M. OLIER EST FAVORISÉ DE GR. LUMIÈRES
» pressé par sa conscience : mais il était si honteux, » qu'il n'osa ni me regarder, ni prononcer une seule » parole; il me parut vivement touché et dans des » dispositions sincères de pénitenceet de componc- » tion (1). :
» Le jour de saint Jacques, qui fut un vendredi, » je prêchai sur l'Evangile du jour, où il est parlé » de la mère des enfants de Zébédée , et de la de- » mande ambitieuse qu'elle avait faite pour eux à » Notre-Seigneur. Pendant mon discours, je vis » paraître devant moi une de mes cousines, très— » mondaine (Madame Dolu de Dampierre), accom- » pagnée de deux de ses enfants. Elle venait me les » présenter (à Vaugirard), pour que je les pous- » sasse aux dignités de l'Eglise. Alors, sans savoir ». sa demande, que je n’appris qu'après la prédica- » tion, je commençai à parler contre la vanité et » l'intérêt grossier du monde. qui portent à faire » tant de pareilles sollicitations ; car, sans la su- » perbe et l'amour-propre, les autels de JÉsus- » CHRisr seraient déserts, et les églises abandon- » nées. Je me sentis porté, par un mouvement par- » ticulier, à dire que les demandes semblables à » celles de la mère de saint Jacques, étaient refusées » de Dreuet de Notre-Seigneur JÉsus-CHRIST, étant » si opposées à ses maxirnes et aux vérités de son » Evangile ; qu'au reste si cet Apôtre eût été en ma » place, et fût monté dans cette chaire, il eût prè- « ché contre sa propre mère, et se fût condamné » lui-même de lui avoir suggéré la demande qu'elle » avait faite pour lui. Je me souviens que nos Mes- » sieurs, me voyant parler avec tant de zèle et de » force contre la vanité de cette mère, qui cherchait » la grandeur, (car tout ce qui ressent le monde et » sa superbe me met hors de moi), et m'entendant » dire que son propre fils prècherait contre elle- » même, s’il montait en cette chaire, pensaient que » je parlais de ma mère, qui ne peut souffrir la bas- » sesse de l'état que j'ai embrassé... Or, après le
de M.Olier,t.u, p. 258.
do
(1) Mém. aut.
de M.Olier,t.u, p. 438, 439.
» sermon , recevant la visite de cette même per- » sonne, je lui dis hautement ces vérités, en pré- » sence de son mari, lui remontrant spécialement » que son exemple et sa conduite étaient la cause » de la vanité de ses enfants. Elle fut vivement » touchée, jusqu'à se voir obligée de répandre des » larmes : ce quine m'empêcha pas de refuser net- » tement sa demande pleine d'ambition et de va- » nité (1). »
Les petits enfants, pour lasanctification desquels M. Olier avait toujours eu une si tendre sollicitude, participaient aussi, selon la faiblesse de leur âge, aux douceurs de ce céleste aliment. « Me dispo- » sant, dit-il, pour aller à la promenade, j'avais » pensé devant Dreu, d'aller dans un certain lieu du » village, lorsque l'un de nos Messieurs me dit : » Allons dans un tel endroit. Je me soumis par » obéissance, m'abandonnant au bon plaisir de » DIEU; mais cette mème personne s'engageant in- » sensiblement ailleurs, nous allâmes dans le lieu » auquel j'avais pensé d'abord. Là je me prome- » nais avec un homme de Dreu, dans une belle » allée du jardin; et comme je sentais que mon » Maître voulait quelque chose de moi, je fis assem- » bler les petites écoles (de Madame de Villeneuve), » et fis un discours pour les maîtresses, qui sont » fort spirituelles, et aussi pour les petits enfants. » Cela se faisait avec paix et douceur. Les paroles » qui me semblaient sortir de mon cœur touchaient » sensiblement tout le monde, et moi-même j'en » étais tout embaumé. C’est une eau précieuse que » Dieu distille par ce vase de terre, ce canal de » plomb. Je me souviens que je parlai du Saint- » Esprit, et je trouve une suavité tout extraordi- » naire à le faire connaître aux âmes. J'apprends » toujours, en exhortant, quelque chose de nou- » veau que je ne savais pas, comme il m'arriva ce » jour-là. Aujourd'hui encore, parlant à nos Mes- » sieurs du sujet de la Transfiguration, je sentais
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