RÉGLEMENTS DU SÉMINAIRE DE VAUGIRARD
cation, et à celui du catéchisme ; fonctions que tous les directeurs du séminaire avaient exercées pendant huit ou dix ans, dans les travaux de leurs missions.
Dès-lors et comme on a continué depuis au séminaire de Saint-Sulpice, on leur donnait le soir, ordinairement de deux en deux jours, des sujets d'oraison de vive voix; le matin ils employaient une heure entière à ce saint exercice; on les con-duisait en promenade une fois la semaine ; les jours de leurs communions ordinaires, étaient les dimanches et les jeudis (1); sans parler de quantité d'autres semblables pratiques, qu'on peut voir encore dans le règlement du séminaire de Saint Sulpice. Car c'est à Vaugirard que furent faits, et que commençérent d'être mis en usage, les règlements principaux observés depuis, dans les séminaires de Saint-Sulpice. « Ayant à dire, rapporte M. du Fer- » rier, parlant de Vaugirard, comme la bonté de » Dieu fit réussir ce que tout le monde croyait im- » possible, je ne prétends pas mettre ici les règle- » ments qu'on y fit, ni le détail des exercices pour » former les ecclésiastiques , et pour reconnaître » s'ils étaient appelés de Dieu à cet état (2). » Pour qu'il ne manquât rien à la perfection des règles et de l'ordre qu'on établit à Vaugirard, Dieu voulut même que M. Olier et ses collaborateurs joignissent à leurs propres lumières, celles des hommes les plus sages et les plus expérimentés de ce temps, qu'il y eût à Paris : saint Vincent de Paul, dom Grégoire Tarrisse, le Père Bataille, le Père de Saint- Jure, alors recteur du noviciat des Jésuites, rue Pot de fer (3), le Père Hayneuve, M. Bourdoise, les Pères de l'Oratoire, de Monchi et Bouchard, qui tous voulurent bien les aider de leurs conseils dans la formation du nouvel établissement. « Cet excel- » lent homme, dit M. du Ferrier, parlant en par- » ticulier de M. Bourdoise, nous fut très-utile dans » les commencements, et nous communiqua beau-
Réglements
du séminaire de Vaugirard,
(1) Mémoires
autographes de M. Olier.
(2) Mémoires
de M. duFerrier,
pe
de
(3) Archives l'Empire.
Carton L. 12117.
Cette rue est au-
jourd'hui appe-
lée Bonaparte.
(1) Archives de l'Empire. — Cart. L. p. 158.
Bourdoise. Ms.
in-4°, p. 514.
(3) Mémoires de M.duFerrier, p. 155.
(4) Vie de M. Rourdoïse, HMs., in-40 p.
(5) Vie de saint Vincent de Paul, par M. l'abbé Maynard, t.n,
» coup d'écrits et de mémoires dont nous profi- » tâmes +(1).» L'historien de ce dernier ajoute : « Il alla les trouver à Vaugirard, et les aida pen- » dant trois semaines environ, à formcr un corps » de séminaire; ce qui arriva au mois de février » 1642 (2). « Aussi, M. du Ferrier, qui écrivit ses mémoires longtemps après, fait-il remarquer, que le séjour de ces jeunes Messieurs à Vaugirard «ne » fut pas une petite grâce de Dieu, pour les former » à l'état ecclésiastique, où » ajoute-t-il, « ils ont » réussi avec tant de bénédiction (3). « +}
Ces bénédictions que Dieu se plaisait à verser ainsi sur l'établissement naissant de la Société et du séminaire de Vaugirard, faisaient dire à M. Olier avec autant de reconnaissance que d'étonnement : » Je me suis réjoui, et je me réjouisencore en voyant » que ce qui se fait journellement dans la petite » compagnie, n'est point attribué à personne de » nous, et qu'il est évident que Dreu seul fait ici » toutes choses; car il n'est pas un de nous qui » puisse donner sujet au monde de dire : Un tel a » fait cette œuvre. O ! que Dreu soit béni, qui veut » seul se glorifier dans son ouvrage! Je vois quel-
.» quefois mon néant, et celui de toute la Compa-
» gnie, avec une lumière si pure et si claire; je suis » si fort convaincu de notre incapacité et de notre » impuissance à rien faire pour Dieu, qu'il me » semble que tout va se perdre, que toute la société » va se ruiner, n'y ayant rien en nous qui puisse » nous faire subsister un instant. Ces vues de notre
+ M. Bourdoise avait composé, en 1633, plusieurs conférences sur les qualités nécessaires à des prêtres de communauté: et on avait aussi à Saint-Nicolas plusieurs recueils de l’Ecriture, des Conciles et des Pères, que M. Beuvelet en 1654 réduisit en forme de méditations (4).
++ Tous ces détails doivent servir de correctif, à ce qu'on lit dans la dernière Vie de saint Vincent de Paul : que le séminaire de Vaugirard ne fut apparemment qu'une réunion de piété, sans étude de théologie; une simple association d’ecclésiastiques et de prêtres, où rien n’était encore organisé (5).
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