‹ Vie de M. Olier, fondateur du Séminaire de Saint-Sulpice [microforme]Chapitre 243 sur 332 · M. OLIER EST DÉLIVRÉ DE SES PEINES · texte numérisé non relu

M. OLIER EST DÉLIVRÉ DE SES PEINES

l'âme puisse reconnaître en soi d'autre principe de ses actions et de ses sentiments, que JÉSUS-CHRIST vivant et agissant en elle (1); faveur insigne, ré (1)Catéchisme

, fiat spirituel du P servée seulement à quelques âmes, qui s'y sont Surèa, & 1, pert,

disposées, par une totale abnégation (2) +. « Depuis vn, ch. vu, p. » mes grandes désolations , dit M. Olier, je ne puis 556, 568.

» douter que l'esprit de mon maître n'habite en , (2) Ibid. pag. » moi. Cet esprit se fortifie de jour en jour pour

» me diriger et me conduire en toutes choses. J'ex-

» périmente sa conduite dans l'usage de mes facul-

» tés naturelles, et même jusqu'à la composition

» du corps, qui, autrefois, était si dérèglée. Je sens

+ Nous ajouterons, pour éloigner tout soupçon d'illusion, dans une matière où le pas est si glissant, qu'il ne faut pas entendre ici cette union des faux mystiques, où l'âme serait d'I E mue de Dieu à chaque instant, perdrait la liberté de son }, A AS opération (3), et par conséquent ne pécherait plus, même xxyy, p. 20. véniellement et ne pourrait plus déchoir de la grâce (4). (4) Instruction L'union dont M. Olier fut favorisé ne le mouvait pas à tous syr les états d'oles actes; ce secours extraordinaire, quoique habituel, le raison, ibid, p. délaissait quelquefois tout-à-coup, comme lui-même nous 409, 410. l'apprendra. Bossuet a reconnu cette dernière union pour (5) Instruction une grâce très-réelle, en approuvant le Catéchisme spiri- sur les états d'otuel (5) du Père Surin, où elle est exposée dans un grand ”@#$0n, t. xxvi, détail (6; M. Tronson n'en a pas seulement admis l'exis- Br tence, il en a traité fort au long dans l'Esprit de M. Olier, () Catéhiome en décrivant lui-même la faveur dont nous parlons. Après te DA RL la part qu'il prit aux Conférences d’Issy, ses sentiments sur SA cette matière délicate ne peuvent être ignorés de personne; et c'est d’après ses principes reconnus, qu'il faut juger des expressions dont il se sert en exposant les effets de cette union, et sans préjudice de la liberté, qui demeure toujours sous l’action de la grâce. « L'Esprit de Notre-Seigneur, dit- » il entre autres choses, se rendit si absolument le maître du M. Ole. 1. 1. — » cœur de M. Olier, et posséda si parfaitement son âme et Son union très. » toutes ses facultés, qu'il ne lui permettait plus d'avoir le intime à Notre- » moindre mouvement que par sa dépendance et son secours. Seigneur, sect. » Il était même dans ses yeux, sur sa langue et dans ses V, p. 150. — Sa » mains pour le faire agir, ou pour empêcher leur opération, dépendance ". » comme il voulait (7). » Ces paroles montrent dans quel p. 22, 35 a sens il faut entendre celles de M. Olier que nous rappor- (8) pi Distons ici,etpréviennent ces interprétations fausses, que, selon cernement des

(3) Art. xxix

la remarque du cardinal Bona (8), on donne quelquefois au esprits, ch. vn, langage des personnes spirituelles. n. 8,

(7) Esprit de

(1) Mém. aut.

de M. Olier,t.n, p. 41.

(2) Mém. aut.

de M. Olier,t.1, p. 489; t. 111, p.

317, etc

(3) Ibid. t. 1, p. 196, 197.

(4) Hém. aut.

de M. Olier, t. 1, p. 169,

» maintenant cet esprit qui me compose et me di- » rige dans mon port, ma démarche et mème dans » mes paroles; ce qui étonne beaucoup les person- » nes qui, autrefois, me voyaient si léger et si pré- » cipité. Elles pourraient mème craindre qu'il n'y » eût quelquefois de la suffisance dans mes maniè- » res; mais elles ne sont point étudiées. C'est la » possession d'un esprit étranger qui me compose: » je ne sens pas seulement ce secours dans la çon- » versation, partout, le Saint-Esprit me conduit » et me dirige avec une sollicitude si attentive, que, » si je voulais être fidèle, je ne ferais pas même un » pas inutile (1).

» Lorsque je veux m'occuper à écrire, je sens que » ce divin Esprit veut conduire et régler tous les » mouvements de ma main. Je me prête et me » donne à lui comme un instrument qui n'a point » d'action propre et personnelle (2). Je ne puis pas » dire de lui, à mon égard: Spiritus vadens et non » rediens ; car si je le quitte, il me recherche aussi- » tôt, et me reprend quand je me donne à lui, soit » par la ville, dans l'exercice ou dans le repos, en » particulier ou en conversation, toujours je trouve » ce divin Esprit. Il est répandu par tout moi- » même (3), comme s’il y tenait la place de mon » âme; je le sens comme une seconde âme qui » m'anime et me porte, et qui se sert de tout mon » être, comme l'âme dispose des mouvements du » corps, mais avec bien plus de douceur et d'em- » pire. Dernièrement une personne, qui prend » grand soin de nous, me parlant de quelque chose » qu'il y avait à faire, je lui répondis naïvement et » sans y penser : J'ai une infirmité qui m'empèche » de faire ce que je veux ; je ne puis que ce que l’on » me permet ,et ne puis en aucune façon m'affran- » chir de cette dépendance. Cette bonne personne, » qui est fort intérieure, releva cette parole que » j'avais dite sans y songer, et répartit en riant ; » Quelle infirmité (4)!

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