‹ Vie de M. Olier, fondateur du Séminaire de Saint-Sulpice [microforme]Chapitre 6 sur 332 · XXII, CAP. XVIII · texte numérisé non relu

XXII, CAP. XVIII

vii PRÉFACE.

En effet, comme le mal était descendu des pasteurs et des prêtres dans les rangs inférieurs de la société, c'était par eux aussi que le remêde devait venir: la vie ne pouvant couler du chef aux extrémités des membres, qu’en vivifiant d’abord les organes principaux, pour être ensuite portée par eux dans tout le reste du corps. Mais il y avait peu d'espérance de régénérer des prêtres, qui, entrés pour la plupart sans préparation dans les saints Ordres et dans les charges ecclésiastiques, avaient contracté de longues habitudes d’une vie toute séculière, souvent même déréglée et scandaleuse. Aussi les Pères de Trente reconnurent-ils que, pour guérir les maux du clergé, il fallait les retrancher dans leur source : c’est-à-dire, former une nouvelle génération de ministres des autels, et, pour cela, ouvrir à la jeunesse, non plus seulement des académies savantes (on n’en manquait pas alors), mais des séminaires (1), ou, à l’abri des séductions du monde et des passions, cet âge fragile, s’établit et s’affermit dans les principes de la vie chrétienne et sacerdotale, se pliât aux habitudes de la sainte discipline, et se formäât, de longue main, à l’administration des sacrements, à l’art de catéchiser les enfants et les hommes simples, au chant et aux cérémonies de l'Eglise, en un mot, à tout le détail des fonctions ecclésiastiques ; afin que, par les pieux et fervents prêtres qui sortiraient de ces nouveaux cénacles, on vit refleurir partout les mœurs chrétiennes et la religion+. Saint Charles

+ Ut ergo talisus operariis nunquam destituatur Ecclesia, saluberrimo decreto à S. Synodo Tridentina sanciturm fuit,

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