérer en » mon âme. Désirant donc m'obliger, par ce re- » tardement dans le pays, à fortifier l'ouvrage qu'il » m'avait fait commencer, il me retint au lit par sa » miséricorde le jour de la Nativité de notre sainte » maîtresse ; ce qui continua assez longtemps * (2)

M. Olier , retiré alorsa son prieuré de Clisson, avait dessein d'y demeurer jusqu'à son entier rétablissement, lorsque la Mère Marie-Constance de Bressand, assistante du monastère de la Visitation de Nantes, lui envoya un exprès pour l'inviter à venir se rétablir dans cette ville, en l'assurant qu'il y trouverait, pour sa santé, toute sorte de secours. Cette Religieuse avait eu le bonheur, avant son entrée en religion, de se mettre sous la conduite de saint François de Sales et d'apprendre de sa bouche le genre de vie auquel Dre l'appelait*. Le respect de M. Olier pour la mémoire du bienheureux évêque de Genève, et la consolation qu'il goùtait à s'entretenir avec les personnes qui l'avaient particulièrement connu, lui firent accepter avec joie la proposition dont nous parlons ; et, dès qu'il put faire le voyage, il se rendit à Nantes. La Mère de Bressand, en l’invitant de la sorte, ne pouvait cependant lui donner d'autre logement que la petite maison du jardinier ; mais elle savait que c'était le servir selon son goût, et il se félicita d'occuper alors un logement tout semblable à celui que saint François de Sales avait eu à Lyon pendant sa dernière maladie. Comme sa convalescence fut longue,

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