M. DE QUÉRIOLET. — LE P. BERNARD
tion. Ce fut M. de Quériolet, converti depuis quelques années dans l'église de Loudun, pendant qu'on exorcisait les Ursulines de cette ville, devenues depuis si célèbres*. Sur la réputation de sainteté dont jouissait alors le Père Bernard, dit le pauvre prêtre, M. de Quériolet vint à pied de Ren-— nes à Paris (1) pour le voir *; et pendant les trois jours que celui-ci y demeura, le Père Bernard le présenta à saint Vincent de Paul, au Père de Condren et aux ecclésiastiques de la petite société dont M. Olier était membre. L'un d'eux, M. du Ferrier, arapporté dans ses Mémoires les circonstances de cette entrevue. « Après le diner, dit-il, je le priai »de nous raconter ce qui lui Ctait arrivé à Lou- » dun, et quelles étaient les grâces que Notre- » Seigneur lui avait faites, afin que nous püssions » lui en rendre gloire. Nos amis présents s'étant > joints à ma prière, il parla pendant trois heures ravec des sentiments d'humilité et de confusion > qui ne se peuvent exprimer (2).» M. du Ferrier donne ici un abrégé de cette conversation. On y trouve plusieurs circonstances très-remarquables de la conversion de M. de Quériolet, que les deux historiens de sa vie n'ont point connues *.
Le Père Bernard, qui fut l'occasion du voyage de M. de Quériolet à Paris, était un de ces hommes que Dieu suscite quelquefois pour confondre et condamner la fausse sagesse du monde, par une profession ouverte de la sainte folie de la croix. C'est le témoignage que lui rend M. Godeau, évèque de Vence (3). «Je l'ai toujours cru un grand » serviteur de Dieu, ajoute-t-il, et sa conduite m'a » paru très-sainte, parce qu'elle choquait en toutes choses, ou du moins en la plupart, la conduite sde la prudence humaine (4). » Le zèle pour la gloire de Dixu, la dévotion envers la très-sainte Vierge, la liaison au Père de Condren, avaient cté k principe d'une sainte et étroite union entre le Père Bernard et M. Olier. Mais surtout ce qui
* NOTE 10, p.
(1) On ignore l'année précise du voyage de M.
de Quériolet à Paris; Collet le met, par conjecture, à l'année 1638. — Vie de saint Vincent de Paul,ta, p.282.
(2) Mémoires deM,.du l'errier, p. 22.
* NOTE 12, p.
(3) lettres de M.Godeau. Lett.
O pag. 17, 4.
(4) Ibid. Lett.
à M.Renard, p.
({) Mémoires aut.de M.Olier, tu, p. 14.
M. Bourdoise se die d'une étroite amitié avec M. Olicr.
Bourdoise, MS.
iu-folio, p. b45.
— tem. Ms.
in-4°, p. 512,
“NOTE 13, p.
semblait leur avoir inspire les mêmes sentiments, cétc leur tendre et ardent amour pour les pauvres: et le plus bel éloge de la charité dont Je Fondateur du séminaire de Saint-Sulpice était pénètre pour les malheureux a été, sans contredit, la comparaison qui fut faite de lui avec ce saint homme, par les pauvres eux-mêmes. Entre autres circonstances, un an après la mort du pauvre prêtre, le jour de l'octave de la Fèrr- Dieu, M. Olier assistant une multitude de ces malheureux, au parvis Notre-Dame, et leur donnant à tous des marques de sa tendresse et de son respect pour les membres souffrants du Sauveur, on les voyait lever les mains et les yeux au ciel, et on les entendait dire avec attendrissement: Voilà le Père Bernard ; ilest ressuscité (1). Nous verrons mème, dans la suite, l'un de ces pauvres, le Frère Jean Blondeau, domestique du Père Bernard, s'attacher, après la mort de ce dernier, à M. Olier, en qui il croyait avoir retrouvé son saint et charitable maître.
Durant le séjour que M. Olier fit cette année à Paris, après son retour de Bretagne, il se lia d'une étroite amitié avec un autre grand serviteur de Du, Adrien Bourdoise, instituteur de la communauté de Saint-Nicolas-du-Chardonnet, à Paris (92). Cet homme, qu'on a comparé à Elie pour l'ardeur de son zèle, et à Jean-Baptiste pour sa sainte liberté à reprendre les petits et les grands", se consumait de douleur en voyant les scandales de son temps. et surtout le dépérissement de la discipline eccltsiastique. La Providence semblait l'avoir suscité. dans ces temps malheureux, afin que par l'âpreté. la rudesse et les clameurs souvent importunes de son zèle, il réveillât, comme malgré elles, tant de sentinelles endormies de la maison du Seigneur; et c'est avec beaucoup de raison que M. Maillard, l'un des disciples de M. Olier, mort Supérieur du séminaire de Saint-Irénée à Lyon, et qui avait
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