‹ Vie de M. Olier, fondateur du Séminaire de Saint-Sulpice [microforme]Chapitre 192 sur 332 · SUR LA RÉCEPTION FAITE À M. OLIER AU MONASTÈRE DE LA RÉGRIPPIÈRE · texte numérisé non relu

SUR LA RÉCEPTION FAITE À M. OLIER AU MONASTÈRE DE LA RÉGRIPPIÈRE

NOTE 2, page 910. — Le monastère de la Régrippière, ainsi appelé de la forêt où il fut bâti, a été l'origine du bourg qui s'est formé tout auprès, et auquel il a donné son nom. Quoique le couvent soit détruit aujourd'hui, le souvenir de M. Olier est encore vivant parmi les habitants du lieu. Nous joindrons ici quelques particularités que l'on y raconte de la première réception faite au serviteur de Dreu, en 1658.

« Lorsque M. Olier se présenta au couvent, sur la fin du jour, les deux Sœurs converses qui le reçurent à la porte, le voyant à pied, couvert de poussière et pauvrement vêtu, entrèrent d'abord en quelque défiance; du moins, au lieu de lui donner l'hospitalité qu'il leur demandait très-humblement, elles l'engagèrent à se retirer dans une hôtellerie qu'elles lui indiquèrent dans le bourg. Sans se rebuter d'un accueil si peu attendu, il pria ces filles de lui procurer l'honneur de parler à la Prieure. Il espérait la trouver plus favorable ; mais celle-ci entrant dans les mêmes sentiments, le renvoya avec des paroles dures, quoiqu'il ne demandit que du pain noir, de l'eau, et le plus pauvre gîte pour ÿ passer la nuit. Contraint de se retirer, il remarqua, en regagnant la porte, un appentis de bois, où étaient logées quelques poules, et demanda avec beaucoup d'humilité et d'instances aux portières de lui permettre au moins de revenir pour passer la nuit sous ce hangar. Il sortit donc, et ayant reçu par charité d'un des habitants du village un peu de pain, il revint au couvent; et, soit par compassion, soit par respect pour la vertu qu'elles avaient cru remarquer dans cet étranger, elles lui permirent de se retirer dans ce triste réduit sans prévenirnéanmoins les Religieuses (1). »

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