Vie Ms
de M. Olier, par M. Leschassier,
reté d'un maître qui dompte son esclave; et ilp. 4.
suffisait qu'une action fût agréable à Dieu, pour qu'il s'y portât avec courage, quelque pénible qu'elle fût. Enfin, il était déjà tout posséde du saint amour; et pour l'allumer de plus en plus dans son cœur, il saisissait toutes les occasions de converser avec les personnes qui aspiraïient à la vie parfaite. Dans un voyage qu'il fit cette année à son abbaye de Pébrac, il eut l'avantage de visiter plusieurs fois une sainte Religieuse, la mère Desgranges, supérieure des Filles de Notre-Dame de Brioude, dont l'âge et les vertus éminentes lui inspirèrent une vénération profonde et une confiance filiale bien méritée. Dans ses entretiens avec elle, il croyait entendre la très-sainte Vierge, et il lui semblait que les paroles de cette sainte Religieuse füssent pour son âme une sorte de lait spirituel. « Pour l'amour de notre sainte Mère et » de son très-cher Fils, lui écrivait-il, continuez » à nourrir mon âme; parlez ouvertement à celui » qui. n'a de cœur que pour recevoir les senti- » ments du saint amour (quoique souvent il fasse » tout le contraire.) Ma Mère, à quoi doivent ser- » vir notrecorpset notre âme, notre temps, notre
DR ES ee à à
(1) Sapient.
cap. À, v.
2) Lettres autographes de M.
Olier, p. 269.
» vie, et même toute l'éternité, sinon pour aimer » DrEu, pour le louer, pour l'adorer? Il veut que » sur la terre nous commencions à vivre de la » sorte: donc, ma bonne Mère, apprenez-moi à » aimer votre Tout, votre grand Dieu, auprès du- » quel je n'ose m'approcher, en étant par moi- » même si indigne. Parlez-lui pour votre enfant, » et si vous voulez qu'il vous suive, mandez-lui » la manière dont il lui faut parler. Ma très-chère Mère, je suis sans voix et sans parole, puisque » je suis sans amour. Le Saint-Esprit qui est en » vous, a la science de la voix (1). Quand vous » m'aurez obtenu sa présence et sa sainte union, » ma bonne Mère, je ne vous demanderai pas » comment il faudra parler. Jésus, père d'amour, » et vous, Marie, la mère de la belle dilection, avec » votre saint époux, saint Joseph, obtenez-moi ce » saint amour. Amour, qui habites si hautement » et si pleinement dans ces trois personnes, donne- » toi à leur pauvre petit esclave, mais, hélas! in- » fidèle et ingrat! Amour, bouche tes yeux; mi- » séricorde, ouvre ton sein ; n'ayez point égard à » mes crimes. Souvenez-vous de ce que vous êtes, » et non pas de ce que je suis. Prenez-moi, gar- » dez-moi, consumez-moi dans vous, et puis je » suis tout content; dévorez-moi. Eh! feu du ciel, » je ne puis vivre si vous ne m'animez, ma vie est » une mort sans vous (2). »
L'ardeur avec,laquelle M. Olier s'excitait à l'a-
A quel de- mour divin, et sa générosité à embrasser les pragré de vertu tiques les plus héroïques de la vie parfaite, n'étaient Dieu appelait point, comme on pourrait se l'imaginer, l'impul-
M. Olier.
sion aveugle d'une ferveur indiscrète ou l'excès d'une imagination déréglée. Pour juger de la sagesse de cette conduite extraordinaire, il est nécessaire de considérer les desseins que la Providence avait formés sur lui, et auxquels ces actes de vertu devaient servir de préparation.
Div ne le destinait pas seuiement à devenir, se-
r aimer
eut que e de la z-moi à >rès du- 1r moienfant , ndez-lui ès-chère puisque i est en nd vous > union, erai pas l'amour, on, avec z-moi ce utement ;, donneélas ! in- UX ; Miégard à ous êtes, noi, garpuis je du ciel, a vie est
it à l'ales pra- ’étaient l'impulh l'excès est né- Proviactes de
nir, Se-
lon l'expression de l'Assemblée du clergé de 1730, (1) Collection
l'ornement et la gloire insigne du clergé de France (1), oe Mer dou
à l'embaumer encore après sa mort de l'odeur de sa Pièces justif. de