‹ Vie de M. Olier, fondateur du Séminaire de Saint-Sulpice [microforme]Chapitre 256 sur 332 · SUR L'ABBESSE DE FONTEVRAULT · texte numérisé non relu

SUR L'ABBESSE DE FONTEVRAULT

NOTE 1, p. 319. — Jeanne-Baptiste de Bourbon, fille naturelle de Henri IV, fut prévenue, dès l'enfance, des plus singulières bénédictions, et obtint, à force d'instances, d'être envoyée à l'abbaye de Chelles, où clle fut élevée saintement. Devenue, dans la suite, abbesse de Fontevrault, elle fit admirer danssa personne les vertus d'une Religieuse accomplie. Elle aimait la retraite, le silence, la priére; la régularité, la pénitence et la mortification; souvent elle ne couchait que sur des ais, ou sur la paille. Elle pratiquait la pauvreté avec tant d'exactitude, que l'on compta un jour sur son habit jusqu'à sept ou huit pièces recousucs ensemble, On la voyait laver la vaisselle, balayer le cloître et la cuisine, servir les malades jour et nuit, assister avec ferveur les mourantes sans acception de personnes. Son affabilité lui gagnait le cœur de ses filles, et sa gravité leur respect. Enfin, toutes ses vertus et ses belles qualités naturelles, encore plus que sa naissance, lui donnèrent un grand crédit auprès de Louis XIII et de Louis XIV. A toutes ces heureuses dispositions du cœur, elle joignait une si grande facilité d'esprit, qu'elle faisait ses lectures ordinaires dans les ouvrages des Pères latins, et composait des traités de philosophie et de théologie, que l'on conservait autrefois à Fontevrault. Elle mourut, le 16 janvier 1670, âgée de soixante-deux ans, après avoir été abbesse trente-trois ans (1).

NOTE £, p.320 — L'affaire qui appela la princesse Jeanne- Baptiste de Bourbon à Paris, en 1641, et dont M. Olier espérait un bon succès, était la question célèbre de la juridiction de cette abbesse, On sait que le pieux fondateur de Fontovrault, pour honorer la très-sainte Vierge, ct l'autorité que Jésus-CHrisr lui avait donnée sur saint Jean, lorsqu'il dit à ce disciple bien-aimé : Voilà votre Mère, avait voulu que les Religieux aussi bien que les Religieuses fûüssent soumis à l'abbesse, et que cette fille fût le Général de l'Ordre. Les Religieux ayant élevé des doutes sur la légitimité de ses priviléges, elle fut maintenue en conséquence des bulles du saint Siége, par letires patentes de Louis XIIT, du 6 novembre 1641, coriormément à l'avis de la Faculté de théologie de Paris de l'an 1641, et à celui des commissaires

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nommés par ce prince, au nombre de neuf, dont trois étaient évêques, trois conscillers d'Etat et trois docteurs de Sorbonne des plus savants, Cornet, Duval et Coquerel.

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