M, BILLAUDÈLE PREMIER DIRECTEUR DU GRAND SÉMINAIRE
De )epuis 1825, les ecclésiastiques qui n'avaient pas d'emploi daus le professorat résidaient à l'évêché, où ils recevaient des leçons de théologie. Le diocèse de Montréal, ne comptant que quelques années d'existence, ne possédait pas
encore tous les éléments d’une organisation complète. n était du plus haut intérêt pour l'avenir et le développement de la religion que l'on songeñt à la fondation d’un grand séminaire. La divine Providence, qui avait déjà donné succès à tant d’ La es de zèle, ne pouvait manquer de bénir la plus importante des œuvres de l'Eglise, et l’on est en droit de croire que si elle avait inspiré À M. Billaudèlo le géné reux sacrifice de ses plus chères affections, c'était pour qu'il se trouvât prêt au moment marqué pour l'exécution de ses desseins éternels.
On était en 1840. M. de Forbin-Janson !
1. Forbin-Fanson, Cherles-Auguste, évêque de Nancy, né à Paris en 1785, était en 1806 auditeur du conseil d'Etat; il renonça à la carrière administrative pour entrer au séminaire ; organisa en 1814 avec M. de Rauzan l'œuvre des Missions de France et prêcha lui-
mêm 8e avec un grand éclat, a alla visiter la terre sainte; fut, en 1828, nommé évêque de Nancy; il y déploya un zèle ardent qui Jui suscita de nombreux ennemis et se vit, par suite, forcé de quitter son diocèse, mais sans
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évêque de > Nancy, était attendu comme pre cateur pou L E & retraite pastorale MAIS {ne #4 arriver à l'époque ixee : sel LDAPPAS Lait gran
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>n s'adressa à M. Billaudèle Œuoique pris au À lu naiss 1 SACS ] | Li .
dépourvu, il dirigea les exercices de cette re-
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traite, précha avec tant de succès et conquit à un tel point la confiance du clergé, que Mr de Montréal résolut UNE atement de lui confier la direction des ecclési: astiqu es élevés jusque là dans son palais épiscop al. L'accord fat passé entre |’ évêque et le séminaire, et le T novembre de la même année, quin 20 séminaristes, qui COMposaient le personne) du nouvel éta Ranant furent installés dans lune des ailes du vieux collège de Montréal par Monseigneur lui-même qui vint bénir la chap olle du nouveau sémi-
paire. Toujours depuis, M. Billnudèle considéra ce jour comme l’un des plus beaux de sa vie, ot 11 aimait à le rapprocher de deux autres, avec lesquels il coïncidait, et qui lui étaient non moins chers, celui de 5a naissance et celui de son élévation au sacerdoce,
Ce nouveau genre de cette installation, sous un même toit, de deux communautés d'un esprit tout différent, ne manquaient pas de difficultés. La présence du nouveau directeur en “ aître les aspérités, et quand les sémi-
istes virent par quelles mains paternelles
vouloir donner sa démission. 1 partit alors pour le Canada, où ses prédicalions, on le sait, produisirent des fruits merveilleux et taourut peu après son retour en France, en 1844, à Marseille, lorsqu'il se disposait à partir pour la Chine, Il venait de fonder l’œuvre de la Sainte-Knfance pour 18 rachat cl le bapiéme des enfants chinois abandonués.
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le joug de la discipline leur était imposé ils s’y soumirent avec bonheur,
Le doigt de Dieu était visible dans le choix qui venait de placer M. Billaudèle à la tête du grand séminaire, Pour former des jeunes gens aux sciences ecclésiastiques, et jeter dans leurs cœurs les premières semences de la piété et de la vie ecclésiastique, il fallait un homme en qui les connaissances sacrées fussent alliées à une piété tendre et éclairée, qui fut à la fois et doctour et modèle, qui portât la vertu à un haut degré de perfection, et qui possédât l’art de la faire aimer et pratiquer; ces qualités se trouvaient dans le nouveau directeur, jointes à un air vénérable, à un abord facile, à un esprit vif et enjoué, à une grande aménité de caractère, à l’'habileté, au tact, à une exquise délicatesse dans le maniement des esprits et une connaissance très sûre du cœur hamain.
Sa picté avait de quoi réveiller les plus indifférents. Il suffisait de le voir pendant l’oraison, la sainte messe, l'action de grâces, ou l'office divin, pour se sentir soi-même excité à la ferveur, Dans ces moments le feu intérieur dont il était embrasé se reflétait sur sa figure, et donnait à ses traits une expression de ravissemeni,.
Donnant ainsi l'exemple de la piété, il ne lui était pas difficile d'en persuader la pratique et de communiquer aux séminaristes les dons spirituels dont il était si abondamment pourvu.
La première retraite vint lui en fournir l’occasion naturelle, Elle commença vers le premier de décembre pour se terminer le jour de J'Immaculée-Conception, M. Billaudèle la précha en entier, et ceux à qui il fut donné de l’entendre se rappelleront toujours avec bonheur
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les fortes impressions que sa parole laissa dans los cœurs. |
Fidèle au principal objet de sa mission, qui était de former de saints ps il revenait constamment dans ses instructio jar les devoirs du sacerdoce, Son exc ellente mémoire (res comte 61 LI les plus beaux textes le l'Ecriture et des saints Pères, dont il faisait les
lus heureuses sd plic cations, Les traits Les pus
is auts de l'histoire ecclésiasucue et de là
vie des gainta lui fournissalent abondantes ressources pour tenir en haleine attention de son auditoire,
Un de ges anciens élèves avouait qu'il prenait souvent pour sujet de méditation, un de ces textes, dont 11 lui avait entendu donner le développement, par exemple, te ehtu-ci qui contient toute la perfection de La vie sacai dotale: Sacerdos à debei es5e Deo propinquus, proximn à devot: Ÿ g2bt MorÉuus ; OÙ CO AULTE que donne 14 ICSUL de l'amour que nous devons à Lieu : ‘be:
de 20 cogitaré, libenter £ er are, libenter pr Dé pat. Ja ponee it comme un trail de feu qui port ait dans Le âmes ia lumière et la
Hour Elle consumait dans la cœur des jeu nos lévic es CO qui DOUX y rester encore d'af: fact LION pour 1 le en mag itiques o rizons de leg élevait à a me iteur du qu'ils étaient dostinés à à remplir. |
Leg jours passés sous 8a CON duite ont donc laissé des trac es pro! fondes dans les cœurs. ” Ab ! qu'il était bon,” répétent aujourd | hui tous ceux qui l'ont alors connu, “comme il nous faisait aimer la vertu! 1”
Ce n'est pas sans émotion que tant de véné
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us VIE DE M. DILLAUVELDE,
ra les évéêaues, quo CAN de pre êtres zé s qu IA à eus sous ga condtute, et dont plusieurs depris ont honorés du caractère éminent do | l'émiacopat, se rappellent le temps de leur séminaire. Un d’entre eux sera l'interprète des sentiments de tous : ‘“ Quel don il avait reçu de Dieu pour installer dans l'âme des jeunes ASpPL'AN EE AU St cercdoce, l'esprit ecclésiastique, dont In sienne était si bien remplie, Dans les entretiens qu'il
avait avec eux, il leur onvrait son cœur, il lais
; ; } , ° Le md V2 +7 sait lire dans son intérieur, et là on pouvait tudier à loisir lo cœur da prêtre, l'âme sacer-
dotale: naturellement on ni mettait sur les naroles de saint Paul : “ Zmitatores Le? estote, SiCUÉ Et ego ( hrist 2 On aimait toujours à l'entendre. Li peuple accourait en foule à ses sermons; toutefois dans ja chaire de la paroisse 1! ne semblait pas aussi bien dans son élément : pour le goûter, pour l'ap Le cier dans oute sa valeur, il fallait l'entendre dans les retraites pastorales, où dans les séminaires, par. lent de la dignité du prôtre, à à l'esprit acclé-
tique, de la vie sac erdo tale : c'est alors qu'il trouvait dans son âme si pure, si simple, si br û lante d’aruour pour son Dieu, les accents de la véritable éloquence, et sans s'en douter, il n'a. vait qu à se peindre Îui-même pour offrir à con
auditoire le portrait le plus accompli du véri.
| directeur des CC lé TIE ati ques 8 8e aisnit ressentir jusqu au nulieu des élèves du | | une façon différente, tant savait 8e faire tout à tous, et d’une raonière également salutaire et fructueuse. e me souviens, disnmit un ancien élève de temps, que M, Billaudèle venait souvent passer