ÉLOGE DE M# BOURDOISE
NOTE 153, p. 224. — Elogia viri religiosi D. Bourdoise.
Hic fuit Elias more, et clamore Joannes, Ore Nathan, curâ Paulus, amore Petrus.
Hic fuit Elias more, quia zelo zelatus est pro Domino Deo exercituum ;
Et clamore Joannes, quia non timuit à facie potentûm, ct dedit Dominus verbum suum in ore ejus;
Ore Nathan : aperuit enimos suum in parabolis, et sine parabolis non loquebatur ad eos;
Curâ Paulus : instantia siquidem quotidiana et sollicitudo omnium Ecclesiarum fuêre partes illius ;
Amore Petrus ; non enim oves tantüm, sed et agnos verbo et exemplo pavit in innocentiâ cordis sui (2).
e miséricorde omme une inavait arraché ct athée, lorsn'avait jamais faits de cette
. de Quériolet dable que la ors invincible , il gagnaune > terre, il don-
était malade, it connaître la | prosterné sur y cesse de ses rale; et, comroué à Notrestiques, donna vêtit lui-même iu-pieds , nusse ses péchés.
Sainte-Baume, ssion de sainte pénitence et de Rennes dans le s la rigueur de ondamné à ne ou dix heures une nourriture
ême heure!)
Bourdoise.
o Domino Deo
potentüm, et lis, et sine pa- L et sollicitudo
et agnos verbo
NOTE 14, p. 292. — La vie manuscrite de M. Bourdoise, in-4°, suppose, pag. 486 et 1046, que cette rencontre avait eu lieu l'année 1637 au plus tard, tandis que le manuscrit i-folio la rapporte à l'an 1639. Cette dernière date nous parait étre la véritable ; au reste, cle de 1637 est insoutenable pour plusieurs raisons, entre autres parce qu'elle suppose que M. du Ferrier aurait demandé à dire la sainte Messe, cette même année, à Saint-Nicolas, tandis qu'il ne la dit, la première fois, que le jour de l’Ascension de l'année suivante, 1658 (1).
NOTE 15, p. 226. — M. Bourdoise alla un jour, par dévotion, visiter l'église de l'abbaye de Saint-Denis avec trois ecclésiastiques de la petite société du Père de Condren, M. Brandon, M. Amelote et M. Barrault, et le trait qui arriva dans cette rencontre confirme encore ce que nous avons remarqué de la trempe de son zèle et de son esprit. « Ayant »aperçu dans la sacristie, dit son historien, un homme en »habit et en manteau court, botté et éperonné, qui confessait sun prêtre revêtu de l'aube et de l'étole, il envoya chercher, » sur-le-champ, le révérend Père Prieur de l'abbaye; ct sitôt »que celui-ci fut arrivé : Mon Père, lui dit-il, venez voir, » venez voir un soldat qui confesse un prêtre. Cette remon- » trance cut son cffet, car sur-le-champ le Prieur défendit » sévèrement au Religieux sacristain de souffrir jamais de » pareils abus (2). »
NOTE 16, p. 227. — Pendant que M. Olier et les coopérateurs de son zèle étaient chez la présidente de Herse, M. Bourdoise fit à un Official qui vint le visiter, une remontrance de sa façon, qui produisit les plus heureux résultats; nous laisserons encore ici parler son historien. « Cet Official »était en habit, dit-il, avec des moustaches et de grands » cheveux, selon la coutume des prêtres de ce temps. M. » Bourdoise voyant qu'il se raillait de l'extérieur de M. Olier » et de ses compagnons, qui étaient en effet dans toutes les » formes, il l’entreprit à son tour; ct, après une bonne ves- » perie qu'il lui fit devant tout ie monde, il lui prouva si » solidement l'obligation qu'il avait lui-mêmé d'imiter ceux » dont il se raillait, que, sur l'heure, l'Official se fit faire la » couronne, les cheveux, coupa ses moustaches et prit une » soutane. Un autre chanoine de la même cathédrale, qui y » occupait la dignité de chantre, et avait accompagné l'Of- » ficial, convaincu par les mêmes raisons, en fit autant, avec » résolution de vivre à l'avenir d'une manière beaucoup plus » ecclésiastique qu'ils n'avaient fait l’un et l'autre jusqu'a- » lors (3), »
de M. du Ferrier, Ms. de Ste - Geneviève, p. 43. — Bibl.
nat. p. 41.
Bourdoise, Ms.
in-4°, p. 1046.
Un jour que les missionnaires étaient à table, M. Bour- Bourdoise, Ms. doise leur fit une question d'abord assez singulière, mais in-4°, p. 1034.
dont le dénouement fut aussi honorable aux missionnaires,
Bourdoise, Ms, in-6°, p. 488.
(2) Mémoires de M. du Ferrier, p. 129 et suiv. — Vie de M. Bourdoise, Ms. in-4°, p.
qu'agréable aux pauvres villageois accourus de loin pour entendre leurs discours. A peine avait-on servi le premier plat, qu'il s'avisa de demander si ces Messieurs, qui avaient prêché avec tant de force et de zèle, avaient fait éhacun leur sermon : on lui répondit que la question ne pouvait pas être douteuse. « C'est de quoi je doute encore, répliqua M. » Bourdoise, je voudrais bien m'en assurer par les effets, » Nous avons déjà pris une partie de notre réfection, et il » y a ici une infinité de pauvres paysans, venus de huit ou » dix lieues pour vous entendre, qui n'ont pas même un » morceau de pain. Ils sont en danger de tomber de défail- » lance en retournant chez eux. Messieurs, croyez-moi, » faisons votre sermon; donnons-Ileur le reste de notre dîner » et nous contentons d'un peu de dessert. » La proposition fut adoptée et exécutée sur-le-champ (1).
NOTE 17, p. 227. — Durant la mission d'Illiers, au diocèse de Chartres, M. Olier eut lieu d'admirer, dans la personne d'une pauvre fille de ce pays, les soins paternels de la Providence sur les âmes simples et innocentes. Ce fut Françoise Fouquet, aveugle depuis quarante ans, et sur laquelle M. du Ferrier nous a laissé une notice fort édifiante,
« La mémoire de cette fille admirable, dit-il (2), m'est » restée si présente, que je puis en parler ici pour honorer » les amis de Dieu, et montrer l’une de ces âmes, vrais » trésors de l'Eglise, que Dreu se plaît à tenir cachés dans » le secret de sa face, parce que seul il les connaît. Un di- » manche, à l'office des vèpres, je me trouvai obligé d'aller » assister une pauvre fille extrêmement malade, celui de » nos messieurs qui avait ce soin n'étant pas là. On me con- » duisit dans une petite maison d'un artisan, qui avait son » entrée dans le cimetière, et j'y vis une fille malade, cou- » chée sur une paillasse et le visage à demi couvert parce » qu'elle était aveugle; elle s'appelait Françoise Fouquet, » et était âgée de 52 ans. Après avoir prié à genoux, comme » ilest convenable de faire en abordant les malades, je lui » demandai comment elle se portait : elle merépondit qu'elle » avait le désir de se confesser; et comme je demandais » encore ce que le chirurgien et l’apothicaire: jüugeaient de » sa maladie : Ah! Monsieur, me dit-elle, à Diem ne plaise » que j'appelle les médecins du corps plus tôt que celui de » l'âme. Ensuite elle se confessa, mais d'une manière si spi- » rituelle, avéc un discernement si grand de ses fautes; des » infidélités aux grâces de Dieu, des manquements qu'elle » avait commis en ne rendant pas à chaque mystère ses de- » voirs, suivant les fêtes de l’année, qu'elle me remplit » d'admiration et d'étonnement; son regret et ses larmes » pour avoir si mal répondu aux bienfaits de Dieu, étaient » capables de toucher les cœurs aussi endurcis que le mien.
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» En voyant une fille pauvre et aveugle, si remplie des » richesses de la sagesse et de la science célestes, je demeu- » rai convaincu que Dreu cache aux savants des choses »qu'il révèle et découvre aux petits. Enfin, je trouvai qu'elle savait toutes ces hautes vérités dont le Père de »Condren nous instruisait dans ses conférences, et tout » cela joint à de très-rares vertus.
» Cette fille était devenue aveugle à l'âge de douze ans, où » elle perdit sa mère : son père, qui était vigneron d'Illiers, » prit alors une seconde femme, qui avait peu d'inclination » pour Françoise, et la chassait du logis, dès qu'au point du » jour son mari était allé au travail. Cette pauvre aveugle, »avec une patience singulière, allait se mettre sous un » buisson, qui n'était pas fort éloigné, et où elle demeurait » pleurant et songeant à Dieu, jusqu'à ce qu'elle sentiît que » la nuit approchait. Pour lors, elle se rendait près de la » porte de son père, qui, arrivant, la faisait entrer, et lui » donnait à manger. Comme elle me faisait ce récit, je vou- »lus savoir ce que son père disait de la dureté de cette belle-mère. Hélas, Monsieur, s'écria Françoise, il ne le sut » jamais : je n'avais garde de le lui dire, je savais qu'il s'en »serait trop fâché. Après qu'elle eût passé douze autres années dans ce jeûne et dans une si forte épreuve, son ipère mourut, et cette belle-mère la congédia tout-à-fait. Elle crut alors devoir demander à Dieu la vue, et, pour obtenir cette grâce, clle alla, accompagnée de sa cousine, »à Notre-Dame de j iesse, à Notre-Dame des Ardilliers, et »à Sainte-Anne en Bretagne. Après quoi elle n'y pensa rplus du tout, persuadée que Dreu la voulait aveugle, et qu'elle en devait être bien aise. Ces pèlerinages finis, elle »revint à Illiers, où elle vivait de quatorze deniers qu'elle »gagnait nar jour en filant, ne vivant que de pain et d’eau; *et, comme elle était tout près de l'Eglise, elle y passait une bonne partie des journées. Il y avait cinq ou six ans »qu'elle avait fait venir près d'elle une petite orpheline, sa »parente, pour l'élever en la crainte de Dieu, et ses qua- »torzé deniers suffisaient pour l'une et pour l'autre.
»Je m'informai de sa voice intérieure, et je trouvai qu'il »1'y avait ni vision ni révélation. Elle était tout occupée de »la présence et de l'amour de Dieu, et du regret qu'il fût »si mal servi par elle, après tant de bienfaits. Pour ce qui +cst des grâces extraordinaires dont vous me parlez, hélas! disait-elle, j'ai commis une grande faute une fois. Un homme de ma connaissance eut les côtes brisées d'une roue de charrette, contre une muraille. Quand je l'eus appris, je m'en allai pour le consoler chez lui, où je priai *un peu près de son lit. Il me vint la pensée de toucher > son mal, et lui ayant demandé s’il voulait. me le permet-
nt
SG trente
» tre, il témoigna le désirer; hélas, Monsieur, J'entrepris » cela! — Hé bien, lui dis-je, qu'arriva-t-il ? — Monsieur, il » se trouva aussitôt guéri; mais vous allez voir la malice » de ma superbe ct de mon immortification. Comme je re- » venais chez mon hôtesse, il y eut quelqu'un qui, sans » doute pour se divertir, me vint mettre de la fiente dans » la bouche; d'abord mon estomac se souleva par cette » puanteur, et j'en fus tout émue; et misérable je ne con- » sidérai pas JÉsus-CHkrisT, abreuvé de fiel et de vinaigre. » J'entrai dans un jardin, où je me jetai par terre, pleurai » mon impénitence et mon peu de conformité aux souffran- » ces de mon Sauveur. — Je voulus savoir, continue M. du » Ferrier, si elle avait de quoi se nourrir: il y avait deux » jours qu'une grosse fièvre la consumait, et elle n'avait » pris qu'un peu d'eau, qu'elle buvait avec un chalumeau » de paille, en le plongeant dans un petit cruchet qui était » dans son lit. Je dis à son hôtesse de faire venir une fille » chez nous, pour prendre du bouillon qu'on y faisait pour » les malades. Mais cette fille ayant vu tant de monde au » logis n'osa y entrer, et s'en retourna; de sorte que la ma- » lade passa encore cette troisième nuit avec de l'eau. Lors- » que j'appris cela le matin, avant d'aller à l'Eglise, je m'en » fâchai contre son hôtesse, et cette pauvre fille prit un » soin ingénieux d'excuser cette faute, protestant qu'elle » n’en avait point reçu d'incommodité, et qu'elle ne voulait » pas qu'on se mît en peine pour elle.
» Le récit que j'en fis à nos messieurs leur donna de l'ad- » miration; ils voulurent la voir; ce qui se fit sans l'exposer » au péril de la vanité: car elle ne les vit ni ne les ouit » point. On nous parla de cette fille comme d’une sorcière, » parce qu'elle guérissait beaucoup de malades en les tou- » chant ou en priant pour eux. M. de Bassancourt avait » alors les yeux fort malades: il fut guéri un ou deux jours » après cette visite; ce que cependant nous ne regardâmes » pas comme un miracle. Je me contenterai de rapporter une » disposition admirable où elle était à l'égard du monde. » L'exhortant dans l’agonie, je voulus lui faire faire un acte » de renoncement au monde et à ce qu'il estime; et comme » je lui demandai si elle ne voulait pas de bon cœur en » sortir et le quitter, elle me répondit: Monsieur, je ne » pense point à lui. — Cette réponse me surprit, ne sachant » pas d'abord si elle avait compris ce que je lui disais. Je » continuai: Françoise, êtes-vous aise de mouri our aller » à Deu? Oui, dit-elle. — N'estimez-vous pas misérables » ceux qui aiment la vie du monde, rempli de tant d'occa- » sions de se perdre ? Monsieur, répliqua-t-elle, je ne penst » pas à lui. Enfin, pour achever de m'éclaircir, je revins une » troisième fois : Françoise, renonçons au monde et à tout
que M adjuto:
*aire S momer Où lit la Dau que M,
To.
, J'entrepris Monsieur, il oir la malice omme je reun qui, sans la fiente dans eva par cette ble je ne con- . de vinaigre.
terre, pleurai aux souffranontinue M. du 1 y avait deux et elle n'avait un chalumeau uchet qui était venir une fille a y faisait pour it de monde au orte que la made l'eau. Lors- "Eglise, je m'en re fille prit un otestant qu'elle u’elle ne voulait
r donna de l'adt sans l'exposer t ni ne les ouit e d’une sorcière, ades en les touassancourt avait n ou deux jours £ ne regardâmes de rapporter une gard du monde.
ire faire un act stime ; et comme de bon cœur en Monsieur, je ne prit; ne sachant je lui disais. Je | ouri Ur aller s pas misérables i de tant d'occaelle, je ne penst ir, je revins une | nonde et è tout
»ce qui est à lui, et abandonnons-nous à Notre-Scigneur, » afin qu'il nous en sépare. — Hélas, Monsieur, dit-elle, ex- » cusez-moi, je ne veux pas seulement penser à l'ennemi de » mon Sauveur. — Je compris alors l'excellence de sa dis- » position à l'égard du monde, dont elle ne voulait avoir ni »la vue ni la pensée. Elle mourut le dimanche suivant, » comme elle l'avait dit à son hôtesse le premier jour de sa » maladie; et lui ayant proposé le jeudi de recevoir le sacre- » ment de l'Extrême-Onction, elle m'avait prié de le différer » jusqu'au samedi. J'admirai l'affluence de gens qui allèrent » à sa maison, où je fus moi-même pour prier Dieu, toute » la paroisse y venant avec une dévotion singulière. »