‹ Vie de M. Olier, fondateur du Séminaire de Saint-Sulpice [microforme]Chapitre 285 sur 332 · M. MEYSTER ET LE CARDINAL DE RICHELIEU · texte numérisé non relu

M. MEYSTER ET LE CARDINAL DE RICHELIEU

NOTE fre, p. 378. — M. Meyster qui avait eu tant de part

(1) Mém. de à la formation de l'établissement de Vaugirard, alla passer

M, du Ferrier, quelques jours avec $es amis, pour leur communiqu:7, à son

p. 155. ordinaire, les grâces dont Dieu le comblait (1). Il visita aussi

le cardinal de Richelieu, qui depuis plusieurs années dé-

sirait sa visite. Dans l'entretien qu'ils eurent ensemble, le

Ministre, ravi de- voir enfin ce missionnaire, lui offrit un

fonds de quatorze cent millelivres, pour des établissements

de missions, sans pouvoir lui rien faire accepter malgré ses

vives instances. Ce nouveau refus le toucha si vivement.

qu'il en fut alarmé pour lui-même; et, dans son émotion, il

en vint jusqu'à dire à M. Meyster : « Mais, Monsieur, Dieu

» vous a-t-il fait connaître que je suis réprouvé, et qu'il re-

» jette ce qui vient de ma main? Dites-moi, je vous prie,

» croyez-vous que je puisse me sauver dans l'état où je suis ?

» — Monseigneur, reprit M. Meyster, nous en avons parlé

à» diverses fois avec le Père de Condren. — Et qu'en avez-

» vous pensé? lui dit le cardinal. — Nous sommes demeurés

» d'accord que vous aviez en main un moyen pour assurer

» votre salut, qui est le pouvoir de soutenir les droits de

2» l'Eglise, et de faire nommer d'excellents. hommes aux

» évêchés. — Je vous assure, dit le cardinal, que je suis

» tellement dans ces sentiments,que je ne songe qu'à choisir

» les plus capables et les plus dignes, sans m'arrêter à la

» sollicitation ni aux services des parents. J'en connais l'im-

» portance, et je suis convaincu qu'on encourt la damnation,

» aussi bien en nommant à un bénéfice à la considération

» des amis ou des services rendus par les proches, qu’en les

» vendant à deniers comptants. » On doit à ce grand Minis-

tre la réformation des brevets de nomination aux évèé-

chés et aux abbayes; il y supprima ces mots qu'on y

(2) Ibid. pag. mettait auparavant : Et pour reconnaître les bons et agréa- 169, 170. bles services rendus (2).

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