‹ Vie de M. Olier, fondateur du Séminaire de Saint-Sulpice [microforme]Chapitre 223 sur 332 · APPARITIONS DU P, DE CONDREN · texte numérisé non relu

APPARITIONS DU P, DE CONDREN

» me fit le récit d'une vision qu'il avait eue cette » nuit. Le Père de Condren, revêtu de ses habits » sacerdotaux et environné de gloire, lui apparut, »et le délivra d'une peine d'esprit qu'il m'avait » déjà communiquée, ainsi que de la pensée qu'il » avait de se séparer de nos Messieurs. Il lui dit de »n'y point songer, et de se donner patience, parce » que, dans peu de temps, Dieu ferait lui-même cette » séparation; voulant qu'ils cessässent les missions, » pour s'appliquer à former des ecclésiastiques dans »un séminaire ; que cette maison. produirait un » grand bien pour l'Eglise, et serait remplie de bc- » nédiction ; qu'enfin ils vivraient sans vœux et sans »privilèges (c'est-à-dire soumis aux évêques), et » selon les règles des ecclésiastiques (1). » On peut a ARC remarquer en passant, que ç'avait étc le dessein du p.137. P. de Bérulle dans la formation de l'Oratoire, à qui,

‘comme dit Bossuet, «il avait cru ne devoir donner

» d'autre esprit que celui de l'Eglise même, d'autres » règles que ses canons, d'autres supérieurs que ses »évêques , d'autres liens que sa charité, d’autres » vœux que ceux du baptème et du sacerdoce (2). ,(?)0rais: fur. » Ma joie ne fut pas petite, continue M. du Fer- going, par Bos- »rier, entendant M. Meyster me dire ce que je HE in ME > désirais savoir. Car, sans qu'il eût aucune con-— suet , tom, xvu, > naissance de ce que le défunt m'avait dit, il com=— p- 572. » mença à m'exposer toutes ces choses par l'endroit » où le Père de Condren avait fini avec moi la veille > de sa maladie. L'heureux effet que cette vue avait > causé dans son esprit, devenu calme et paisible, + me confirma qu'elle venait de DrEu; et je le priai > d'en faire le récit à nos Messieurs, qui l'agréèrent 3) mémoires » beaucoup (3). » M. Olier en rapporte effective- deM.duFerrier, ment une autre circonstance, qu'il avait sans doute a apprise de la propre bouche de M. Meyster. « IL Genevièv.p.137. (4) Mémoir.de M. du Ferrier, de ses confrères, continuait seul les missions (4); il parcou- . 9 Per rait, vers le temps de la mort du Père de Condren, les p.113. Ms. de paroisses du diocèse de Chartres, la Bibl. N. p. 97.

(1) Mémoires aui.de M. Olier.

— Cupie des mié- .

mes, 1. I, Jag,

* NOTE 9, p.

(21 Ibid. t.1

p. 238. — Abrégé du 9° caler des Mémoti.u ui, de M. Olier.

(3) L'Esprit dé M. Olier, tu, p. 342,

{4\Mémoir. de Al. Baudrand.p.

(8) Cloysauit, Vies Mss.t.1. p.

Pourquoil'Orat., quoique né pour l'établissement des Séminaires en France, n'a point commencé cette œuvre,

(6) Abrégé du 9° cahier des Mémoires aut.de

» lui apparut , dit-il, tout éclatant de lumière; et, » à la fin de son apparition, en remontant au ciel,

> il disait ces paroles, avec l'accent de l' admiration » et d'un ravissement céleste : Sanctus, Sanctus, » Sanctus (1)*.» Le serviteur de Dieu parle , dans ses Mémoires, d'une semblable apparition dont il avait été lui-même favorisé. « La nuit qui suivit sa > mort, dit-il, à mon réveil, il daigna m'apparaitre : » nous ayant traité, pendant sa vie, comme Notre- » Seigneur avait traité ses Apôtres, il me dit ces » paroles du Sauveur aux siens : Ayez confiance, j'ai

* » vaincu le monde : Confidite, ego vici mundum (9),

» Ce n'est pas le seul témoignage qu'il m'ait donné apr “8 sa mort, pour me faire participant et héri- » 4, T6 son esprit (3). » Quoique nous ne connaissions pas en détail ces faveurs dont veut ici parler M. Oliei sous savons cependant que le Père de Uondren. :pparaissant dans une gloire et dans une lumiere inncnses, lui dit qu'il l'avait, en effet, laissé héritier de son esprit, avec deux autres qu'il nomma, et dont l'un était M. Amelote (4); et ce fut pour attirer de plus en plus sur lui cette faveur, que, tous les jours, pendant plusieurs années, il envoya un de ses prêtres dire la sainte Messe sur le tombeau du PèredeCondren(5), dans l'église de l'Oratoire.

On aura lieu sans doute de s'étonner qu'étant chef d'une Société nombreuse, née pour travailler à l'éducation du clergé, le Père de Condren se soit déchargé, comme il le fit, du gouvernement exttrieur de sa Compagnie, et ait formé avec tant de soins un petit nombre d'ecclésiastiques pour ctablir des séminaires en France: œuvre dont il ne s'occupa presque point lui-mème +, et à laquelle il

+ Le P. de Condren avait eu dessein d'établir un séminaire dans l’abbaye de Juilly, unie à l'Oratoire, en 1637. II porta même M. Olier à contribuer à cette bonne œuvre (6, qui toutefois, n'eut aucun résultat pour le clergé, puisque la maison de Juilly ne fut jamais qu’un simple collége.

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