MISSIONS DE MONTDIDIER ET DE MANTES 93D
»leur persuaudines de les porter à l'Hôtel (1) Mémoir. de à ‘ M. du Ferrier,
» Dieu (1) °.» p. 81.
On peut se former une idée des effets étonnants +\0TE 22,p. que produisit cette mission, d'après les alarmes 261. qu'en conçut le gouverneur, sur les représentations de quelques Religieux, trop affectionnés à la gloire particulière de leur Ordre. Il écrivit plusieurs fois au cardinal Richelieu, que M. Meyster avait acquis un tel ascendant sur les habitants d'Amiens. qu'il était en état de les norter à tout, et même à se donner au roi d'Espagne, dont il était sujet. Mais cette cabale ne servit qu'à accréditer de plus en plus les missionnaires, en mettant au grand jour leur parfait désintéressement. Le duc de Chaulne, gouverneur d'Amiens, continuant d'écrire au car— dinal de Richelieu pour lui faire part de ses alarmes, le cardinal donna ordre à l'intendant de Picardie de l'informer de la vérité. C'était M. de Bellejambe, beau-frère de M. Brandon, l’un des missionnaires : il fit connaître la vraie cause de ces PA te prétendus soupçons au cardinal, qui manda au de Sainte-tenegouverneur de demeurer en repos (2). dire N.
Les fruits de cette mission, et tout ce qu'on en p.18, 79. racontait, firent désirer aux habitants de plusieurs XVIL. vilies de Picardie de posséder à leur tour les mis- Missions de sionnaires, pour recueillir quelque chose des grà- nie sd * ces qu'ils répandaient avec tant de profusion. Ils WATER prèchèrent d'abord la mission à Montdidier ; et après quelques semaines de repos, au lieu de retourner en Picardie, ils se rendirent à Mantes. dans le diocèse de Chartres, où M. Éléonor de Valencé, évéqde cette ville, les invitait à venir prè- 3) Y. Lescher la mission. Elle eut lieu (3) aux mois de juillet DE AUS et d'août * , et produisit des fruits si extraordi- sjyues, p. 207. naires, que les missionnaires y terminèrent cinq cents procès à l'amiable, sans qu'aucune des partes roulüt réclamer contre le jugement des arbitres. Ils suivaient cette pratique dans toutes leurs missions. Plusieurs personnes, qui ne trouvaient
pas leur compte à ces accommodements, accu- dan
sèrent les missionnaires, devant le Parlement de : lon,
Paris, de mettre les plaideurs au rang des pécheurs fonc
incapables d'absolution. Mais le chancelier fit dire £ rani
i + NOTE 23, p. à ces ecclésiastiques, dont plusieurs étaient ses pa- rate il 262. rents. de continuer, les assurant que le Parlement cessi 4 (1) Mémoires ne se mèlerait pas d’une affaire de confession * (1). nais, ( “ee * Il paraît que les missionnaires ne se bornèrent siast 11 pas à la sanctification des laïques, et qu'à Mantes, l'ord AE 2 comme ailleurs, leur zèle s'étendit aussi au clergé. et ce | C'était la recommandation que leur faisait le Père quèr de Condren+. Une lettre qu'ils reçurent, le 18 août de ce
de M. François de Marlay, archevèque de Rouen, jours
montre qu'ils méditaient un dessein beaucoup plus tres «
vaste: le renouvellement de la discipline dans tout hasar
l'ordre sacerdotal. Comme ils avaient consulté ce sa gl prélat sur cette matière, et probablement sur un l'églis ouvrage qu'ils voulaient publier, il les félicite de É ses ex leur noble entreprise, leur conseille d'extraire d'a- son, il bord ce qu'il y a de plus essentiel dans les statuts d'y ch et les décrets des conciles. et leur promet de coo- saint pérer à leur travail en y ajoutant des éclaircisse- ctil cl
ments : en sorte. dit-il, que les prètres sachent dé- » qui LL) Lettre de SOrmMais la manière de se conduire en public et en » Bran M. de Harlay, particulier, et que l'on remette en vigueur les trouva
Fi Fi pus règles sacerdotales (2). » Iébra
lote. Ce fut peut-être pour entreprendre ce travail, » de l': VIII. qu'en terminant la mission de Mantes, et au com- les thu
M.Bourdoise Mencement du mois suivant. ils se retirèrent dans siastiq
communique une terre qui appartenait à l’un d'eux, au Loreau, pris d'
a M.Olierl'es- près d'Epernon. Mais le moyen de réformer le que di
Pritparoissil Cjergé et de rétablir la discipline consistait moins autres, dans la composition de nouveaux ouvrages, que M. Bou eut ine + Durant la mission d'Amiens, qui se prolongea plus cux-mê longtemps que de coutume. le Père de Condren leur écri- compre vait : « Je crois que quand Monseigneur d'Amiens jugerait une chc (3) Lettresaut. » qu'il fallüt finir la mission, vous ne devriez pas laisser doise fi
; NÉ PATES UN F jéstiite dren. » de parler aux Ecclésiustiques (5). » JéSuite
fl | du Père de Con- » de demeurer le Carème dans cette ville, pour continuer |
M, BOURDOISE LUI COMMUNIQUE L'ESPRIT PAROISS. 957 tu | accu- dans la formation d'une génération exercée de | ent de : longue main au ministère des autels, et qui, procheurs fondément pénétrée de l'esprit de religion, pût le fit dire £ ranimer parmi les peuples. M. Olier et ses collaboses pa- rateurs eux-mêmes, allant en tant de lieux, et sans lement cesse occupés des travaux des missions, ne conn°({). naissaient qu'imparfaitement les cérémonies ecclérnèrent siastiques, les règles concernant le culte divin,
Mantes, l'ordre qui doit régner dans une église de paroisse; clergé. et ce fut dans leur séjour au Loreau qu'ils s'appli-
le Père quèrent à en acquérir quelque notion, à l'occasion
18 août de ce que nous allons raconter. M. Bourdoise, tou- Rouen, jours consumé de zèle pour communiquer aux prè-
up plus tres ce qu'il appelait l'esprit paroissial, vint, par
ans tout hasard, les visiter en allant à Chartres. Voyant, à sulté ce sa grande surprise, qu'au lieu de fréquenter
sur un l'église du pays, chacun de ces messieurs faisait licite de ses exercices de piété dans la chapelle de la maiaire d'a- son, il leur proposa d'aller à l'église de la paroïsse, s statuts d'y chanter une Messe solennelle en l'honneur de t de coo- saint Matthieu, dont on faisait la fête ce jour-là”, ‘21septembre laircisse- et il choisit sur-le-champ les officiers. « M. le curé 1510: hent dé- » qui sait chanter, dit-il, fera choriste avec M.
blic et en » Brandon ; » puis, s'adressant à un Jésuite, qui se ueur les trouvait là par hasard, « le rèévérend Père fera cé-
» lébrant ; je ferai diacre et conduirai les officiers
travail. » de l'autel. » Enfin le sous-diacre, les acolytes et au com- les thuriféraires furent pris parmi les autres eccltent dans siastiques de la compagnie. Le Père jésuite, suri Loreau. pris d'une invitation si brusque, fit d'abord quelormer le que difficulté : il se rendit néanmoins comme les hit moins autres, et tout se passa si bien, dit l'historien de ges, que M. Bourdoise, que non-seulement le peuple en reçut ne grande édification, mais que ces Messieurs ngea plus eux-mèmes, surpris ct contents, ne pouvaient leur écri- comprendre comment ils avaient pu réussir en ns jugerait une chose qui leur était si nouvelle (1). M. Bour— 1) rie impripas ss doise fit plus encore: à Vèpres, il 1ssocia au Père “de M. Bourcof
doiîse,in-4°, |, v, P: 003,
jésuite le Père de Condren lui-même, qui était
Bourdoise, Ms.
iu-fulio, p. 18.
(2) Vie duméme, Ms. in-4°,p. b12.
(3) Vie du méme, in-folio ibid,
Bourdoise,in-4°.
(5) Ibid. in-4°, p. 18, 520.
*NOTE 2#,p.
(6) Lettre de M.Olier,dans la Vie de M. Bourdoise, Ms. in-4°, p. lb.