MISSION D'AMIENS, MONTDIDIER ET MANTES
NOTE 99, p. 220. — Dès que le Père de Condren eut connaissance des bruits que l’on répandait contre la mission d'Amiens, il écrivit aux missionnaires : « Je loue Dieu de ce » qu'il donne sa grâce à plusieurs, et me soumets à sa con- » duite, Il est certain néanmoins que l'opposition nuit beau- » coup à une œuvre qui n'est pas encore confirmée par l'ex- »périence. Mais puisque la divine Providence l'a permis »ainsi, vous devez vous conduire doucement, et faire le » bien sans rechercher l'éclat, évitant les contentions, et ne » faisant qu'achever ce qui est commencé. Il me semble que »la meilleure conduite, en telles rencontres, cest celle de » Jésus-CHrisT, qui continue de faire l'œuvre de Dieu ct » parle fort peu de la contradiction des hommes. Surtout » il ne faut rien dire qui attaque les communautés pour re- »lever l'Eglise et le sacerdoce, ni faire des comparaisons » qui sont odieuses à plusieurs personnes. Vous avez fait »prudemment de vous abstenir des conférences dans les » maisons particulières, puisque les puissances les tiennent » pour suspectes. Il faut qu'on remarque, en votre conduite, » que vous êtes sans dessein dans Amiens, que la dévotion » du peuple et celle de l'évêque sont les seuls motifs qui » vous y arrêtent, et que vous ne désirez autre chose que » de pacifier les consciences qui sont émuces. Faites voir à » tout le monde que ceux qui parlent ne vous connaissent » pas, et que vous êtes tous prêts à les servir, Quand vous » serez en état de sortir d'Amiens, en sorte que l'œuvre de » Dreu ne soit point décriée, il en faudra prendre l'occasion. »Cela n'empêchera pas qu'on ne puisse y retourner une »autre fois, pour y être mieux reçu encore, quand on aura » vu qu'on ne cherche que le bien (2).»
Le succès de cette mission, qui ne fut terminée qu'au bout de cinq mois, inspira à M. de Caumartin le désir d'en procurer une à Montdidier, petite ville de son diocèse. M, Olier s'y rendit de Paris avec M. du Ferrier et M. de Foix, le méme jour que M. Meyster; M. Amelote et les autres y arrivèrent de leur côté, et tous prirent leur logement à l'Hôtel-Dieu. Les Religieuses hospitalières de cette maison, connues alors dans toute la France sous le nom d’Zlluminées de Picardie, n'eurent pas la part la moins abondante des fruits de cette mission. Outre les illusions où les avait jetécs leur ancien Directeur, Labadie, illuminé fameux de ce siècle,
(1) Mémoires deM.du Ferrier, p. 80, 81, 82, 893, 84 el 85.
(2) Lettres autogr. du Père de Condren.
(1) Mémoires de M, du Ferrier, p. 86, 87, 80, US, 102,
(2) Lettr. aut.
du Père de Condren,
(3\ Mém. de M. du Ferrier, Ms. Bibl. Ste- Geneviève, pag.