LA CONDUITE DE SAINT VINCENT DE PAUL ET S'EXERCE AUX MISSIONS
Le désir de rompre tout commerce avec le monde, pour se donner à Dieu sans partage, inspira à M. Olier la pensée d'embrasser la vie religieuse dans quelque monastère d'Italie. Il alla, pour ce dessein, dans l'île de Capri, au royaume de Naples: et là, sentant un vif attrait pour la solitude, il songea d'abord à se retirer dans quelque Chartreuse afin d'y vivre entièrement inconnu (1). Mais dans l'incertitude de ce que Dieu demandait de lui, il visita quelques-unes des maisons de ces contrées, qui retraçaient la vie des anciens anachorètes : la vue de ces anges terrestres fit naître en lui des impressions et des désirs qu'il avait peine à ne pas regarder comme des marques de vocation à la vie du cloître; et son attrait toujours croissant pour la contemplation, joint à la crainte de se perdre dans le monde s'il y rentrait, le confirmaient tous les jours dans cette persuasion. Cependant, ne connaissant pas assez clairement les desseins de Dieu sur lui, il prit le parti de repasser en France, où sa mère, privée de toute consolation, sollicitait ardemment son retour. Elle venait de perdre son mari, à la suite d'une maladie longue et douloureuse, pendant laquelle il avait fait éclater sa patience et sa vertu.
M. Olier , vivement affligé de cette nouvelle qu'il apprit à Rome, ne put, pendant un jour et une nuit entière, arrêter les larmes (2) que lui faisait répandre la tendresse filiale, plutôt que la crainte