‹ Vie de M. Olier, fondateur du Séminaire de Saint-Sulpice [microforme]Chapitre 191 sur 332 · ORIGINE DE LA CHAPELLE DE NOTRE-DAME-DE-— TOUTE-JOIE · texte numérisé non relu

ORIGINE DE LA CHAPELLE DE NOTRE-DAME-DE-— TOUTE-JOIE

NOTE 1, p. 209. — Cette chapelle, lieu ordinaire de pèlerinage pour M. Olicr, lorsqu'il était à Clisson, est située à un quart de lieu nord-est de cette ville, sur la route de Gétigné. Dans ses Lettres Vendéennes, M. le vicomte Walsh en a rapporté l'origine sur un bruit populaire, qu'il ne garantit pas (1), et qui, en cffct, n'est pas entièrement conforme à l'ancienne tradition du pays, attestée encore aujourd'hui par les habitants de Clisson, les plus instruits et les plus graves. Leur relation, que nous mettons ici, pourra servir comme de correctif à ce passage des Lettres Vendéennes. Ils disent donc qu'Olivier de Clisson, père du connétable, revenant de visiter ses terres, ct se trouvant dans l'endroit même où la chapelle est bâtie, fut abordé par un messager, qui lui annonça à la fois deux bonnes nouvelles : la naissance de son fils, dans la suite connétable, et la défaite des Anglais qu'il n'aimait pas; et ils ajoutent que, dans les transports de sa joie, il promit de bâtir, dans ce lieu même, à l'honneur de la sainte Vierge, une chapelle, qui fut appelée depuis Notre-Dame-de-Toute-Joie.

Elle devint un lieu de pèlerinage pour les environs, ct, avant la Révolution, treize ou quatorze paroisses s'y rendaient, en procession, en différents temps de l'année. Mais durant les désastres de la Vendée, elle eut le même sort que tant d'autres monuments. elle fut livrée aux flammes. Quoiqu'il n’en restât alors que les murs, on ne laissait pas d'y aller prier; et une pieuse fille, appelée Jeanne Favrot, par un mouvement extraordinaire de dévotion, entreprit de mendier pour avoir de quoi la rebâtir. Pendant plusieurs années, on la vit assise auprès des restes de cet édifice, tendre la main aux passants: elle y filait sa quenouille et chantait des complaintes (2), surtout Iles jours de foires et de marchés. Plusieurs se moquèrent de son entreprise, d'autres la chargeaient d'injures ; mais elle, sans se rebuter, continua sa quête. qui, d'abord, ne lui rapportait guère que des liards. Après que le calme eut été rendu à la Bretagne, elle alla, une petite image de la sainte Vierge à la main, intéresser la piété publique à Clisson et dans les lieux environnants. Les uns lui donnèrent du bois, d’autres de l'ar-

Tom. 1. 16

(1) Tome 1, Lett,. xXxIV, în- 12,1826,p. 219.

(2) Ibid. p. 221, 222:

ER ee

(1) Notice Ms.

sur la Régrippière, par M.

Coüée , ancien curé de ce lieu.

(2) Histoire de l'Eglise , par l'abbé Choisy, t.

gent; plusieurs personnes aisées ouvrirent enfinleur bourse, et la chapelle fut rétablie. Aujourd'hui elle est célèbre encore par la dévotion des fidèles.

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