MORT DU P. DE CONDREN
» malade d'une inflammation de poitrine; et comme »les médecins avaient défendu qu'on le fit parler, vilne me fut pas possible de pénétrer jusqu'à lui.
» Pendant sa rnaladie, qui ne dura que huit jours, » je racontai à mes amis ce qu'il m'avait dit, et où »il avait terminé son entretien. Ils furent bien »aises de cette déclaration, que je leur faisais de » sa part ; seulement M. Amelote témoigna quelque » surprise de ce que le Père de Condren ne lui en »avait jamais parlé. Comme la maladie devenait » périlleuse, et queje craignais qu'il ne mourût sans » achever de m'instruire, je m'avisai, le soir des » Rois, d'envoyer au Père Bouchart, qui était tou- » jours auprès de lui, un billet par lequel je le » priais de conjurer le Père de Condren, si Dieu » l'appelait à lui, de laisser son esprit et sa lu- » mière à quelqu'un, sur le sujet dont il avait »commence de m'entretenir. »
M. du Ferrier envoya ce billet la veille même de la mort du Père de Condren, et nous verrons bientôt l'effet dont il fut suivi. Avant de mourir, ce grand homme parut affligé des maux que l'hérésie du Jansénisme devait causer à l'Eglise : « Ce qui me » fait gémir, dit-il à ses Pères réunis, c'est le schisme » que je prévois, et qui paraîtra dans deux ans, » prédiction que l'événement. justifia à la lettre (1); et comme s'il eût voulu éloigner ce fléau de sa congrèégation, il la bénit en faisant a JÉsus-CHrisr cette prière : » Venez, Seigneur Jésus, et vivez dans vos » serviteurs dans la plénitude de votre force, et do- » minez sur la puissance ennemie, vous qui vivez » et régnez dans les siècles des siècles (2). » Sa vie avait été une image très-parfaite de celle du Fils de Dieu (3); sa mort eut encore avec la sienne des caractères de ressemblance. Il parut participer à l'agonie du Sauveur par la tristesse mortelle, et presque incroyable, dans laquelle son âme fut alors plongée, et par un sentiment si vif de la pureté de DiEu, qu'il craignait de ne pouvoir le soutenir
Mort du Père de Condren.
(L: Lettres aut.
de M. Olier, p.
(2?) Annales de l'Oratoire, pag.