LUMIÈRES COMMUNIQUÉES À M. OLIER
la part si active qu'il prit, par ses conseils, à l'éta-
blissement de la nouvelle société.
Nous avons dit que Marie Rousseau devait s'abstenir de rien découvrir aux trois solitaires de Vaugirard, des lumières qu'elle avait reçues sur la réforme de la paroisse, et l'établissement du Séminaire de Saint-Sulpice , avant que le Père Bataille eùt jugé à propos de leur en faire la première ouverture : néanmoins lorsqu'elle vit que Dieu avait rendu à son serviteur ses anciens dons, et lui en avait même communiqué de nouveaux, elle n'eut pas de repos, qu'elle n’eût enfin détrompé, à son sujet, les anciens compagnons de ses missions. Elle alla trouver ces Messieurs, les pria chacun de venir à Vaugirard, pour conférer avec lui : les assurant qu'ils seraient eux-mêmes frappés de le voir et de l'entendre. « Et ce fut elle, dit M. Olier, qui acheva » de les désabuser et de les délivrer de leurs pré- »ventions contre moi. Cette sainte âme travailla »par ses prières, ses veilles, ses mortifications et »une multitude de soins et d'autres peines, à nous » rassembler enfin à Vaugirard, nous qui étions de » pauvres errants, de pauvres aveugles, de pauvres »brebis sans pasteurs (1).» Pressés, en effet, par. cette grande servante de Dieu, et désirant de connaître la vérité par eux-mêmes, plusieurs de ces ecclésiastiques, qui avaient été témoins des humiliations de M. Olier, se rendirent à Vaugirard. En le voyant, en l’entendant parler, ils ne pouvaient revenir de leur surprise, ni croire à un tel changement. Souvent ils l'avaient vu demeurer comme muet, lorsqu'il voulait exhorter les peuples : et depuis quelques jours sa langue était tellement déliée, il expliquait les mystères de la foi avec un langage si sublime, il traitait les vérités de l'Evangile avec tant de dignité, d'onction et de force, qu'ils ne le reconnaissaient plus. Au rapport du Père de Saint- Vincent, Dominicain, ils se disaient les uns aux autres : « Oh! quel changement est celui-ci! le doigt
M. Rousseau attire à Vaugirard les anciens compagnons de M.
Olier.
(1) Mém. aut.
de M.Olier,t. vi, p.217; tu, p.
326, verso.
ae PARTIE 1. LIVRE vit, — 1048
oi) Vie x » de Du st manifeste; jamais homme n'a mieux de S! vincent. ? Parlé de nos saints mystères (1);» et ils demeudans l'année Do. raient convaincus que l'Esprit de Drev leur partait LE dewPt. par sa bouche, comme autrefois par celle du Père Rem. hüvt. t, 1h, de Condren.
Ve de M, Ole, Ceux surtout qui avaient joui plus longtemps des par le P. Giry, ehtretiens de ce saint personnage, étaient étrangeby @ -: 4 ment étonnés, croyant retrouver dans M. Olier ses
A oh lumières, ses maximes, sa sagesse, ses vertus, enfin
M. Olier est Un autre lui-même+. « Un de nos Messieurs, qui l'un des héri- » avait été neuf ou dix ane avec le défunt Pére de tiers de l'es- y Condren et avec M. Amelote son disciple, dit M. Ds P. de ,Olier, fut vivement touché, ainsi que toute ls
sic » Compagnie, en m'entendant parier à un saint pré- » tre, qu'on m'avait adressé pour l'affermir dans sa + vocation, et l’animer au service de notre Maître; » jusque là qu'il ne put s'empêcher de mé dire à » moi-même, comme l'avait prédit cette sainte » veuve, qu'il avait été étonné et extrêmement tou- » ché de la beauté, de la grandeur et de la sainteté » des choses que j'avais dites, et qui étaient tout-à- » fait les mêmes que celles que disait le Père de » Condren ; qu’'enfin je les expli‘çuais mieux que M. » Amelote. Cela me confond, quand j'y pense; car r je suis un pauvre aveugle si misérable, un ver de » terre si chétif, que je m'étonne d’oser paraître de- » vant le monde, moi plongé si longtemps dans l'a- »veuglement le plus ténébreux, et l’objet de la » risée et des mépris de tous ceux qui maintenant » m'écoutentavecétonnement, et admirent mes pa- »roles. Ils peuvent bien le faire; car moi-même » j'en suis tout étonné, sachant bien mon ignorance » et ma stupidité, et ayant été convaincu tant d’an-
+ Les Pères de l'Oratoire en vinrent jusqu’à se persuader
que M. Olier avait mis autrefois par écrit les pensées du
Père de Condren, et que le livre de l'Introduction aux ver-
(2) Cloysault, tus chrétiennes, qu'il publia dans la suite, était un simple
Vies Ms.t1,p. recueil ou abrégé des entretiens de leur défunt Général : 267;t.un, p.287 tant cette unité de vues ct d'esprit était frappante (2).
ne n'a mieux t ils demeu- 3 leur parlait elle du Père
ngtemps des ent étrange- M. Olier ses vertus, enfin ssieurs, qui funt Pére de iple , dit M.
jue toute }s an saint pré rmir dans sa otre Maître ; e m6 dire à cette sainte nement toule la sæinteté iient tout-àle Père de ieux que M.
| pense; car e, un ver de paraître deps dans l'a- ’objet de la maintenant ent mes pamoi-même n ignorance u tant d’an-
se pérsuader es pensées du ction aux vertait un simple funt Général :
jante (2).