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ESSAI D'UN SÉMINAIRE A CHARTRES

moins fit-il tous ses efforts afin de disposer favorablement l'évêque et son Chapitre dans la circonstance dont nous parlons. La paroisse de Sainte-Foi, voisine de la cathédrale, fut le lieu qu'on choisit pour former cet établissement (1). Les missionnaires n'épargnèrent rien afin d'en procurer le succès ; ils firent eux-mêmes disposer la maison à leurs dépens, la fournirent des meubles nécessaires, et défrayèrent tous les Ordinands qu'on avait invités à venir y faire les exercices de dix jours, comme saint Vincent de Paul le pratiquait à Saint-Lazare. Personne, dit M. du Ferrier, n'avait encore songé à quelque chose de plus que l'Ordination (2); mais on espérait qu'après la clôture de ces exercices, plusieurs retraitants accepteraient avec empressement l'invitation de prolonger leur séjour dans la maison pour s'y former aux vertus et aux fonctions ecclésiastiques. Tout le contraire arriva. Malgré le ile des missionnaires, leur générosité, leur vie édifiante, personne ne se joignit à eux durant l’espace de huit mois qu'ils demeurèrent à Chartres(3). Il semble mème que les paroissiens de Sainte-Foi avaient pris d’abord des préventions fâcheuses contre le nouvel établissement, comme il arrivait d'ordinaire dans ces sortes d'essais. Pour prévenir ce mal qu'il craignait, M. Bourdoise s'était empressé de donner aux missionnaires divers conseils sur les ménagements à garder, et sur la lenteur qu'on devait affecter dans cette entreprise. Mais ces prèautions n'ayant point été employées, l'établissement échoua, du moins c'est ce que rapporte l'historien de M. Bourdoise, sans entrer dans plus de détails(4). Plusieurs de ces Messieurs conclurent de là que la ville de Chartres n'était pas le lieu où devait être Ctabli le séminaire, ou que le temps des bénédictions annoncées par le Père de Condren n'était point encore venu (5).

Leurs travaux ne furent pas néanmoins tout-àfait stériles, comme il parut par les fruits qu'en

Bourdoise, Ms.

An-folio, p. 957.

(2) Mém, de M. du Ferrier, p. 140.

Olier, par M. de Bretonvilliers, tn, p. 48. — Vie de M. Olier, par le P. Giry, part. 1"°,ch. xn.

— Remarques historiq., t. 11, p. 522.

Bourdoise, Ms.

in-folio, p. 957; in-4°,p.b11,521

(5) Mém. de M. Baudrand, p. 7,8. — Vie de M. Olier, par M. de Bretonvilliers, ibid. — Vie de M, Olier, par le P. Giry, ibid. — Règlements de la commuuauté de S.- Sulpice, in-8°, p. 1, note B.

Gilles Marie, p.

Incertitude sur le lieu où doit être exécuté l'ordre du P,.deCondren.

(2) Lett. aut.

de M. Olier, p.

retira l'un de leurs disciples, M. Gilles Marie, dans la suite curé de Saint-Saturnin de Chartres, et dont la vie édifiante a été donnée au public. M. Olier ayant remarqué, dans les exercices de la mission, l'amour de cet enfant pour la prière, et son assiduité à écouter la parole de Dieu, jugea qu'il serait un jour utile à l'Eglise, et lui donna des soins particuliers. « Le départ de M. Olier, ajoute son his- » torien, affligea sensiblement Gilles Marie. Pour se » consoler de l'absence de ce saint prêtre, il mit par »écrit tout ce qu'il lui avait entendu dire de plus »important touchant les devoirs de son état ; et le » cœur eut plus de part encore que la mémoire à la » collection qu'il fit des maximes de ce grand » homme; enfin, il suivit un plan de conduite dans » lequel toutes les actions de la journée étaient ré- » glées conformément aux maximes qu'il avait » apprises de lui(1). »

Cependant ces ecclésiastiques, qui étaient au nombre de huit, se trouvant sans occupation à Chartres, se bornérent à édifier la ville par leurs vertus, ou à serendre utiles aux diverses paroisses, en attendant qu'il plût à Dieu de leur donner matière d'exercer leur zèle envers le clergé. M. Olier fut chargé de faire le catéchisme aux enfants +, et plusieurs de ses compagnons, entre autres M. de

+ On voit, dans une lettre à la sœur de Vauldray, que M. Olier pour exciter les enfants, à qui il faisait le catéchisme, à graver avec plus de soins dans leur mémoire les éléments de la doctrine chrétienne, et pour leur rendre la religion plus aimable, leur distribuait de petits présents. «Je vous prie de m'excuser, lui écrivait-il, si j'ai tant difiéré »à vous remercier d'une boîte que je croyais seulement » pleine d'Agnus Dei, et que depuis j'ai vue remplie À

» beaux ouvrages. Je ne l'ai ouverte que ces jour Juré »que j'ai été employé à faire le catéchisme ‘li \ vi, » Chartres. Ce sont de vos charités ordi iste »suis très-obligé, et vous puis assurer que us aurez #

»à la ferveur que pourront donner ces présenis aux enlants sa Ju

>» que la bonté divine nous adresse (2). » les ]

Marie, dans res, et dont c. M. Olier la mission, et son assi- | qu'il serait 8 soins parite son hisrie. Pour se e, il mit par dire de plus n état ; et le mémoire à la le ce grand nduite dans e étaient ré-

qu'il avait

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Vauldray, que faisait le catér mémoire les leur rendre la betits présents.

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Foix et M. du Ferrier, profitérent de cette circonstance pour aller à Paris, où diverses affaires les appelaient. Comme les deux derniers se disposaient à retourner à Chartres, M. Meyster, qui abandonna sur ces entrefaites leur Société, vint diner chez eux, et, pendant le repas, il leur dit sérieusement: « Je vous plains, Messieurs; car vous perdez votre temps, et ne faites pas ce que Dieu de- »mande de vous. » J'admire, reprit M. du Ferrier, comment vous nous condamnez, lorsque nous faisons du mieux que nous savons. «Je ne vous condamne »point, répliqua-t-il ; mais c'est Dieu qui désapprouve »ce que vous faites à Chartres, et j'ai ordre de vous le » dire de sa part. » Hélas! dit alors M. du Ferrier, serons-nous assez misérables pour nous écarter de ses voies? et le discours finit ainsi.

Après le diner, M. de Foix et M. du Ferrier, touchés des paroles de M. Meyster, résolurent d'aller avec lui, chez les Pères de l'Oratoire, pour les consulter. Ils se rendirent donc à Saint-Magloire, où ils couchèrent, et M. Meyster, ayant réitéré sa déclaration touchant l'inutilité de l'entreprise de Chartres, et ayant même ajouté que M. Amelote était appelé à une autre œuvre, les Pères Bouchard et de Monchi furent d'avis qu'ils s'adressâssent à Dreu dans la prière, afin d'obtenir sa lumière et la grâce de la suivre fidèlement; et, en conséquence, ces Messieurs résolurent d'aller en pèlerinage à Notre- Dame-des-Ardilliers à Saumur (1).

Sur ces entrefaites M. Olier vint aussi à Paris, avant la fête de l'Assomption, pour terminer un différend qu'il avait avec le nouveau Prieur-Mage de son abbaye, que les Religieux, contre toute es-

ce de droit, venaient de nommer à cette charge (2).

lurant le séjour qu'il fit dans cette ville, il: reçut \ visite de l'abbesse de Fontevrault, Jeanne-Bapuiste de Bourbon *, occupée de la célèbre affaire de sa juridiction, et qui le pria de visiter, s’il pouvait, les Religieuses de la Régrippière, privées de sa

(1) Mémoires deM. du Ferrier, p. 140, 141.

M. Olier va à la Régrippière avec M.

du Ferrier et M. de Foix.

(2) Histoire des Chanoines réguliers, t, 111, ch. XLvII, pag.

715, 716. — Règlements du cardinal de la Rochefoucauld , t.xvi, fol. 128.

présence si longtemps. Aucune invitation ne pouvait être plus conforme aux désirs du serviteur de Du. Depuis son séjour au couvent de la Régrippière, il n'avait cessé de demander la persévérance pour les Religieuses fidèles, et la grâce d'une sincère conversion pour celles qui avaient méprise jusqu'alors les poursuites du Seigneur. Il résolut donc de partir pour la Bretagne, si Dieu agréait ce dessein. « J'ai vu ce matin, écrivait-il, le 19 août, » à la Sœur de Vauldray, madame votre abbesse, » qui, au milieu de ses affaires, dont j'espère un +* NOTE 2, p. » heureux succès *, n'oublie point sa maison de la

364. » Régrippière. Elle m'a témoigné désirer extrême- » ment que j'y pûsse faire un tour, pour tâcher d'y » renouveler les sentiments de Notre-Seigneur qui » peuvent s'être ralentis. PIût à notre bon Dieu » qu'il ne m'en jugeât pas trop indigne, je le ferais » de très-bon cœur ; et, tout misérable que je suis, » je m'offre à lui pour vous aller servir vers le mois » de septembre, maïs non pas si longtemps que je » le souhaiterais : car notre chère Compagnie se » propose de s’en aller, en ce temps, faire un pèle-

+*NOTE 3, p. » rinage à Notre-Dame de Saumur”, pendant le-

365. » quel je pourrai de là aller vous visiter. Si je puis, » en ce peu de séjour, vous aider à votre salut; qui » m'est cher comme le mien propre, je le ferai de

(1) Lett. aut. » très-bon cœur (1). «

De * Olier, P. M. de Foix et M. du Ferrier partirent donc pour Saumur, en convenant toutefois que, durant leur voyage, ils ne parleraient entre eux en aucune

(2) Mémoires Manière du sujet qui le leur faisait entreprendre (2). de M.du l'errier De son côté, M. Olier s'était joint à quelques-uns

Ps 145 de ses confrères, qui allaient commencer une mis-

| sion à dix-huit lieues de Paris ; mais celui qui lui

PA rires tenait lieu alors de directeur (3), M. Picoté (4)

p. 141. étant venu lui ordonner de laisser là les exercices

(4) Mémoires de cette mission, et de se rendre sans délai à la sur la viede M. Régrippière, il partit le surlendemain, et prit sa

Olier, par M. dE. À k Baudrandp.10. route par Saumur, afin de se joindre à ses amis,

FEVYYS EVE —

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Il résolut agréait ce le 19 août, rc. abbesse, j'espère un aison de la

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t donc pour durant leur en aucune prendre (2).

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à ses amis,

esperant qu'ils ‘oudraient bien le snivre de là en Bretagne +.

Il leur avait souvent parlé du couvent de la Rcégrippière ; et, comme leur chemin ies obligeait d'y passer, il fut bien aise d'y conduire ses deux amis, surtout M. du Ferrier, le jugeant plus propre que lui à convertir celle de ces Religieuses qui entretenait le désordre dans le monastère. « C'était, dit- » li, la personne du monde la plus altière et la plus » suffisante, et elle m'avait entrès-grandeaversion, » depuis mon prem':r voyage, soit parce que le » chef du parti oppost s'était donné à moi, soit » parce qu'elle me voyait trop pauvre esprit pour » elle (1). « Ils arrivérent à la Régrippitre à l'entrée » de la nuit pendant le mois d'octobre (2). M. Olier »y fut fort bien reçu : les quatorze Religieuses » qu'il avait converties accoururent :outes au par- » loir, avec la supérieure et les anciennes ;» il y avait deux grilles, M. Olier ctait à l'une, M. de Foix tait à l’autre; et comme M. du Ferrer s'était mis à l'écart et ne disait mot, elles l’appelérent l'abbé du silence (3).

« Pour me rendre moins indigne de servir d'ins- » trument à sa grâce, ajoute M. Olier, Dieu daigna, » le jour même de mon arrivée, me faire expért- » menter ma faiblesse et mon ignorance; tellement » que je ne pouvais m'empêcher de dire à nos Mes- » sieurs que j'accompagnais dans ce voyage : Mon » Dieu, j'étais bien hardi de précher, il y a trois ans,

+ Ce fut vers ce temps que l'évêque du Puy, Juste de Serres, étant venu à mourir, le Chapitre de cette église supplia le Roi de nommer M. Olier à l'évêché vacant. ct députa à la Cour plusieurs de ses membres pour solliciter cette grâce. Les gentilshommes qui avaient le plus persécuté M. Olier dans ses missions d'Auvergne, applaudirent eux-mêmes à cette démarche. Mais la Providence avait d'autres vues, et elle les manifesta à M. Olier, avant même qu'il eût connaissance de la mort de l'évêque (4). Le successeur de Juste de Serres, fut Henry de Maupas du Tour, l'un des plus recommandables prélats de son siècle (5).

Tom. 1. o1

Grands fruits

que M. Olier

produit à la Régrippière

(1) Mém. ant.

de M. Olier, L1,

(2) Ibid. Li, p. 144.

(3) Mém. de M. du Ferrier, p. 14%.

(4) Mém. aut, de M. Olier,t.1, p. 146.

de Lantages, liv.

(1) Mém. aut.

de M. Olier, t. 1, p. 145, 146.

3929 PARTIE I. LIVRE virt. — 1641

» dans cette maison; je vous proteste que maintenant je » n'oserais le faire. Le lendemain matin, m'éveillant » une heure avant nos Messieurs, après m'être » levé, je me mis en oraison, où je méditai ces » belles paroles, dont la veille j'avais eu l'esprit » tout occupé en approchant du monastère, et » étant encore à cheval : Adorabunt Patrein in spiritu » etveritate. Elles étaient accompagnées de vives lu- » mières, et me préparèrent comme d'avance à ce » que la bonté divine avait résolu. Ensuite, sans » penser à rien, je descends à l'église pour dire la » sainte Messe, et j'y rencontre la Mère Prieure, » qui me prie de prècher. Je n’y eùsse du tout con- » senti la veille; mais sur l'heure j'y acquiesçai, » sentant force et lumière. Je prèchai donc, et cette » prédication fut accompagnée d'une si grande » abondance de grâces, que tous les cœurs furent » touchés. Celles des Religieuses qui ne se rendi- » rent pas ce jour-là, vinrent le lendemain, après > la seconde prédication, tremblantes, et fondant » en larmes, demandant qu'on voulàt les entendre » en confession. Ce qu'il y eut de plus considérable, » ce fut la conversion de celle qui dominait dans » cette maison, et qui m'avait en très-grande aver- » sion, depuis le premier voyage. Je savais bien » qu'il lui fallait un autre missionnaire que moi, en » qui elle prit confiance. Je lui amenai donc celui » de nos Messieurs que je croyais qu'elle goùterait, » ce qui arriva précisément : elle alla s'adresser à » luid'elle-mème, et son exemple attira toutes celles » de son parti (1). » En effet, le lendemain de leur arrivée à la Régrippière, lorsque M. du Ferrier était à genoux devant le maître-autel, où il faisait

M. du Fer- son oraison et se préparait à dire la sainte Messe, rier convertit devant ensuite partir pour Clisson, cette Reli- Madame de la #ieuse, nommée madame de la Troche, regarda plu-

Troche.

sieurs fois par la grille du chœur, et le voyant toujours en prière, elle lui envoya le sacristain pour le prier de vouloir bien offrir le saint Sacrifice à son

consul lement confess son exe son ;et ( aux div cice, qu ensuite qui pr >MAÏSO!

» filles, rexhort

tenant je | Abu veillant intention. M. du Ferrier, quoique naturellement ;, m'être trés-affable, fit dans ce moment une réponse qui le ditai ces remplit bientôt lui-même de confusion et d'étonne- 1 l'esprit ment : il refusa froidement ce service ; et comme le stère, et sacristain voulait réitérer sa demande, pensant que in spiritu M. du Ferrier ne l'eût point entendue : Je vous ai vives lu- dit, répliqua-t-il, que je n'en ferais rien. Cette rtance à ce ponse toucha si vivement madame de la Troche, ite, sans que, prenant M. du Ferrier pour un homme de ur dire la Dev fort éclairé, elle se crut perdue, et se jetant : Prieure. par terre dans sa chambre, elle répandit un torrent tout con- de larmes.

cquiesçai, À Ensuite elle alla supplier l'une des quatorze Re- 1c, et cette igieuses converties, de lui procurer l'occasion de si grande parler à cet ecclésiastique: maïs quand elle eut urs furent appris qu'il était parti pour Chsson, elle faillit se rendi- mourir de douleur, en sorte que M. Olier se crut in, après obligé d'envoyer prier M. du Ferrier de revenir et fondant promptement à la Régrippière. Ils'y rendit aussitôt. s entendre til se fit dans cette maison un changement adminsidérable, rable. La Sœur de la Troche commença par une inait dans déclaration publique de son orguel, confessant à : ande aver- M sa honte qu'elle avait osé se mêler de donner aux savais bien autres des avis contraires à l'essence de leurs obliue moi, en gations. Elle protesta que jamais elle ne songerait donc celui qu'à obéir et à observer les vœux de sa profession.

e goùterait.

adresser à outes celles ain de leur du Ferrier où il faisait nte Messe, ette Religarda pluoyant touain pour le rifice à son

ttavertit chacune de ses sœurs dé ne plus venir la consulter, voulant désormais vivre dans le recueillement et le silence. Après cette déclaration et la confession générale qui la suivit, toutes imitérent sonexemple.M.duFerrier leur enseigna à fairel'oraison ;et elles trouvérent tant de consolation et de goût aux divers actes qu'il leur suggérait durant cetexerice, qu’elles ne pouvaient se lasser de les répéter ensuite dans la journée (1). «Ce fut lui, dit M.Olier, (1) Mém. de qui procura le plus de gloire à Dieu, dans cette D 1 En gs maison, par l'union des cœurs de ces bonnes filles, auparavant divisées. Pendant une de ses rexhortations. elles s'embrassèrent toutes avec

pière.

RS

M. Olier bénit Dreu changement de la Régrip-

(4) Mém. aut.

de M. Olier, 11, pe 144,146,147.

— Vie de M. Olier, par M. de Bretonvilliers,t.

324 PARTIE I. LIVRE VIll. — 1641

» larmes en présence du très-saint Sacrement. » Enfin, de quarante qu'elles sont, il n'y en a que » très-peu qui n'aient fait des confessions générales » ou des revues du passé, avec tant de bénédiction, > que cette maison n'était plus reconnaissable lors- »que nous en partimes; car elles ont embrasse » l'oraison , la vie commune, et toutes ensembl: » pratiquent maintenant ce que la plus petite partie » du troupeau avait commencé auparavant et con- > tinuait «le faire depuis mon premier voyage.

» Béni soit à jamais notre bon Dieu qui prend » son temps et ses mesures comme il lui plaît, et se » sert de ce qu'il veut pour l'accomplissement de » ses desseins! Qu'il soit béni ce Dieu d'amour, qui, » seul, trouve en lui-même la cause et le motif du > bien qu'il fait à ses créatures; puisqu'il les en » comble souvent, quand elles le méritent le moins. » et lorsqu'elles ne provoquent que sa colère; ce » Dreu dont la plus grande gloire est de se servir » des instruments les plus faibles et les plus inu- » tiles. Béni soyez-vous à jamais, Ô mon Du, * maître absolu de ces petits serviteurs, qui en dis- » posez comme il vous plait; vous prenez plaisir à » les mener et à les conduire par la main, à bon » Maître! ô Maitre tout puissant, vous êtes l'unique- » ment bon Maître. Vous savez que l'avant-veille » de ce voyage, je ne pensais pas à l'entreprendre,

» ct vous m'envoyâtes exprès mon directeur pour |

> me l'ordonner. Ce fut vous, d mon Dueu! quire- » nouvelâtes cette bénite maison, que vous ave » tant aimée de toute cternité, et à laquelle vous » rendez tant de témoignages de votre saint amour. » Ce fut vous seul qui opérâtes tous ces prodiges.

» par l'effusion de votre grâce, et la vertu de votre}

» sainte parole, aui, étant poussée par votre Esprit. » produit tous !.s effets qu'il lui plaît (1). » L'abbesse de Fontevrauit, informée du changtment inopine de la Règrippière, s'applaudit d'avoir invité le serviteur de Div à y porter ainsi la gräce

» gran

Sacrement.

\'y en à que 18 générales bénédiction, ssable lorsit embrasse es ensembl:

petite partie vant et convoyage.

eu qui prend ui plait, et se issement de l'amour, qui, t le motif du isqu'il les en cent le moins.

sa colère; ce t de se servir les plus inuô mon Dieu, rs, qui en disenez plaisir à main, à bon êtes l'unique-

l'avant-veille entreprendre.

Hirecteur pour {

Dreu! quireque vous avez h laquelle vous e saint amour.

ces prodiges.

r votre Esprit.

it (1). »

ée du changtplaudit d'avoir r ainsi la gra

vertu de votre

du salut ; elle prit en lui la confiance la plus entière, et le pria de lui remettre un Mémoire de toutes les améliorations dont cette maison était susceptible, lui promettant de l'effectuer de point en point *(1). M. Olier et M. du Ferrier y demeurérent un mois

entier, pour en affermir la réforme, et prirent en--

suite le chemin de Chartres, où M. de Foix les avait déjà précédés (2).

En passant à Angers, M. Olier fut reçu par M.Gui Lanier , abbé de Vaux , en Saintonge, à qui il recommanda le monastère de la Régrippière, dont en effet cet ecclésiastique prit soin +. D'Angers, il se rendit à Tours, où il se trouva le jour de la fête de saint Martin, 11 novembre. Depuis sa conversion, il avait conçu pour ce thaumaturge une vénération singulière, à cause de la profonde humilité qui avait éclaté dans toute sa vie (3), sentiment qui s'accrut encore en lui dans cette circonstance. « J'ai eu la » consolation, écrivait-il à la Mère de Bressand. de » m'être trouvé a Tours, le jour de la fête du grand » saint Martin. et de voir les honneurs et les ma- » gnificences que l'on rendait à un homme, abject à » ses propres yeux, et qui avait souffert tant de mé- »pris pendant les jours de sa vie mortelle. Bon » Dœu! ma Mère, que l'humilité est magnifique » ment exaltée et rehaussée ! Oh! qu'il y a plaisir » d'avoir l'esprit chrétien. l'esprit de petitesse et » d'anéantissement ! O le grand trésor! et que plût » à ce bon Maitre de le répandre dans l'esprit de

+ L'abbé de Vaux, que M. Olier appelle un bien bon ser viteur de Dreu (4), fut l'un des ecclésiastiques de son siecle les plus recommandables , par la sainteté de sa vie, et par son zèle surtout pour la réforme du clergé. I] établit à Angers des conférences sur le modèle de celles de Saint-Lazare, et eut des relations avec les plus fervents ecclésiastiques de ce temps. L'auteur de sa Vic n'a pas omis la visite dont nous parlons. « M. Vincent et M. Olier l'honorèrent de leur es- » time, et il eut la joie, dit-il. de recevoir à Angers ces deux » grands hommes dans sa maison (5). »

* NOTE 4, p.

(1) Lett. aut, de M. Olier, p.

(2) Mém. de M. du Flerrier, p. 144.

M. Olicr revenantàChartres , s'arrête à Angers ct à Tours.

(3) L'esprit de M. Olier, t. nu, p. 318.

(4) Lett. aut. de M. olier.

(5) Vie Ms. de .Grandet.t.n, p.233,237,3517, et suiv,

(1) Leit. aut.

de M. Olier, p

2) Ibid.

À Chartres, M. Olier trouve ses confrères partagés sur l'œuvre du Séminaire. M. Amelote est d'avis de tout

quitter.

‘3: Lett. aut.

de M. Olier, p.

» toutes nos filles de Nantes et de la Régrippière! » qu'elles seraient un jour grandes, élevées en gloire »et en majesté! Je prie ce doux JÉsus, te divin » Maître, qu'il le fasse aux dépens de quoi que ce » puisse être (1). »

M. Olier reçut une autre faveur dans ce voyage: il goûta plus de calme qu'il n'en avait jamais éprouvé depuis le commencement de ses peines. « Outre » cette joie, dit-il encore à la M. de Bressand, lejour > que je partis, la bonté de notre Maître, qui n'a point » de bornes pour ses pauvres abandonnés, me fit faire » rencontre d'un de ses grands serviteurs, par le mi- » nistère duquel je me réconciliai. Je le trouvai admirablement éclairé: notre bon Maître me donna ouverture pour lui, et, en un instant, je lui découvris tout mon état : il me remplit tellement de joie et de consolation, que j'en eus pour jusqu'à Chartres. Il m'approuva et m'expliqua ma voie, et m'encouragea si bien dans ma conduite, que, depuis ce temps-là, je ne suis plus arrêté dans mes obscurités et mes doutes comme auparavant, et je vois clairement comme je me dois tenir auprès de notre bon Maître. Cela m'avance bien, et raccourcira beaucoup du chemin, » si la bonté de Dieu ne permet pas que je le dé- > laisse ; je n'en ai point envie : million de morts » plutôt. (2)!»

Cependant, en arrivant à Chartres, il ne fut pas difficile à M. Olier de remarquer la diversité d'opinions et de desseins qui commençait déjà à diviser ses confrères, et exposait toute la société à une entière dissolution. « J'ai trouvé bien de la besogne » dans notre petite troupe, écrivait-il; car Dieu ou » le diable semble vouloir en éloigner un sujet qui » paraît devoir être ou trés-utile ou très-nuisible, » selon les diverses faces sous lesquelles on »le voit. Priez beaucoup pour ce sujet, et en » silence: recommandez instamment cette affaire » à Notre-Seigneur , puisqu'elle est la sienne (5). »

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