‹ Vie de M. Olier, fondateur du Séminaire de Saint-Sulpice [microforme]Chapitre 221 sur 332 · Cloysault, Vies Ms · texte numérisé non relu

Cloysault, Vies Ms

(3) Oraison funèbre du P. de Condren,

(1) Cloysault, Vies Ms.t 1, p.

276 etsuiv. 281,

(2) Oraison funébre du P. de Condren. — Recueil, ibid.

Honneurs rendus au P.

de Condren après sa mort.

Hauteopinion de sa sainteté.

davantage. Dans cet état, se regardant comme le plus grand pécheur de la terre, et croyant que tout l'univers eût dù s'armer contre lui, pour venger l'honneur de Dieu, il aurait désiré qu'après sa mort, on attachât san cadavre aux fourches patibulaires, ou qu'on l'étendit sur la roue, afin qu'il servit au moins alors à inspirer de'la terreur aux méchants, ‘Il se sentit aussi comme brûlé d'un feu inconnu, qui le fit souffrir cruellement, et qui lui semblait être le feu de la justice divine (1); et néanmoins il donnait de la joie à tous ceux qui l'approchaient ; il parlait et traitait de toutes choses avec une liberté non pareille. On croyait voir en lui, comme en la personne du Rédempteur, une âme bienheureuse dans un corps souffrant, et, avec cette liberté, cette joie, cette paix, élevant les yeux au ciel, et prononçant d’une voix nette, avec un courage extraordinaire, ces paroles : Mon Dieu, je remets mon âme entre vos mains, il rendit l'esprit (2).

Sa mort ressembla encore à celle du Sauveur par la gloire qui la suivit. « Le séjour du Père de Con- » dren sur la terre, dit M. Olier, a été inconnu comme » celui de Notre-Seigneur. Pendant sa vie, il n'a » jamais passé pour rien; souvent M. Vincent ena » parlé en des termes incroyables, et toutefois, on » ne l’a pas oui. Mais, à sa mort, il est devenu tout- »a-coup célèbre. Son nom ctait dans toutes les » bouches; et l'on disait de lui, comme de Notre- » Seigneur après qu'il eut expiré: Vraiment cet » homme était un homme de Dieu; jusque là que » M. Vincent, se jetant à genoux et se frappant la » poitrine, s'accusait , les larmes aux yeux, de ne

(3) Mémoires » l'avoir pas autant honoré qu'il méritait de l'être(3).»

aut. de M. Olier, t.n,p 255,266.

Louis XIII, sans égard aux dernières intentions du défunt, ordonna qu'on lui rendit les honneurs dus à ses vertus éminentes; et la Reiz, pénétrée des mêmes sentiments, chargea M. de Virazel, évèque de Saint-Brieuc, de prononcer son oraison funèbre. À ses obsèques, le concours fut prodigieux ;

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