CONTINUATION DE LA RÉFORME DE LARÉGRIPPIÈRE
sans peine, à la vérité: mais les grands fruits que retira la maison nouvellement réformée, de la translation de cette fille, aussi prudente que pieuse, justifiérent, aux yeux de l'abbesse, la démarche de M. Olier, et rendirent sensibles à celui-ci les soins de la Providence, sur la portion du champ du Seigneur qu'il venait de cultiver (1).
Il revint de Nantes à Paris, toujours comble dans le chemin des consolations intérieures, que le Bienaimé de son cœur lui prodiguait presque continuellement ; et s'empressa d'aller conférer avec le Père de Condren. qu'il n'avait point revu depuis son départ pour la Bretagne: jamais il n'avait trouvé plus d'onction et de grâce dans les paroles de cet homme de Dreu. « Après avoir fait connaître » mon Ctat à notre très-cher Père, écrivait-il à la » Mère de Bressand, il m'expliqua les dispositions » dans lesquelles je me devais tenir, qui étaient les » mêmes que j'expérimentais ; c'étaient les senti- » ments communs et les mouvements ordinaires » de mon oraison. Ce ne fut pas sans laisser tom- » ber trois ou quatre larmes que j'ouïs ces saintes » et divines paroles, ces inimitables conseils. Il n'y »a rien de pareil à cet homme dans le monde (2). »Ily«, "de jours, étant dans sa chambre, je me » disais, après avoir ouï la sagesse de Dieu par sa » bouche, que j'aurais bien souhaité que vous eus- » siez l'avantage d'avoir part à ses admirables pen- » sées. Ce n'est pas pour une fois que je l'ai sou- » haité, mais plusieurs fois, ne possédant aucun »bien dont je ne voulusse vous voir partici- » pante (3). »
Dans ses entretiens avec le Père de Condren. M. Olier s'occupa particulièrement des moyens de maintenir la ferveur parmi les Religicuses de la Régrippière * ; et Dieu répandit., sur cette communauté, ac nouvelles bénédictions (4). Ce n'est pas que toutes eussent été dociles à la grâce; Dieu
(1) Copie des WMém. aut. de M. Olier, t 1, p. 248, 249.
(2) Lettres aut.
de M. Olier, y.
3) Ibid, pag.
M. Olier ne cesse de prier pour la conversion entière de la Ré grippière.
* NOTE 8, p.
(1) Lettres aut.
de M, Olier, p.
309 et alibi,
(1) Mémoires de M. du lerrier, p. 112,
* NOTE 9, p.
2) Mémoires aut. de M. Olier, Lip 156,
Voyage de M. de Quériolet à Paris. M.
Bernard.
999 PARTIE 1. LIVRE vi. — 1639
permit que, pendant trois ans, plusieurs demeurassent attachées à leur vie mondaine et dissipée, et se prêtassent mutuellement la main pour repousser le joug de la réforme. Celles qui avaient profité des exhortations du serviteur de Dieu, persévérèrent constamment dans la pratique de leurs observances; tandis que les autres, livrées à l'esprit d'indépendance et de schisme, faisaient soutfrir toute la partie saine du corps. Ce fut pour M. Olier le sujet d’une continuelle sollicitude : il priait presque sans cesse pour cette communauté (1); et il pria avec tant d'instances, qu'il mérita enfin, dans un second voyage qu'il fit en 1641, de renverser le mur de division, et de faire tellement régner la concorde dans cette communauté, que toutes n'eurent plus qu'un cœur et qu'une âme, comme nous le dirons dans la suite.
Dans le séjour qu'il faisait alors à Paris, M. Olier achevait de rétablir ses forces, épuisées par la longue maladie qu'il avait essuyée en Bretagne"; et pour sanctifier cette espèce de convalescence, il augmenta son oraison, et reprit l'étude de la théologie et de la sainte Ecriture, qu'il avait commencée à son retour d'Auvergne. «Je me sentis alors » plus attiré à l'oraison, dit-il ; tellement qu'au lieu » d'une fois que je la faisais auparavant, j'obtins de » mon directeur de la faire deux fois par jour, une » heure le matin et autant le soir, excepté les jours » d'étude, où je n'en faisais le soir qu'une demi- » heure. Dieu m'a fait cette miséricorde, de ne ja- » mais omettre l'heure entière du matin, en quel- » que Ctat que je me sois trouvé (2). »
M. Olier et ses amis se préparaient ainsi, par la prière et l'étude, à reprendre le cours de leurs missions, lorsque Dieu, pour donner une nouvelle impulsion à leur zèle, et accroître leur confiance en son infinie bonté, voulut mettre sous leurs yeux un des prodiges les plus extraordinaires de sa miscricorde, dont l'histoire ecclésiastique fasse men-
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