‹ Vie de M. Olier, fondateur du Séminaire de Saint-Sulpice [microforme]Chapitre 7 sur 332 · RO · texte numérisé non relu

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PRÉFACE. ix

Borromée, en exécution de ce décret, ouvre des séminaires dans son diocèse de Milan: il donne comme la première forme à ces saintes communautés, et l’Eglise de France, cette illustre portion de la grande société chrétienne, qui semble participer à la fermeté de la chaire apostolique, parce qu’elle s’y est tenue constamment unie, s’empresse aussi d'adopter cette salutaire institution. Divers conciles provinciaux (1), et une célèbre assemblée du clergé, qui peut passer pour un concile national (2), prennent des mesures pour la fondation des séminaires, et en dressent comme de concert les règlements.

Qu'elle est belle, à cette heureuse époque, l'Eglise de France! qu’elle se montre forte et puissante contre le déréglement des mœurs et l’hérésie, fruits de l'ignorance des siècles passés ! Au souflle de l'Esprit régénérateur, le zèle évangélique se rallume de toutes parts, et de nouveaux apôtres se répandent ça et là, pour annoncer, comme au commencement, la doctrine du salut dans nos provinces. Au premier rang, paraît saint Vincent de Paul: cet homme, en qui la prudence de la foi égala une charité qui fait ut seminaria instituerentur, in quibus clerici à tenceris an-

nis, ad pietatem ct disciplinam ecclesiasticam informarentur (5).

Nihil quippe dici aut cogitari potest hoc decreto exquisitius ad hæreses exstirpandas, et reddendum Ecclesiæ Dei pristinum suum nitorem, et clero sacerdotioque pristinum suum decus, ac consequenter ut intra non multos annos Ecclesia mirè floreat eruditione sacrâ, pictate, vitæque puritate, atque adeco jam inde ab initio Ecclesiæ vix quidquam præclarius aut efficacius institutum esse videtur, ad reddendum Ecclesiæ Dei florentissimum statum (4).

(1) Concil. Rothomag. an.

1581. — Burdigal. an. 1582 — Rhemens. an.

1583. -— Turonen. an. 1583.

—Biluricens.an.

1584— Aquens.

an. 1585.— Tolosan. an. 1590.

(?\ Convent.

Melod.an.1519.

De legibus seminarit,

Renouvellement des peuples par les missions, l'éducation de la jeunesse etc.

(3) Concil. Burdigal. 1582.

(4j Concil. Camerac. Tit. de Sémin. ç. 1,

SERRE Br drrorhee nc -nermr ere MO

x PRÉFACE,

encore l’étonnement du monde, se dévoue, lui et

(1) Bulle d'ins. les siens, à la sanctification des peuples de la

tation de J8 campagne({). « Ce grand personnage, dit M. Olier,

ves duRoyaume, » à préché jusqu’à maintenant partout la pénirection histori-

Le time tence, par lui ou par ses disciples; il est élevé ol, . . . .

(2) Mém. aut. » au plus haut point de l’estime, et a acquis un

Moss » honneur et une célébrité qui pourront passer

Neue Fr 2 » pour incroyables ; et, certes, il les mérite par le P. Dau- » bien (2). »

benton. Dir , 11

(4) Vie de M. Suscité pour donner cet ébranlement général, ha. Saint Vincent de Paul communique le feu dont il

PURE 1666,1n- brüle à une multitude de pieux ecclésiastiques, (5) Le parfait dont il fait autant d’imitateurs de ses travaux :

Missionnaire,ou . 0

Vis du P. Mau. CAT, Sans parler ici des Régis (3), des Le No-

noir, par le P. . /% ;

Boschét , 1601, PIetZ (4), des Maunoir (5), un grand nombre

Re d’autres forment de ferventes associations de AU) . . . Q 4 P.de Montigny. 1 >, A Û *amps Montigny. missionnaires , qui, semblables à des camp 1) Vie de M. ‘ PAS ab par Volants, se transportent partout cà les appellent D a pas les besoins des peuples : le Père Eudes, dans la noue dl Normandie et la Bretagne (6); Roussier, dans l’Au- 103, in- 2. . .

(9) Vie du P. vergne et le Forez(7); d’Authier de Sisgau, dans Le Quieu. Avi- 7 à | énon, 1681, le Dauphiné (8) ; le Quieu, dans le Comtat, la

Ag 4 Provence, le Bas-Languedoc (9); Crestey, dans dut, in-12. la Normandie (10 ; Cretenet, dans la Bresse, le (11) Sa Vie, par è Aa a TR Orame, Lyon, Lyonnais et les provinces voisines (11); René L’E- 111, in 8°. PESTE hs NAS e ‘A Vie des Vêque, à Nantes (12); Bertet, à Avignon (13);

AUUR de Br hlus tard, Grignon de Montfort, dans le Poi-

(13) Abe de tou (14). Et pendant que ceux-ci évangélisent sa Vie.Atignon. ; .

(1) Sa vs par les pauvres et ramènent dans le bercail tant de TE Vie de ce. brebis égarées, un grand nombre d’autres tra-

Mure « Yaillent, avec des soins infatigables, à la sancti-

Herre de Bé- fication de l’enfance et de la jeunesse: les Jésuites, rulie, par

er Le (7 Doctrinaires (15), les Oratoriens(16); dans la

ai et e la lier, éni-

PRÉFACE. xi

suite, les Frères des écoles chrétiennes (1); et, pour les filles : la Visitation, les Ursulines (2), les Filles de Notre-Dame de Bordeaux(3), de la Congrégation de Notre-Dame en Lorraine; celles de la Croix, de la Charité, de Sainte-Geneviève ; les Sœurs de S. Joseph, celles de Nanci, d'Arras, de S. Maur(#), et beaucoup d’autres moins connues.

L'état religieux se relève en même temps de ses ruines. En ce siècle, on voit paraitre, comme de concert, les réformes de Saint-Vanne (5), de Saint-Maur (6), de Sainte-Geneviève (7), de Chancellade (8), de la Trappe (9), de Sept- Fonts, d'Orval, de Grammont (10); et, pour les femmes, les réformes, du Carmel, (11), du Calvaire(12), des Bernardines, du Val-de-Grâce, (15), du Père Fourrier (14), et autres, ainsi quediverses congrégations nouvelles, qui, se formant comme à l’envi, édifient le monde, et par la ferveur qui accompagne les institutions naissantes, et par la pieuse émulation de vertu qu’elles excitent dans les anciennes. Enfin, de toutes parts s'élèvent mille œuvres diverses pour le soulagement corporel et spirituel des pauvres et des malades, pour la sanctification des ouvriers, pour la conversion des hérétiques. On voit s’ouvrir des maisons de repentir et de retraite, des asiles, pour l'enfance abandonnée, des hospices pour l’infirinité et la vieillesse. Toutes les miseres, en un mot, trouvent leur soulagement, et toutes les œuvres recommandées par l'Evangile ont, dans tous les rangs de la société, leurs héros et leurs apôtres.

de la Salle.

Rouen, 1733.

(2) Chroniques des Ursulines.

(3) Histoire des Ordres monastiques, t, vi, ch.

(4) Ibid. i. u, ch. Lxiv, etc.

Renouvellement de l'état religieux en France,

(5) Histoire du v. Didier de la Cour, par Haudiquer, Paris, 1722, in-8° (6) Gall. christ.

t vit,

(1) Vie du P.

Faure, 1698.

(8) Vie d'Alain de Solminihac, par Chastenet.

(9) Vie de l'abbé de Rancé, par Marsollier.

(10) Histoire des Ordres mon. t.

vi, Ch. Lv, etc.

(1U Vie de Marie de l'Incarnation, pur Boucher, in-8°.

(12) Histoire des Ordres mon., t.

(13) Vie de Mar-

guerite d'Arbouse,par Fleury, in-8°.

(14) Vie du P.

Fourrier, par Bedel, 1666. in-

VI | Renouvellement du clergé en France, par les séminaires.

Xij PRÉFACE.

Ainsi, après plus de seize siècles, l'Eglise de France parait encore aussi illustre et aussi féconde en Saints de tous les Ordres et de tous les rangs, qu'elle l'avait été dans son premier àge.

Mais cet élan universel se serait bientôt ralenti, et aurait été presque sans résultat, s’il n'avait eu pour principe la sanctification du clergé, essenticllement chargé d'entretenir la communication de la vie dans tout le corps de l'Eglise. Pour ce dessein, Dieu fit naître, dans le clergé même, diverses sociétés de prêtres, destinés à travailler, par les séminaires, à la formation et à la sanctification de l’ordre sacerdotal: la congrégation de l'Oratoire, et les autres sorties de celle-ci, ou du moins dont les fondateurs furent disciples des premiers Pères de l’Oratoire, savoir : la congrégation de la Mission, celle du Père Eudes, la société de Saint-Nicolas du Chardonnet, et celle de Saint-Sulpice, la seule qui doit nous occuper ici, et à laquelle M. Olier donna naissance.

Dès que ce digne ouvrier de la vigne du Seigneur connut les desseins de la Providence sur lui, on le vit s'employer, avec un zèle infatigable, à établir partout des séminaires, n’épargnant, pour les multiplier, ni travaux personnels, ni dépenses de ses propres biens, ni sacrifices des meilleurs sujets de sa compagnie : travaillant sans cesse, lui et les siens, à former Jésus-Christ dans les cœurs des jeunes clers, à les enfanter à la vie sacerdotale, et à relever, soutenir ou perfectionner les prêtres dans les voies de la sainteté, où l’éminente dignité de leur caractère les oblige de marcher constamment. A peine a-t-il institué

PRÉFACE. xiij

son premier séminaire, qu’on y voit accourir, de tous les coins du royaume, de nombreux disciples pour se former sous sa conduite aux fonctions et aux vertus de leur saint état, ou pour participer à son esprit de zèle envers les jeunes cleres, en devenant ses imitateurs dans les provinces. Grand nombre de prélats désirent, comme à l’envi, des sujets formés de sa main, pour commencer leurs séminaires; et enfin, jugeant de l’œuvre par les fruits de bénédiction qu’elle produit de toutes parts, une assemblée générale du clergé loue hautement les desseins de M. Olier, applaudit à son zèle, et lui donne la plus authentique et la plus honorable approbation (1). Aussi, une multitude d'écrivains, de tous les Ordres et de toutes les sociétés, ont-ils célébré unanimement ses vertus et ses travaux. Bénédictins, Chanoines réguliers, Dominicains , Franciscains, Minimes, Jésuites, prètres de l’Oratoire, de la Mission et autres, l’appellent à l’envi l’ornement du clergé, un homme au-dessus de tout éloge, par son zèle pour le rétablissement de la discipline, un prêtre qui a possédé dans le plus haut degré l'Esprit de Jésus-Christ, un nouvel Elie, un homme apostolique, éminent en science, en grâce et en sainteté; un personnage si connu, si respecté dans toute l'Eglise, que son nom seul rappelle l’idée d’un des plus dignes prêtres qui aient jamais été (2); et, pour tout dire en un mot, l'assemblée générale des Évêques écrivant, en 1730, au pape Clément XII, ne craint pas d’appeler M. Olier, dans le bel éloge qu’elle en fait, l’ornement et la gloire insigne du clergé de France.

(1) Projet de l'établissement d'un séminaire dansun diocèse, in-4°. 1651.

Atertissement.

— Lettres aut.de M, Olier, p. 1 et suiv.

(2) Vie de S.

Vincent dePaul, par Collet, t. 1, liv. ur, p. 189.

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