‹ Vie de M. Olier, fondateur du Séminaire de Saint-Sulpice [microforme]Chapitre 205 sur 332 · CONVERSION D'UN COLONEL SUÉDOIS · texte numérisé non relu

CONVERSION D'UN COLONEL SUÉDOIS

NOTE 91, p. 219. — Dieu se servit du ministère de M. Meyster, pour opérer la conversion du colonel Suédois, qui eut des résultats si salutaires, pendant la mission d'Amiens. Nous en donnerons ici les détails, en les empruntant à M. du Ferrier, qui nous les a conservés dans ses Mémoires. » J'étais, dit-il, avec M. Meyster, à l'entrée de la nuit, dans » l'église des Carmélites, où nous avions donné rendez- » vous à des pénitents, qui, depuis plusieurs jours, n'avaient » pu aborder nos confessionneux ordinaires. Voyant la » nuit arrivée, nous revenions chez nous, lorsque en chemin

Mémoires et sil me demanda si je voulais que nous visitassions un cossement du s lonel Suédois malade: je lui dis que j'étais prêt à l'acropos de la »compagner partout. et nous entrâmes dans un logis où “ar nous ne » pendait l'enseigne du Mouton noir. M. Meyster demanda dans les au- » à l'hôtesse si un colonel malade y logeait, et s'il pouvait vant l'année » le voir. Elle fit d'ahord difficulté, le colonel lui ayant exyment, CoM- »pressément défendu de laisser entrer aucun prêtre dans veau à Vau- » sa chambre: mais comme M. Meyster l’assurait que le

» malade ne s'en fâcherait pas, et que d'ailleurs l'hôtesse »avait une grande vénération pour nous, elle n'osa pas »s'opposer davantage à nos désirs. Nous entrâmes dans

[T-MAUR »une salle basse à plain-pied, où nous trouvâmes le ma-

» lade dans son lit, ct quinze ou vingt cavaliers avec sa dans l'abbaye » femme qui se chauffaient ; ils nous saluèrent civilement, apelle sous le »et M. Meyster s'approchant du lit du malade, lui dit en er primitive- »allemand, qu'ayant appris sa maladie. il venait lui offrir )n croit mème » ses services ; en même temps, un jeune homme bien fait, y avait été in- » m'abordant, me témoigna, en latin. la joie qu'il éprouvait it auprès, VETS * en nous voyant venir. parce qu'il espérait que son colo-

pour le mème

» nel pourrait, par nos discours, connaître enfin la vérité de e de Constan-

» la religion catholique. Je le priai de me servir d'interprète,

e, c'est-à-dire. et de m'expliquer en latin ce qu'ils disaient en allemand; çar c'était une vil le fit à mesure qu'ils parlaient. vait été dédiée » Leur discours ne fut pas long: le malade répondit à M. rigine à la sta- x Meyster qu'il n'avait pas besoin d'éclaircissement en matrefois, et qui. »tière de religion. qu'il était content de celle dans laquelle pué aussi, non vil était né et avait vécu jusqu'alors, et qu'il le priait de le sont opérées, * laisser en repos sur ce point. J'écoutais cela avec douleur. otre-Dame-des- lorsque M. Meyster, changeant de batterie, dit au colonel: énération, que » Monsieur, voulez-vous que je vous montre quelque chose amais que nu- » de beau ? Et demandant qu'on apportât une lumière, il tire laquelle le pape » une petite boîte à portrait dans laquelle était l'image de

Olier témoigné

» la sainte Vierge en miniature. fort bien faite, de la granlieu.

* deur d’un écu: il la montre au Suédois, et lui demande » comment il la trouve. Elle est fort belle, répond-il. C'est, »continue M. Meyster, la Mère de Notre-Seigneur JÉsus- » Carisr, la sainte Vierge Marie, saluez-la : le colonel lève » son bonnet et la salue. M. Meyster. se tournant alors vers »moi me dit : Puisqu'il a salué la très-sainte Vierge. » demandons-lui sa conversion : elle nous l’accordera, par » la miséricorde de Dreu, dont elle est la Mère; et ayant » dit au malade que nous allions prier pour lui, il fit mettre * à genoux tous les assistants, quoique la plupart füssent * hérétiques.

» Il commença les litanies de la sainte Vierge : le cavalier » qui était du royaume de Bohème, et moi. répondions ora > pro nobis; pendant que nous priions ainsi, le malade se » tourna vers la ruelle, sans doute pour changer de situation.

ÉDOIS

inistère de M el Suédois, qui Ssion d'Amiens.

runtant à M.

ses Mémoires.

de la nuit: dans donné rende7jours, n'avaient s. Voyant ft sque en chemi

LT DT np eu 2 a

» Les litanics finies, M. Meyster se lève, le prend par les » deux épaules, ct, le retournant, lui dit : Monsieur, je viens » vous dire, de la part de Dieu, qu’il ne faut plus différer de » vous convertir : en même temps cet homme achevant de se » tourner vers nous, et Ôtant son bonnet, dit : Oui, Mon- » sieur, je veux me convertir, puisque c'est la volonté de Dieu. » Mais, reprend M. Meyster, j'entends que vous vous fassiez » catholique. C'est ainsi que je l'entends, continue le malade, » catholique romain, non-seulement moi, mais encore ma femme » et tous les miens; quittant la religion que nous avons jusqu'à » présent suivie, et que je connais et crois ere mauvaise, M. » Meyster lui fait faire, sur l'heure, abjuration de son héré- » sic ct profession de la foi catholique; après quoi il le con- » fessa ct lui donna l'absolution, comme l'en conjura le ma- » lade, qui était fort bas. Nous nous rctirâmes ensuite,

» M. l'évêque d'Amiens vint le lendemain lui donner la » Confirmation. Durant les trois jours que vécut encore le » colonel, il prêcha continuellement et convertit ses cavaliers. » Or, lc troisième jour après sa conversion, et qui fut celui » de sa mort, il fut assisté par M. Meyster, dans ce dernier » passage, de la manière du monde la plus extraordinaire. » Celui-ci avait passé l'après-dîner dans l'église des Ursu- » lines, occupé à confesser des pénitents; il était onze heures » du soir, lorsque le confesseur des Religieuses vint l'em- » pêcher d'entendre un homme qui lui restait encore, afin » qu'il eût le temps d'aller à sa chambre pour y prendre un » peu de nourriture avant que minuit sonnât, et que, par » ce moyen, il pût dire la Messe le jour suivant. Le pénitent » joignant lui-même ses prières à celles de cet ecclésiastique, » M. Meyster se retira. Mais comme il eut lavé ses mains » avant de se mettre à table, et qu'il disait le Benedicite, tout- » à-coup, interrompant sa prière, il prend son manteau, » disant : Il n'est pas temps de manger, le colonel se meurt; » ct, sans vouloir attendre qu'on allumât la lanterne, ilse » rend en grande hâte vers le Mouton noir. Le confesseur » des Ursulines le suivit en diligence, ct ne put l'atteindre » que chez le malade. M. Meyster arrivant trouve tout le » monde en silence, ct demande comment se trouve le co- » lonel. On lui répond qu'il est toujours de même. Vous » vous trompez, dit-il, il va rendre l'âme; et, s'approchant » du lit, il tire le rideau. Averti par le bruit, le Suédois » ouvre les yeux, ct le regardant, il lui dit : A4, Monsieur, » secourez-moi! M. Meyster l'invite à s'unir intérieurement » aux actes de foi, d'espérance et de charité qu'il fait aussi- » tôt lui-même à haute voix, et lui donne encore l'absolution. » Monsieur, que je vous ai une grande obligation, lui dit le » mourant, Dieu soit votre récompense; et, en achevant cts » paroïes, il rend l'esprit, Tout cela se fit si promptement,

prend par les nsieur, je viens plus différer de \chevant de s it : Oui, Monplonté de Dieu.

us vous fassiez nue le malade, core ma femme 18 avons jusqu'à e mauvaise, M.

nn de son héréy quoi il le conconjura le macs ensuite.

\ Jui donner la vécut encore le it ses cavaliers.

et qui fut celui dans ce dernier extraordinaire.

glise des Ursutait onze heures ‘uses vint l'emit encore, afin ir y prendre un t, et que, par ant. Le pénitent t ecclésiastique, lavé ses mains Benedicite, toutd son manteau, bionel se meurt; lanterne, il se Le confesseur > put l'atteindre t trouve tout le Le trouve le code même. Vous , s'approchant uit, le Suédois + Ah, Monsieur, intérieurement qu'il fait aussiore l'absolution.

ration, lui dit le en achevant cts si promptement:

» que M. Meyster, après avoir récité les prières de l'Eglise » auprès du corps du défunt, eut encore assez de temps » pour aller souper avant que minuit sonnât (1). »

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