‹ Vie de M. Olier, fondateur du Séminaire de Saint-Sulpice [microforme]Chapitre 291 sur 332 · RS A · texte numérisé non relu

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fixer dans son propre diocèse, leur offrit des lettres (1)Kzordiaet d'établissement, qu'ils acceptèrent (1). M. d'Authier eut alors instituta conle dessein de faire en Dauphiné, ce que Saint-Vincent de 9regationis, SS. Paul pratiquait à Paris; et comme ce dernier avait com- Lt JU + AP ,, fianopoli, 1658, mencé en 1636 un séminaire-collége aux Bons Enfants, il ;œmon., in-12 résolut d'en établir un à Valence. L'Evèque, par ces mêmes p, 44 ot seq. lettres du 16 Janvier 1639, l'adopta pour son séminaire (2\ Vie de M, diocésain; et Borély, dans la Vie de M, d'Authier, l'appelle d'Authier par le premier séminaire qui ait été établi en France (2. ne Hg Lyon , Dans nos précédentes éditions de la Vie de M. Olier, : ri dd h nous avions dit, que cette assertion d'un écrivain beaucoup 3». 4 trop récent, était démeniie par des témoignages contempo- (3) Histoire harains. Surquoi l'auteur de l'histoire hagiographique du diocèse giographique du de Valence, nousobjecte, que Borély n’a rien affirmé qu'ilu'ait diocèse de Vavu de ses yeux, pendant les longues années qu'il fut attaché 2 Ag à la personne du fondateur (5). Il ne faut pas, sans doute, #, pe 410 Le prendre cette assertion d'une manière générale et en ce """ sens que Borély dans son livre n’a rien affirmé que ce qu'il a vu de ses yeux; car cet auteur parlant des sources de son travail dit qu'il y a recueilli ce qu'il a vu de la vie de PS A de M. M. d'Authier ou ce qu'il a pu apprendre des uns et des autres(4), ir p. 2 Là ide 11 faut donc la restreindre à la fondation du séminaire de ”" Valence qui est le point en litige; mais alors encore l'auteur de l’histoire hagiographique se trouvera en opposition avec Borély luimêème. Dès la première page de son avertissement, en effet, il nous apprend que, né à Marseille, il fut attiré à Dixu par M. d'Authier, son compatriote, et qu'il passa en sa compagnie les dix dernières années de la vie de celui-ci. Et comme c'est en 1667 que M. d'Authier cest mort, ce n'est qu'en 1657, c'est à dire 18 ans après l'établissement du séminaire de Valence que Borély a pu voir de ses yeux, ce qu'il rapporte au sujet de cette maison. Mais ce n'est là qu'un incident assezléger dans la question qui nous occupe ; et nous n'eussions pas relevé cette inexactitude, si cela n'aidait à faire comprendre comment Borély a pu se tromper sur la nature du séminaire de Valence. Ii s'est trompé en effet: car cette maison ne fut dès l'origine qu'un séminaire-collége, en tout conforme à ceux que le saint Concile de Trente avait prescrits et que le Roi Henri III, dans l'ordonnance de Blois, avait recommandé d'établir.

Pour s'en convaincre, il suffit delireles lettres d’approbation que l'évêque de Valence donna le 16 Janvier 1639 aux missionnaires du Saint-Sacrement,enleur confiant à perpétuité la direction de son séminaire. Elles sont en tête d'un écrit que M. d'Authier publia vers 1638, et qui est intitulé: ex- (5) Grenoble, or dia et instituta Congregationis sanctissimi Sacramenti(5). Après t. v, in-12. avoir parlé des efforts qu'il fait depuis long-temps pour

(1) Exordia, ete.

dissiper l'ignorance dans son diocèse et y étouffer l'hérésie; du

-désirqu'ila que tous les prêtres soumis à sa juridiction, soient

par leurs vertus et par leur science dignes et capables des fonctions ‘ qu'il veut! leur confier; le prélat parle dé la joie qu'il a ressentie, en apprenant que les missionnaires du très Saint Sacrement l'aideraient efficacement sur tous ces points; leur Congrégation ayant surtout pour fin de dissiper l'ignorance, de combattre l'erreur, et, ce qui est préférable encore, « se proposant d'établir des séminaires dans » lesquels on enseigne aux clercs qui aspirent au ministère

>» sacerdotal les premiers éléments des connaissances divines

» et humaines, ainsi que les autres choses dontles ecclésias- » tiques doivent être instruits. Ce qui non seulement sera » très utile à l'Eglise, mais encore est conforme aux règle- » ments dressés par celle; le saint Concile de Trente ayant » institué, ordonné et aidé par tous les moÿens en son pou- » voir detels séminaires. Ce que le Roi Henri III, par l’ordon- » nance de Blois, a aussi recommandé. + »

fl ne s'ag'ssait donc pas, en 16:59, d'établir à Valence un séminsire uniquement composé de jeunes gens qui eussent term: :* leurs études de belles-lettres, mais un séminairecollége uü l'on recevrait aussi des enfants qui ne savaient pas’encore le latin. C'est ce qu'on voit très-clairement pa* les statuts ‘de la Congrégation du saint Sacrement que l'Evêque de Valence approuva formellement pour son séminaire, et que M: d'Authier publia, en 1638, à la suite des lettres de M. de Leberon. Il est dit que, dans le séminaire, conformément au décret du concile de Trente, on énseignera aux jèunes élercs les langues et les humanités, et que, quand ils en au- Font été instruits, on les appliquera à là philosophie et enfin à“la théologie. ++

+ « Carolus Jacobus de Gelas de Leberon Valentinensis » Episcopus:…. Quodque sane potissimum ducimus, sémina- » riaproponant erigere in quibus tum scientiarum diviñarum, » humanarumque semina spargenda, tum reliqua élericis » congrua sacerdotale ministerium ambientes docéndi sunt. » « ... Quod non solum ecclesiæ utilissimum, sed etiam ex ejus » instituto esse constat; cum sacrosancta Tridentina:syno- »dus $seminaria éjusmodi instituerit, jusserit, juvéritque » omnibus quibus potuit modis; quod etiam Henricus III » ordinatione Blesensi commendavit …. Mos (sacerdotes) Va- » léntiam advocavimus, ibidemque prædictam congrega- » tionem missionariorum cleri stabilivimus, perpetuum mi- » nistrorum ecclesiæ nostræ seminarium. Laudavimus et » approbavimus ipsorum statuta .../{)»

++ Sequuntur statuta : Congregatio igitur, juxta sacri Conciliiintentum, tam salubre ejus decretum exequatur. Hic clerici

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inensis émina- Narum, lericis sunt.»

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Conciclerici

Voilà ce qu'on se proposait de faire au séminaire de Valence, en 1639, ce qu'on pratiqua en effet, au moins durant les quatre À cinq années qui suivirent immédiatement. C'est ce que nous apprend encore l'écrit déjà cité. On y voit qu'en 1643, le 14 octobre, le conseil de Ja ville de Valence offrit la direction de son collége aux prêtres de M. d'Authier à cause des études florissantes d'humanités et de philosophie qu'on faisait alors au séminaire, et dans l'espérance qu'on en ferait de semblables au collége communal. +

Ainsi, l'établissement du séminaire de Valence, fait en 1639, ne contredit en rien l'assertion de M. du Ferrier touchant l'origine des grands séminaires; ii en confirmerait plutôt la vérité en montrant qu'à cette date, M. d'Authier, quoique fondateur d'une Congrégation qui se proposait d'établir des séminaires, n'avait même pas l'idée de tenter autre chose que ce qui avait été précédemment essayé. Il est donc à regretter que l'auteur de l’histoire hagiographique du diocèse de Valence n'ait pas consulté les monuments contemporains dontil'autorité est décisive et tout-à-faitirrécusable, et qu'ilse soit fondé sur l’assertion fautive du biographe de M. d'Authier pour donner au séminaire de Valence, comme grand séminaire, la priorité sur celui de Vaugirard (1). À l'appui du biographc, il cite l'autorité du Père de Montigny qui n'a écrit que vers la fin du XVIII: siècle, (2) ou plutôt celle de l'auteur des annales de la Congrégation des Eudistes qui, écrivant en 1722, s'est appuyé lui-même sur le biographe de M. d'Authier (3) à qui il s'en est rapporté de bonne foi. C'est ainsi que sont exposés à s'égarer les écrivains qui ne recourent pas aux sources et se contentent de se suivre -les uns les autres, comme l’a fait encore tout rér:.ument l'auteur de la vie du P. Vigne sur le sujec même dont nous parlons. (4)

Nous ne prétendons pas pourtant rendre suspecte la bonne foi de Borély, mais seulement sa facilité à donner pour des faits certains de simples conjectures. Nous pensons que iorsqu'il alla résider à Valence en 1657, cette maison fondée

linguas hebræam, græcam et latinam, humanioresque litteras doceantur: quibus imbuti animi philosophiæ incumbant, mox in superando scientiarum apice, theologia positiva scholastica et morali, atque in jure canonico perdiscendo

operam navent (5).

+ Interea urbs Valentina humaniores litteras ac philosophiam florere in seminario advertens, collegium suum Con gregationi ultro obtulit. Acceptatur ab ea collegium, ineuntur pactiones, solemnique firmantur contractu anno 1848 die 14 octobris. (6)

1) Hist. hagtograph., pag 420, 421.

(2) Vie du P.

JeanEudes1827, in-12, préface passim, p. 87,

(3) Annales de la Congrég Ms.

liv. 1, chap. x,

(4) Essai sur ta vie du Père Vigne, par l'abbé Veyrenc. Valence, in-12, p.

(2) Exordia et instituta, p.61, o6

(6) Exordra, p. 4, Jo.

(1) Vic de M.

d'Authier, p.11.

(2) Vie de saint Vincent de Paul, liv. av, 1641.

(3) Saint Vincent de Paul,par l'abbé Maynard, 1860, t. n, p.

(4) Ibid., pag.

(3) Vie de J.

Guérin, év. de Genève, t.n, ch.

d'Aranthon, liv.

n, chap, v.

(1) Pie de saint Vincent dePaul, iv, 1, ch. XXV1.

(8) Lett.de feu M, Vincent, du 9 février 164%, dul1mars164:, du 9 avril 1647,

dix-huit ans auparavant comme séminaire-collége avait pris la forme de grand séminaire alors généralement adoptée en France, et que dans la suite, lorsqu'il composa la vie de M. d'Authier, lisant dans celle de saint Vincent de Paul. par Abelly, dont il faisait beaucoup de cas (1), que les grands séminaires de la Mission n'avaient commencé qu'en 1642, il en aura conclu que celui de Valence fondé en 1639 était le premier qui eût été établi en France. Au reste ce n'est pas le seul point de la vie de M. d’Authier qui aurait besoin de correctif ou d'éclaircissement., si l'on en donnait une nouvelle édition. !

M. d’Authier fut fait évèque de Bcethléem en 1651. [1 gouverna son institut, qui fut confirmé en 1647 par InnocentX, jusqu'à sa mort arrivée à Valence le 17 septembre 1667. Ceux de ses prêtres qui dirigèrent après lui cette maison, portèrent toujours ct jusqu'au moment de la révolution française, le titre de régent qui avait été donné dès le commencement aux professeurs dans ies séminaires-colléges. Après la tourmente révolutionnaire, cette société ne se rétablit pas : ce qui donna lieu à deux de ses membres, MM. Ojardias et Pajot, de s'offrir à M. Emery qui les admit à travailler dans celle de Saint-Sulpice. Ils furent quelques années directeurs au séminaire de Clermont.

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