‹ Vie de M. Pierre-Louis Billaudèle [microforme]Chapitre 11 sur 20 · M, BILLAUDÈLE DONNE DES CONFÉRENCES A NOTRE-DAME · texte numérisé non relu

M, BILLAUDÈLE DONNE DES CONFÉRENCES A NOTRE-DAME

Arrivé à Montréal, M. Billaudèle fut d'abord employé au ministère de la paroisse, Chargé de faire un cours d'instructions familières, le dimanche, à la suite des vêpres, il s’acquitta de cet emploi avec tout le fruit que l’on pouvait désirer. Les points les plus pratiques du dogme et de la morale formaient la matière de ces conférences, qu'il savait mettre à la portée des plus humbles intelligences, sans oublier ce qu'il devait à la partie la plus instruite de son auditoire.

Cette époque a été une des plus belles de sa carrière oratoire, et le souvenir n'en est point éteint parmi nous. D'une taille imposante, avec un geste noble et un organe magnifique, il apparaissait en chaire comme nn prophète, tirant de sa riche mémoire, de son imagination brillante, de sa sensibilité exquise, des enselgnements solides, empruntés à la théologie, aux saintes Ecritures, et des accents pathétiques imités des Pères de l'Eglise qui remuaient profondément les cœurs.

“ À une époque où il n'était pas absorbé par les charges et les emplois, a dit M. Cherrier, la prédication de M, Billaudèle, je m en souviens, était fort brillante, On se rappelle que dans cette chaire de Notre-Dame, illustrée par tant

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de prédicateurs, il a prononcé des sermons où il faisait voir qu'il était versé dans la littérature profane aussi bien que dans la littérature sacrée: son exposition était claire, éloquente. Dans ces sermons magnifiques, et qui plus d’une fois ont rappelé la manière des prédics

teurs du X VITe siècle, il dénloyait, entre autres mérites, une connaissance profonde des saintes Ecritures. {la aussi donné des conférences qu ont fait impression.”

Pius tard, poursuit l'orateur de la Saint-7an- Baptiste, quand il devint supérieur du sémiuaire et directeur de quelques communautés, ses occupations multipliées ne lui permirent pas toujours de se préparer autant qu’il aurait pu le désirer, et il dut recourir à l'improvisation. Pour ma part, je n’ai cessé d'admirer ces improvisations qui offraient toujours de grands beautés et n'étaient cependant que le résultat des mouvements spontanés de son âme.”

M. Billaudèle, dans un autre genre d’éloquence, celui des retraites, obtint encore des succès dont nous parlerons plus loin et qui cormpièteront le portrait du prédicateur.

Le témoignage le plus honorable de la puissance du nouveau prédicateur, fut le concours des fidèles aux offires 42 soir, jusqu'alors peu fréquentés, ot l'estime générale dont il 8e trouva dès lors entouré dans tout Montréal.

Le ministère de la parole ne l’absorbait pas tout entier ; il prenait encore sa part des travaux inhérents à l'administration de la vaste paroisse de Notre-Dame.

Pendant les trois années qu’il demeura dans l'exercice du saint ministère, on ne saurait croire à quel point il se rendit cher à toutes les

‘omantamits

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classes de personnes avec le esquelles ses devoirs le mirent en rapport. Rien n'était plus étranger à ses principes et à ses inclinations que la recherche de la popularité, et cependant elle s'attachait partout à ses pas, au grand déplaisir de son humilité. Toutes les familles avec losquelles il eut des relations plus suivies ont pu apprécier combien tendres, dévoués et paternels étaient les sentiments qu il leur portait, et les retours que ces sentiments provoquaient étaient un mélange frappant de vénération, de confiance et d'affection filiale. Il ne saurait y avoir entre un prêtre et les nombreuses catégories de personnes avec lesquelles il se trouve lié, des relations ni plus aimables ni plus édifiantes.

On en eut des preuves nombreuses après son départ de la paroisse; et lorsqu'il eut pris ia direction du gr and séminaire, plusieurs de ceux qui lui avaient confié le soin de leur conscience ousient encore le visiter dans sa rotraite, et chercher auprès de lui des conseils et des consclations. Quelques-uns des jeunes sens qu'il avait préparés à entrer saintement dans l'état du mariage lui amenaient eurs petits enfants, afin qu'il les bénît à l'entrée de la vie, et que sa bénédiction leur portât bonheur.

Dans le même temps, M. Billaudèle était aussi employé au collège. Jusqu'alors le vénérable M. Roque avait enseigné Ia théologie morale aux ecclésiastiques; son grand fige et ges infirmités jui commandant le repos, on ne trouva ue pius propre à le remplacer que M. Billaudèle; il ajouta donc cet emploi à ses autres occupations: € ‘était un acheminement naturel à la charge de directeur au grand séminaire, que l’obéissance allait bientôt fui imposer.

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